

La Bibliothèque Numérique Joseph Cardijn est fière de publier cette édition en ligne du Manuel de la JOC publié par la JOC belge en octobre 1925.


La Bibliothèque Numérique Joseph Cardijn est fière de publier cette édition en ligne du Manuel de la JOC publié par la JOC belge en octobre 1925.
Nous avons conscience, en publiant ce manuel, de faire œuvre incomplète et imparfaite. Notre mouvement est trop jeune encore pour que l’expérience ait permis de mettre au point les rouages nombreux et souvent complexes qu’exige une organisation comme la nôtre, dont la tâche se développe sans cesse, en étendue et en profondeur.
L’édition de ces pages nous a été demandée avec instances de partout. Elle était indispensable, en fait, au début de cette saison d’hiver pendant lequel un effort méthodique, discipliné et audacieux doit être fait pour renforcer l’organisation et étendre davantage la J. O. C. dans le pays.
Nous confions ce modeste travail à tous nos dirigeants, à tous nos amis, pour qu’ils nous aident, dans la mesure de leurs moyens, à le compléter progressivement par une série de brochures et des études au « Bulletin des Dirigeants ».
Ce sera une manifestation en plus de l’entr’aide vraiment fraternelle qui doit caractériser toute l’action Jociste; la faire intégralement, profondément Catholique et attirer sur elle l’indispensable bénédiction de Dieu.
Octobre 1925.
Le Secrétariat Général.
Avant-Propos
Sommaire
Première Partie.
QUELQUES NOTES D’HISTOIRE
Avant le Congrès
Le premier Congrès National
Le samedi, 18 avril
La première séance du congrès
Le dimanche, 19 avril
La seconde séance du congrès
Le programme général
Discours du R. P. Rutten
Le diner
L’assemblée générale
Le rapport moral
Les discours
Les réponses à nos télégrammes
Les commentaires de la presse
Deuxième Partie.
LE PROGRAMME GÉNÉRAL DE LA J. O. C.
I. Introduction
II. Les responsabilités sociales
III. La vie professionnelle du jeune salarié
1. La préparation au travail
2. La stabilité du travail
3. L’apprentissage
4. L’enseignement professionnl
5. La sécurité du travail
6. L’hygiène et la propreté du travail
7. La pudeur au travail
8. La durée du travail
9. Le travail de nuit et du dimanche.
10. Les travaux pénibles et dangereux
11. Le salaire des adolescents
12. La situation des jeunes employés
IV. Le rôle éducatif des groupements de J. O. C.
1. L’organisation des jeunes travailleurs
2. La formation intégrale de jeunes travailleurs
A. Nécessité de la formation post-scolaire
B. Formation intellectuelle
C. Formation esthétique
D. Formation morale
E. Formation sociale
F. L’éducation physique et hygiénique
G. Formation religieuse
H. L’unité dans la vie du jeune ouvrier
I. Les motifs de confiance
J. Une condition indispensable de succès
3. Le cercle d’études pour les jeune travailleurs
4. L’épargne des jeunes travailleurs
5. Les homes et restaurants
6. Les loisirs des jeunes travailleurs
7. Les vacances et les séjours au grand’air
8. Le service militaire des jeunes travailleurs
V. Annexe
La question des jeunes travailleuses
VI. Conclusion
Troisième Partie.
L’ORGANISATION DE LA J. O. C.
La Fédération Nationale de J. O. C.
Les statuts de la J. O. C.
Le conseil général et le comité général
Le secrétariat général de la J. O. C.
1. « La Jeunesse Ouvrière »
2. Le « Bulletin des Dirigeants »
3. La bibliothèque centrale et la documentation
4. La bibliothèque technique
5. Le service éducatif
Les conférences avec projections lumineuses
Fêtes et réunions intimes
Décoration des locaux, expositions d’art
Excursions, voyages, visites
Les sports
6. Les éditions
7. Le service de librairie
8. Le service de propagande..
9. Les semaines d’étude
Le Fonds national de propagande.
10. L’administration et la correspondance
Les fédérations régionales de J. O. C.
Règlement d’ordre intérieur des fédérations régionales
L’activité des fédérations régionales
1. Les conseils régionaux
2. Le comité régional
3. Le secrétariat régional
4. Les permanences
5. Les journées d’études
6. Récollections et retraites fermées
8. Les secrétariats professionels
9. La bibliothèque régionale
7. Les équipes régionales de propagande
Les sections locales de J. O. C.
L’activité des sections locales.
Règlement d’ordre intérieur des sections locales
1. Constitution des sections
2. Recrutement des dirigeants
3. Recrutement des membres
4. Affiliation
5. Cotisations
6. Le comité
7. Le cercle d’études
8. Les lectures
9. Les assemblées générales
10. Sections et services spéciaux
11. L’épargne
12. « La Jeunesse Syndicaliste »
13. « La Jeunesse Mutualiste »
14. Les réunions récréatives
15. Les réunions publiques
16. La vie paroissiale
17. La vie régionale et générale
Annexes
1. Acte d’affiliation de la J. O. C. à l’A. C. J. B.
2. La fédération nationale des Patronages et la J. O. C.
3. Les secrétariats régionaux de J. O. C.
4. Fédération nationale des bourses libres du travail de Belgique
5. Noms et adresses des Inspecteurs du travail
Notes
Déjà en 1912, le problème de « l’Adolescence Salariée » préoccupait vivement certains milieux sociaux chrétiens. Des enquêtes multipliées avaient révélé la situation déplorable des centaines de milliers d’adolescents et d’adolescentes obligés de travailler et de vivre dans des conditions absolument nuisibles pour leur santé et pour leur moralité. Des « Cercles d’Etudes » qui furent en même temps des « Cercles d’action » groupaient à part de jeunes travailleurs et de jeunes travailleuses et les formaient à la propagande et à l’apostolat parmi leurs compagnons et leurs compagnes de travail. Des « Syndicats d’apprentis » et « d’apprenties », des Cercles de jeunes travailleurs et de jeunes travailleuses » tâchèrent, avant la guerre, de répandre cette nouvelle forme d’association plus adaptée à l’âge et à la mentalité des adolescents salariés. Pendant la guerre, ces groupements, loin de chômer, purent consacrer toute leur activité à la formation intensive des jeunes dirigeants et des jeunes dirigeantes.
A l’armistice, la nécessité d’une association spéciale pour jeunes salariés et jeunes salariées était un axiôme reconnu par certains dirigeants du Mouvement Ouvrier Chrétien. Les éléments formés avant et pendant la guerre furent les promoteurs de ce groupement qui, dès 1919 s’intitula hardiment « La Jeunesse Syndicaliste ». D’abord peu nombreux, ils se réunissent pour étudier, discuter, faire des enquêtes et ils se cotisent pour s’entr’aider. Dès 1920, leur prosélytisme s’est étendu à quelques paroisses de l’agglomération bruxelloise et y a fondé des groupes qui bientôt s’unissent pour former une Fédération.
De jeunes camarades d’Anvers se mettent également en route et constituent le premier centre d’activité en pays flamand.
A peine avait-on dépassé les 200 membres, que la volonté s’affirme…, se précise…, se réalise, enfin… d’avoir « un journal ».
Il naît en novembre 1920, bien humblement, sur huit pages, chaque mois, à 300 exemplaires.
Un « C. E. central » rassemble, chaque lundi soir, les meilleurs des diverses sections. C’est une véritable école de propagandistes. On est parfois quarante. Chacun, à tour de rôle, est président, rapporteur, est chargé d’enquêtes ou envoyé dans une section locale pour y causer.
Des « Journées d’Etudes » ont lieu, chaque trimestre environ. Des « Récollections » aussi, où l’on se retrouve à une vingtaine pour se forger véritablement des âmes d’apôtres.
En 1921, 1922, 1923, l’action se poursuit non san’s difficultés, ni même sans échecs. Des camarades de Wallonie lisent notre journal, suivent nos journées d’études et invitent de temps à autre l’un d’entre nous.
Les jeunes propagandistes qui avaient pris l’initiative de répandre le mouvement à Bruxelles assumèrent l’entreprise audacieuse d’organiser la J. O. C. dans toutes les régions de la Wallonie. Dieu a visiblement béni leurs efforts.
Quand on songe aux débuts humbles et cachés de notre cher mouvement, aux efforts longs et persévérants de ces premiers pionniers, on peut être assuré que la J. O. C. est bâtie non pas sur le sable éphémère des vanités qui passent, mais sur le roc inébranlable des organisations qui ont l’avenir pour elles!
Le grain de sénevé jeté en terre, il y a quelques années est déjà un arbre puissant!
Puisse-t-il croître toujours plus vigoureusement pour la protection et la défense de la jeu- nesse ouvrière et pour la gloire de Dieu!
Un programme d’organisation générale des J. T. est élaboré, longuement discuté, présenté aux Congrès ouvriers chrétiens et adopté enfin, le 20 juillet 1924, par une réunion, à Bruxelles, de 56 prêtres de tous les coins du pays et spécialement compétents.
La J. O. C. était lancée. Elle devenait l’Organisation Nationale des jeunes travailleurs chrétiens de Belgique. Divisée en Fédérations d’Arrondissement, elle grouperait dans des Sections Locales tous les adolescents salariés, dès leur sortie de l’école jusqu’après leur service militaire.
(18 et 19 avril 1925)
Ce fut un Congrès jeune et ouvrier…
Ce fut un Congrès où l’on travailla…
Ce fut un Congrès où l’enthousiasme fusait sur des déclarations de Foi et de dévouement et non sur des tirades académiques.
Ce fut un Congrès où ne parlèrent que de jeunes travailleurs et les prêtres qui ont toute leur confiance et leur affection…
Qui dira la franchise, la crânerie, la simplicité qui marquèrent tous les rapports, toutes les dis- cussions?
Ah! l’on nous avait dit : Vos Jocistes n’oseront pas ouvrir la bouche… »; ils ont discuté, ils ont donné leur avis et, quand ils ratifiaient un accord, un contrat ou une modification, je vous assure qu’ils savaient ce qu’ils faisaient.
On nous avait dit : « Vous n’aurez pas cinquante présents… »; le samedi soir, nous étions cent nonante venus de partout…, presque tous jeunes ouvriers manuels. On nous avait dit bien d’autres choses pour nous refroidir… mais nous avons cru…, cru non pas comme saint Thomas, mais nous avons cru sans voir, nous avons eu une foi de béton, et le Congrès nous a donné raison.
Ah! cher premier Congrès de notre J. O. C.!…. Qu’il faudrait être éloquent pour redire l’accent irrésistible de certaines phrases jaillies neuves et nues du cœur de tes orateurs, l’intérêt passionné penchant tes centaines de visages vers la tribune, la beauté sincère de tes ovations de jeunes clamant leur fierté, leurs joies, leurs volontés, leurs serments.
Parfois on aurait pu croire que la flamme que notre mouvement a allumée dans le cœur de nos camarades allait agoniser et mourir, que les rêves d’amour et de justice qu’il a fait lever devant eux allaient s’estomper et s’évanouir, que les mots d’Evangile qu’il a lancés comme devise allaient cesser d’être écoutés… Maintenant, que personne ne doute encore, Notre Congrès a vu notre première phalange de pionniers; il a découvert les richesses de courage, d’endurance, de christianisme, contenues dans les âmes de ces jeunes ouvriers de nos corons et de nos ruelles ouvrières de Wallonie.
Cher premier Congrès de notre J. O. C… tu vis dans nos cœurs. Plus d’un d’entre nous s’est donné totalement au Christ dans cette salle, plus d’un s’est avancé plus résolument vers Lui… et, tous, nous avons juré de vivre à la chrétienne, pour n’avoir pas à rougir de notre insigne devant les railleries des autres ou devant nous-mêmes…
Cher premier Congrès de notre J. O. C… tu as marqué l’étape première; regarde-nous : déjà dans nos ateliers, dans nos charbonnages, dans nos bureaux, nous continuons le labeur commencé.
Près de 150 délégués se trouvaient déjà à la chapelle Saint-Paul de la Centrale Chrétienne du Travail, lorsqu’à 17 h. 15 M. l’abbé Cardijn, après avoir exposé le Saint Sacrement, entonna le Veni Creator.
Après un Tantum Ergo virilement scandé, toutes les têtes s’inclinèrent devant Jésus-Hostie en lui demandant de bénir tout notre Congrès.
* * *
17 h. 45. Dans la grande salle de la Centrale Chrétienne du Travail, des groupes circulent, d’autres sont déjà assis, d’autres entrent… On entend tous les patois de notre Wallonie. La sonnette une vieille sonnette fêlée, rendant un son de zinc réellement crispant annonce l’ouverture du Congrès.
17 h. 55. Tout le monde est casé. Sur la scène ont pris place: M. le vicaire général Peeters, l’abbé Cardijn, aumônier général de la J. O. C.; MM. les abbés Cardolle, Scarmure, Mortier, Vande Walle; au Bureau F. Tonnet, J. Meert, P. Garcet, F. Degives, A. Conrardy, A. Delcourt, E. Biélande, J. Delannoy.
M. l’abbé Cardijn dit la prière, puis Tonnet ouvre le Congrès en ces termes :
« Faut-il essayer de vous dire, camarades, la joie qui m’étreint en ouvrant, au nom de mes compagnons du Secrétariat général, le premier Congrès de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne? Non, n’est-ce pas? Vous sentez tous, comme moi, la solennité de cet événement, la portée de ce Congrès où, pour la première fois dans l’histoire des œuvres catholiques de ce pays, des jeunes travailleurs se réunissent pour étudier leur programme et forger les outils qui le réaliseront.
» Ce Congrès ne sera pas une parlotte, mais un véritable chantier en activité. Notre mouvement d’ailleurs a déjà pris comme caractère le travail réalisateur qui prépare les demains de justice, de fraternité et de foi. On n’atteint pas cet idéal par des discours ni par de pompeuses déclarations, mais par un travail en commun fraternellement accepté et farouchement poursuivi.
» Nous sommes ici pour cela, venus des coins les plus extrêmes de notre pays wallon; j’espère que vous ne serez pas déçus des travaux de ce premier Congrès, que nous plaçons filialement sous l’égide de la Très Sainte Vierge Marie, la Reine des Apôtres. » (Appl.)
Le Président souhaite la bienvenue à M. le Vicaire Général Peeters de Liége, qui, malgré d’absorbantes occupations, a tenu à nous apporter, ce soir, le précieux encouragement de sa présence. (Applaudissements.)
M. le Vicaire général Peeters. Je reconnais, en effet, que si l’on assiste à votre Congrès, c’est pour y travailler. Je suis venu pour m’instruire et me ranimer à votre contact. Je vous félicite tous, jeunes travailleurs, venus ici pour donner à votre mouvement une base solide.
Ma première impression est très réconfortante et je m’en réjouis; car je suis sûr que vos travaux seront fructueux.
Permettez-moi de vous redire ce soir le vœu que demain dans toutes les églises de la terre, les prêtres rediront après Notre Seigneur : Pax vobis, la Paix soit avec vous!
Oui, mes chers amis, qu’elle soit avec vous, cette paix; paix du Christ dans le règne du Christ. Cette paix, il faut que chacun de vous la possède, dans l’amour de Jésus. Puissiez-vous avoir cette paix en vous, afin qu’en vous elle rayonne, que par vous elle s’étende à tous vos camarades de travail, à tout le peuple, à la classe ouvrière tout entière. Et vous serez imités : parce qu’on verra que vous êtes heureux.
Vous ferez ainsi du bien par l’exemple, mes chers amis, par l’exemple d’une vie pleine de la paix du Christ, et croyez-le, on la contrôle, votre vie. Vous ferez aussi du bien par la parole, par la propagande de votre mouvement, à ceux-là qui vous coudoient chaque jour. Cette paix du Christ en vous doit se répandre autour de vous avec intensité! (Longs applaud.)
I. COMMUNICATIONS
Se sont excusés: MM. le Chanoine Eeckhout, de l’Alliance Nationale des Mutualités; le Chanoine Bentein, de Liége; le Chanoine Brohée, de Louvain; le Chanoine Fayasse, de Liége; l’abbé Picard, aumônier général de l’A. C. J. B.; l’abbé Van Haudenard, Directeur des O. S. de Charleroi; l’abbé Bloquaux, d’Anvers; G. Hoyois, président général de l’A. C. J. B.; le Docteur Wibo.
Le Président signale que, dans les discussions, la parole sera d’abord donnée aux délégués officiels. Il insiste aussi sur le caractère familial du Congrès qui doit mettre tout le monde à l’aise, et demande que chacun dise sa pensée avec franchise et netteté. Les camarades s’exprimant difficilement en français peuvent parler leur patois.
La parole est donnée à P. Garcet, qui propose quelques modifications aux statuts et règlements d’ordre intérieur. La rédaction définitive est confiée au comité général. Nous en publions le texte plus loin.
II. L’ACCORD AVEC L’A. C. J. B.
M. l’abbé Cardyn. Il convient de soumettre à votre ratification également l’acte d’affiliation passé le 29 décembre 1924, entre l’A. C. J. B. et la J. O. C. (voir texte en annexe).
Le premier principe que cet acte pose, c’est que la J. O. C., qui a pour but de faire de l’action catholique parmi les jeunes travailleurs, ne veut pas faire bande à part dans l’organisation nationale de tous les jeunes qui veulent faire de l’action catholique.
C’est pour cela que l’accord conclu dit : 1° que la J. O. C. s’affilie à l’A. C. J. B. à tous les degrés de son organisation locale, régionale et nationale; 2° que le Jociste, par le fait même qu’il est en règle avec la J. O. C. est affilié à l’A. C. J. B. Il est en règle avec elle pour sa carte, pour sa cotisation et pour son insigne. Il est élémentaire cependant, qu’il doit à tous les degrés participer effectivement à l’activité générale de l’A. C. J. B.
Nous voulons que les membres de la J. O. C. deviennent les plus fidèles des A. C. J. Bistes. Il ne s’agit pas seulement d’une affiliation superficielle. Nous devons passer aux actes, afin que dans la Belgique tous ne fassent qu’un bloc : celui de l’Action Catholique. (Accl.).
Lorsqu’il existe des différends entre la J. O. C. et l’A. C. J. B., il faut faire l’impossible pour les faire disparaître. Le Comité National pourra entreprendre toutes les démarches pour régler les difficultés qui surviennent en l’un ou l’autre endroit. De grâce, parce qu’il y a eu des difficultés, que l’on ne s’y attarde pas. Il faut ratifier cet acte d’affiliation. Nous voulons devenir le régiment audacieux qui, dans les usines, dans les ateliers, dans les bureaux fera de l’action catholique, aura cet esprit d’apostolat que nul autre ne peut faire pénétrer dans ces milieux. (Appl.).
Je demande que chacun expose ses griefs. L’A. C. J. B. s’est engagée à promouvoir la J. O. C., et elle a pris l’engagement de nous aider. Ce serait indigne de douter de cette parole. J’envoie le salut fraternel des Jocistes à l’A. C. J. B. (Longs appl.).
III. « LA JEUNESSE OUVRIERE ».
Nous donnons ci-dessous la nomenclature des remarques faites par certains délégués.
Afin d’éviter de longs débats, il n’a pas été répondu à ces remarques, dont plusieurs ne s’appliquaient pas à nos périodiques.
« LA JEUNESSE OUVRIÈRE. »
Ensival demande une réponse aux objections contre la religion, qui ont cours dans les ateliers.
Tonnet, insiste pour qu’on envoie les objections des ateliers au C. N., ce qui ne s’est pas fait suffisamment. Tournai demande des sujets d’apologétique; critique Barthel qui emploie des expressions peu flatteuses pour les patrons.
Teheux, de Liége: Je ne trouve pas les expressions de Barthel si méchantes et irrespectueuses. Les journaux bourgeois ont-ils tant de tact lorsqu’ils parlent des ouvriers et de leurs organisations? ils en font autant. (Appl.)
Demande que le journal soit plus récréatif.
Nivelles réprouve, en raison du sérieux que doivent garder nos organes.
Liége souhaite plus de biographies d’ouvriers. Jemappe demande qu’on parle des syndicats.
M. l’abbé Scarmure: il serait intéressant et même urgent qu’on parle des pensions ouvrières dans le journal. Liége veut plus de narrations de scènes ouvrières.
M. l’abbé Cardyn désire voir des citations à l’ordre du jour de la J. O. C.
Degive, de Namur, souhaite des pages sociales, religieuses, professionnelles, etc.
M. l’abbé Scarmure demande que dans les chroniques on vise un but utile.
Chatelineau: attaquer moins méchamment les socialistes.
M. l’abbé Poncelet désire voir traiter des sujets concernant les mutualités et les écoles professionnelles.
Seraing: se plaint qu’on ne parle pas assez des professions.
Mons: demande « une boîte aux lettres »
Liége: parler des mesures pratiques en cas d’accidents de travail.
Liége, Sainte Foy demande qu’on écarte des spécialités.
J. Meert signale que la propagande du journal n’a pas été menée avec assez de continuité.
Degève, d’Andenne, dit qu’il faut introduire le journal chez les patrons.
Liége, Sainte Foy souligne l’importance de la propagande dans l’usine.
IV. BULLETIN DES DIRIGEANTS.
Jusqu’à présent il s’est limité presque exclusivement aux directives générales indispensables à la mise en route du mouvement. Dans la suite, il sera en plus l’outil spécial de formation pour nos chefs.
La séance est levée.
* * *
Après le souper, qui fut accueilli avec un bel appétit, les délégués du Conseil Général se réunissent.
M. l’abbé Cardyn expose le but de cette réunion. Puis l’on fait l’appel des Fédérations.
On passe alors à l’élection du Comité Général dont nous donnons plus loin la composition.
* * *
Enfin, à 20 h, 30, M. l’ingénieur Van Remoortel expliqua aux congressistes le fonctionnement de l’appareil à projections que nous comptons répandre dans nos Fédérations.
L’exposé ainsi que les vues qui furent projetées intéressèrent vivement l’auditoire. M. Van Remoortel fut remercié par M. l’abbé Cardyn.
A 21 h. 30, les congressistes, massés en trois colonnes, s’ébranlèrent d’un pas conquérant vers leur logement où ils arrivèrent tous sans encombre, ce qui est évidemment une merveille!
A 7 h. 30, les délégués se retrouvèrent en la chapelle Saint-Paul. Au cours de la messe dialoguée, M. l’abbé Belpaire, directeur diocésain des œuvres sociales de l’archevêché de Malines, prononça un sermon très vibrant sur « la Foi vivante et agissante qui doit faire la grandeur de notre vie et de notre organisation ». Après la consécration, M. l’abbé Cardyn distribua la Communion à tous les délégués, qui, avec toute l’ardeur de leur âme, s’unirent à Jésus-Hostie pour demander la grâce de pouvoir s’immoler avec Lui pour le salut de la classe ouvrière.
A la fin de la Messe, le De Profundis fut récité pour le repos de l’âme de notre ami R. Pironnet, tué à son travail.
A 9 h. 15, Tonnet ouvre la séance en souhaitant la bienvenue aux nouveaux arrivés et leur demande d’imiter dans les discussions, la franchise cordiale du samedi. Il donne lecture des télégrammes du R. P. Perquy, de la J. O. C. de Verviers, de Maurice Dôme, de la section de Fléron, du groupe de propagande de l’A. C. J.B. de Bruxelles-Sud.
La parole est donnée à M. l’abbé Cardyn.
Le programme général.
M. l’abbé Cardyn. Hier soir, nous avons adopté nos statuts en leur donnant le dernier coup de pouce; ils constituent la charte de notre mouvement, la loi qui régit notre organisation, et nous avons ratifié nos règlements qui fixent les points de détail de l’organisation générale. Que la discipline soit de plus en plus la caractéristique de notre mouvement qui doit être comme une armée, recevant et exécutant des mots d’ordre! (Appl.).
Hier soir, votre Comité National, élu par vous, s’est réuni en première séance. Ce sont ses membres qui doivent porter la responsabilité de notre mouvement. Je suis votre interprête auprès d’eux pour leur témoigner en votre nom l’attachement le plus parfait et la confiance que vous avez en eux dès ce jour. (Appl.).
Il faut que ce matin nous adoptions notre programme. Il doit devenir un drapeau que nous allons déployer à travers la Belgique. Que chaque délégué prenne l’engagement d’étudier ce programme. Demain, devant les autorités publiques de notre pays, vous devrez pouvoir attester qu’il y a un programme général adopté par la Jeunesse Ouvrière pour son relèvement et pour son émancipation réelle.
Notre programme n’est pas une proclamation lancée contre les socialistes, ni contre les communistes; ce n’est pas non plus un programme négatif, mais bien positif, pour des revendications positives. Il faut qu’on puisse comparer programme à programme. Il faut que nous, Jocistes, nous puissions dire demain, de notre programme, qu’il est le plus beau, le plus grand, que c’est le manifeste le plus impressionnant pour la sauvegarde des droits des jeunes travailleurs. Il constitue le moyen le plus approprié pour la protection des premières années de vie du travailleur. (Appl.).
La J. O. C. ne ressemble pas, comme quelques-uns à tort le pensent, à une Fédération de patronages, à une fédération de gymnastiques ou de dramatiques. Non. La J. O. C. est un groupement social, qui doit servir à l’organisation sérieuse, normale, de notre société.
L’industrie, le commerce et la finance, toute notre vie économique moderne a besoin d’une organisation sociale de jeunes travailleurs, qui puisse dans toutes les difficultés se mettre au service des jeunes travailleurs, qui constitue dans notre société une force qui puisse obvier aux difficultés, aux tentations, aux causes de déchéance, aux causes d’exploitation auxquelles sont exposés les jeunes ouvriers.
Il faut que vous compreniez que la J. O. C. se distingue de l’A. C. J. B., en ce que la J. O. C. applique d’une façon concrète les grands principes d’action catholique aux besoins des jeunes travailleurs. A côté du point de vue religieux, nous avons un programme de relèvement social du jeune travailleur. Il faut de plus en plus que vous sachiez prouver par l’étude de votre programme que sa réalisation exige une organisation autonome conduite par les jeunes travailleurs. La J. O. C. formé donc dans l’ensemble de la Jeunesse catholique, un département voulant adapter aux réalités de la vie des jeunes travailleurs le grand programme de la sociologie chrétienne. (Vifs appl.).
Permettez-moi de rencontrer dès le début de cette discussion au cours de laquelle tout le monde doit dire son avis, des objections faites à notre programme. Si vous ne voulez pas le programme, rejetez-le, mais il faut absolument qu’il soit fait selon les exigences de votre vie. Une première objection est celle-ci : Le programme général ne peut être exécuté par les jeunes travailleurs seuls. Je réponds : en vérité, nous le reconnaissons; si les jeunes travailleurs ne constituaient que leur seule organisation, s’ils devaient par leur seule force réaliser ce programme de revendications, de défense; oui, la J. O. C. est incapable de le faire.
Mais la J. O. C. a le devoir de proposer à l’organisation générale de la classe ouvrière chrétienne, dont elle est un organe, à la Ligue des Travailleurs Chrétiens, à la Confédération des Syndicats, à l’Alliance des Mutualités, à toutes ces organisations, quels sont ses points de vues, ses désirs pour ce qui regarde la vie, le travail et les besoins des jeunes travailleurs.
On a reproché au programme général d’être sur certains points extrémiste. Il y en a qui l’ont caractérisé comme teinté de socialisme. Je réponds: Nous ne regardons ni le parti socialiste ni le communisme, mais l’âme et la destinée de nos jeunes travailleurs, de nos jeunes ouvriers chrétiens. Pour que cette âme puisse s’épanouir, il faut que toutes les revendications puissent, lentement, méthodiquement, mais énergiquement se poursuivre; parce que leur âme n’est pas indépendante de leur corps, que leur vie spirituelle est liée à leur vie de travail, que pour nous l’âme d’un apprenti, d’une apprentie vaut autant que l’âme d’un enfant de millionnaire. (Appl.).
Comme base de notre programme, comme fondement de nos revendications, comme source d’éducation, nous posons solennellement le grand principe de la responsabilité sociale.
Discours du R. P. Rutten.
Le R. P. Rutten entrant à ce moment dans la salle est acclamé par tout le Congrès et prend place au Bureau. Tonnet lui souhaite la bienvenue en l’assurant des sentiments de profonde gratitude que les jeunes ouvriers chrétiens d’aujourd’hui ont pour lui, qui fut le courageux promoteur du mouvement syndical chrétien dans notre pays.
Le R. P. Rutten. Je suis vraiment navré de me trouver dans l’impossibilité d’assister à vos travaux au cours de ce Congrès, mais avant de partir pour la Hollande, je tiens à vous apporter ici, le salut enthousiaste de vos « aînés ». Vous êtes notre espoir, notre réconfort, notre orgueil. Ce que nous avons pu faire, nous l’avons fait pour vous, vous qui devez creuser le sillon que nous avons tracé dans des terres ingrates.
Au cours de cette journée, vous recevez bon nombre d’enseignements et de conseils, mais qu’il me soit permis de vous en donner un seul : Je voudrais que vous fussiez tous imprégnés de cette vérité, qu’il faut accroître en vous la connaissance de N.-S. Jésus-Christ. Après avoir été l’espoir des siècles passés, Il reste le signe de contradiction des temps présents. On est pour ou contre Jésus. Les jeunes gens qui pensent que l’Evangile n’est écrit que pour les prêtres et les religieux, et qui ne prennent pas la peine de lire et de relire les paroles de Notre-Seigneur, ces jeunes gens-là ont une foi qui est assise sur des sables mouvants. Je n’obtiendrais de vous que cette promesse de lire quelques pages de l’Evangile au moins tous les dimanches, je m’en irais heureux, car l’amour du Christ grandirait en vous, et cet amour du Christ vous défendrait mieux que toutes les discussions, que toutes les répliques.
C’est au Christ qu’il faudra penser demain, lorsque vous vous sentirez seul à aimer, à défendre. Votre mission est sublime. Que ce soit en Lui et avec Lui que vous luttiez!
Il faut évidemment vous attendre à beaucoup de difficultés, à beaucoup de déboires, de désillusions. Je dis tant mieux! Ce n’est pas à vous qu’il faut le dire : un monde sans dangers, sans contradictions, est un monde morne. Le monde où nous sommes veut des tempéraments forts, des lutteurs de première force, des sacrifices qui rendent la vie digne d’être vécue. Dieu l’a voulu. C’est précisément des sacrifices, des adversités que l’Eglise tient sa force au milieu de la lutte, et si nous sommes chrétiens aujourd’hui, n’oublions jamais que nous le devons à tous ceux qui ont souffert et qui sont morts pour que le Christianisme vive.
Mes amis, nous avons depuis plus de 25 ans espéré une chose, qui enfin se réalise en vous: avoir une jeunesse chrétienne organisée qui sente la grandeur de notre doctrine sociale. Notre vie, qu’elle soit obscure ou glorieuse, ne vaut que par la cause que nous aurons servie et à laquelle nous nous sommes donnés. Après nous il ne reste que la vérité que nous aurons montrée aux autres. Mes amis, nous comptons sur vous. (Appl. nouris.).
Une pause de quinze minutes permet aux congressistes de souffler… On en profite pour signaler au Bureau la présence dans la salle de M. l’abbé Six, Directeur des œuvres sociales du Nord, et du R. P. Danset, de l’Action Populaire à Paris.
Après les souhaits de bienvenue, la parole est continuée à M. l’abbé Cardyn :
Le programme général (suite).
M. l’abbé Cardyn. Le libéralisme a fait disparaître dans notre société l’idée de responsabilité,
Le socialisme n’admet pas cette idée basée sur une morale qui tient compte des destinées éternelles des ouvriers. Les socialistes disent : « Ouvriers, vous êtes les plus nombreux, les plus forts: unissez-vous et vous imposerez votre volonté. »
C’est pour cela que la J. O. C. commence par mettre à la base de son programme l’idée de responsabilité sociale. Nous disons : les travailleurs ont une destinée éternelle, il n’est pas possible de séparer l’âme du corps ni du milieu social dans lequel ils vivent. Parce que les jeunes travailleurs, par leur âge, par leur inexpérience juvénile, sont exposés à deux points de vue : à cause de la mauvaise organisation du travail et à cause de leur manque de formation; ils sont plus menacés que les ouvriers adultes de se perdre.
Et alors nous concrétisons: la J. O. C. veut d’abord rappeler aux parents les devoirs qu’ils ont vis-à-vis de leurs enfants, dont ils sont responsables en conscience, devant Dieu.
La J. O. C. dit aux patrons: halte-là, il ne suffit pas de payer un salaire. Le travailleur a une âme qu’il a le devoir de sauver. En acceptant ce jeune travailleur dans votre usine, dans votre atelier, dans votre bureau, que vous le vouliez ou que vous ne le vouliez pas, vous êtes responsable de sa déchéance morale, intellectuelle et religieuse si vous n’avez pas pris toutes les précautions nécessaires pour empêcher cette déchéance.
Aux pouvoirs publics, aux autorités sociales, nous disons : du fait de votre mandat, vous avez les responsabilités réelles vis-à-vis des jeunes travailleurs.
Vous, administration des chemins de fer. vous devez protéger les jeunes ouvriers sur les trains, dans les gares, sur les quais. Vous êtes responsable de la déchéance et de la dégradation morale qui sont la suite de votre manque de surveillance. Vous, autorités publiques de tous les degrés, vous êtes responsables des déchéances qui sont la suite des provocations publiques à l’immoralité que vous tolérez. (Appl.).
Et nous ajoutons : pratiquement, les parents, à l’heure présente, les patrons, l’Etat, les autorités sociales sont impuissants à assumer seuls la tutelle, la formation, la protection des jeunes ouvriers, si les jeunes travailleurs restent éparpillés, sans organisation, qui puisse elle-même. parler et agir, soit dans les trains, soit dans les usines, dans toutes les circonstances qui intéressent la vie et l’avenir des jeunes travailleurs.
La J. O. C., d’autre part, a aussi ses responsabilités sociales, d’où découle son rôle éducatif. Notre programme contient tout un ensemble de réformes qui regardent la vie professionnelle des jeunes travailleurs.
Nous demandons, au point de vue moral comme au point de vue religieux, que l’éducation scolaire tienne compte de la vie professionnelle future de l’élève, qu’il soit tenu compte de la valeur du travail, et qu’on en développe l’idée chrétienne.
Cela nous amène à lutter contre la neutralité scolaire.
Au point de vue professionnel, l’école doit permettre aux élèves qu’on puisse les aider dans : a) le choix du métier; b) dans le choix d’un patron.
Pendant les derniers mois de l’année scolaire, il faut que l’activité des sections de J. O. C. s’oriente vers la propagande dans les écoles en vue du recrutement des jeunes apprentis avant l’entrée au métier.
M. l’abbé Cardyn résume alors d’une façon succincte tous les articles relatifs à la stabilité du travail, à l’apprentissage et à l’enseignement professionnel, à la sécurité du travail, à l’hygiène et à la propreté, à la pudeur au travail, à la durée du travail, au travail de nuit et du dimanche, aux travaux pénibles et dangereux, au salaire des adolescents et à la situation des jeunes employés.
Discussion.
L’APPRENTISSAGE ET L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL.
Visé : fait remarquer que les jeunes manoeuvres gagnent plus que ceux qui apprennent un métier qualifié. De ce fait l’apprenti se décourage. D’autre part, les jeunes travailleurs qui apprennent leur métier en dehors de leur ville, changent très souvent de métier sans que les parents en soient avertis. Il faudrait que les patrons ne puissent pas accepter ces changements souvent très peu motivés, sans l’assentiment des parents.
Charleroi : signale que dans leur ville les patrons de certaines industries payent une gratification aux ouvriers qui suivent des cours professionnels.
Verviers : les cours professionnels sont forts encouragés par les patrons.
Jemappes : soutient que le jeune apprenti doit savoir se sacrifier pour l’apprentissage d’un métier, même s’il est lésé au point de vue pécunier. En fait, il n’existe pas de perte, parce que en raison de l’apprentissage de ce métier, il aura acquis des connaissances qui seront bien rétribuées par la suite.
Herstal : signale qu’en ce qui concerne les apprentis mouleurs ils sont obligés d’exécuter des travaux qui ne sont pas de leur force.
Mouscron : demande que l’administration des chemins dé fer installe des cours pour les jeunes employés dans les grands centres et arrange le service en conséquence.
Féd. Liége : il faut généraliser l’enseignement professionnel. Il est à remarquer que le système du travail par équipe ne favorise pas toujours les J. T. qui suivent des cours; il y aurait donc lieu d’inviter les patrons à donner des facilités à leurs jeunes ouvriers pour suivre les cours et arranger le travail d’équipes en conséquence.
M. l’abbé Cardolle signale qu’à Liége 80 p. c. des J. O. Cistes suivent des cours professionnels. La jeunesse profite donc avantageusement de la loi des huit heures.
Bielande, de Charleroi, signale que: aux usines Métallurgiques du Hainaut sur production d’un certificat de l’Ecole Professionnelle il est donné des facilités aux J. T. De même à l’Usine Solvay on encourage pécunièrement les J. T. suivant des cours.
M. l’abbé Thomas, de l’Institut St Laurent, de Liége, a pu constater que le travail par équipe empêchait les J. T. de suivre les cours du soir.
Delgrange, de Jemappes, demande qu’on réprouve les cours du dimanche; trop souvent nos écoles industrielles, par leurs cours du dimanche matin, empêchent les jeunes gens d’assister aux offices, et font ainsi le jeu de la Franc-Maçonnerie. (Appl.)
Dour : appuie la remarque faite ci-dessus et signale que chez eux les cours se donnent de 8 heures à 12 heures, de sorte qu’il est difficile d’assister à la sainte Messe.
Namur : appuie également et signale que l’école industrielle de la ville ne tient aucun compte de la messe du dimanche.
Mons : que les catholiques créent des écoles professionnelles où l’enseignement religieux aurait sa place et ainsi nous réaliserons un bien immense pour les jeunes travailleurs. (Appl.)
SÉCURITÉ DU TRAVAIL.
Couillet : demande qu’on puisse contrôler les assurances qui sont allouées en cas d’accident de travail. Il y aurait lieu que la J. O. C. entreprenne l’initiation aux taux d’indemnités afin que nos jeunes travailleurs sachent les mesures à prendre en cas d’accident.
Salessin : demande que les parents soient avertis lorsque leur enfant commence le travail aux machines. La loi ne vise pas assez cette éventualité.
Liége : demande que la J. O. C. mette les jeunes au courant des mesures préventives contre les accidents de travail; qu’elle réclame les boîtes de secours dans les ateliers où il ne s’en trouve pas.
PUDEUR AU TRAVAIL.
Herstal : demande qu’on insiste près des organisations d’adultes afin que les ouvriers respectent plus les jeunes travailleurs.
Liége : demande que l’on veille à ce que les nettoyages des bureaux se fassent après les heures du travail, en vue d’éviter les occasions mauvaises.
Mouscron : attire l’attention des Jocistes qui travaillent au chemin de fer afin qu’ils exercent une surveillance active dans les trains,
M. Cardyn : à ce point de vue, signale l’initiative prise par la Fédération de Namur, qui introduisit une requête à l’administration des chemins de fer du Nord aux fins d’obtenir des wagons spéciaux pour les jeunes ouvrières.
Liége : demande si de pareilles initiatives ne peuvent être prises en collaboration avec l’A. C. J. B. Oui..
Seraing : signale que dans bon nombre de bureaux on emploie de nombreux gamins de bureaux pour les courses; or on peut constater que ceux-ci courent le danger de se perdre en trainant les rues; d’autre part il faudrait que la J. O. C. détourne ses membres de ces emplois de « fainéants ».
Verviers : demande que les gardes-convois du chemin de fer soient plus sévères. Il ne faut pas commettre l’erreur de dire que ce sont toujours les jeunes ouvriers qui se méconduisent dans nos trains. J’ai pu constater maintes fois que des étudiants se livraient dans nos compartiments à des actes de vandalisme scandaleux.
Mouscron : attire l’attention sur le fait qu’il n’y a pas seulement que sur les trains que notre action d’assainissement peut avoir de l’influence, mais aussi sur les transports par auto ou voitures spéciales.
Verviers : signale qu’il serait heureux de voir les yoyageurs de commerce adopter une conduite plus morale. (Rires).
TRAVAUX DANGEREUX.
M. Cardyn : il ne faut point seulement classer sous cette rubrique les métiers dangereux pour le corps, mais aussi ceux qui sont dangereux pour l’âme. On signalait tantôt les fonctions de ces garçons de bureaux. On n’a aucun souci de la conduite et des suites fatales que peuvent avoir pour l’adolescent ces nombreuses heures de liberté en ville et dans tous les quartiers. Nous devons aussi classer dans cette catégorie l’emploi de porteurs de dépêches, qui doivent se rendre dans tous les milieux, sans souci de leur âge; de même tous ces jeunes que l’on emploie dans les tea-rooms, les théâtres, les dancings, les maisons de nuit. Qu’y a-t-il pour la défense matérielle et morale de ces jeunes travailleurs? Nous devons faire campagne pour que nos jeunes travailleurs ne choisissent pas ces « métiers » qui n’en sont pas, car ce n’est pas là une vraie profession.
Liége : demande que l’on touche l’administration des P. T. T. M. pour que les garçons télégraphistes ne soient pas obligés de se rendre dans les quartiers mal famés; il faut que cette mission soit confiée aux adultes.
Jemappes : souhaite l’abandon par nos jeunes gens de l’emploi de porteur de télégrammes.
DURÉE DU TRAVAIL.
Mouscron : souhaite que nous arrivions à obtenir que les jeunes ouvriers ou employés de l’Etat ne travaillent pas de nuit avant 20 ans.
Couillet : cette revendication peut également s’appliquer aux usines ou ateliers qui ne sont pas de l’Etat.
REMARQUES GENERALES.
Liége : signale que les jeunes employés ne peuvent cumuler leur emploi avec celui de contre-maître où ils se voient dans l’obligation de commander les ouvriers sans avoir la compétence ni les aptitudes nécessaires.
M. Scarmure : nous devons arriver à collaborer avec les instituteurs, créer des réunions sociales dont le but serait d’attirer l’attention de ceux-ci sur le côté social de leur mission. Je propose que la J. O. C. se rende dans les écoles normales, que les inspecteurs ecclésiastiques et libres soient touchés par la J. O. C. Répandons dans les collèges la mentalité sociale, que les Directeurs des O. S. y soient invités à exposer les principes. Et même dans nos Universités, pourquoi pas? (Appl.) Verviers au chemin de fer les employés ont droit à 15 jours de congé par an, pour les ouvriers ne peut-on avoir les mêmes avantages?
Binche : les employés sont délaissés au point de vue social. Il faudrait y remédier.
Le programme général (suite).
M. l’abbé Cardyn expose ensuite le rôle éducatif de notre groupement.
Premier principe : Ce qu’il est indispensable de reconnaître, ce qu’il faut faire admettre par l’opinion publique, c’est que l’éducation, la formation du jeune ouvrier doit être continuée. Il est absurbe de prétendre que les jeunes ouvriers sont suffisamment formés pour atteindre leur destinée, par le fait qu’ils ont fréquenté l’école primaire. Il est indispensable de continuer cette formation.
Deuxième principe : Cette formation est impossible sans organisation qui s’occupe de généraliser et d’adapter aux besoins des jeunes travailleurs les principes de formation sociale, morale et religieuse.
Troisième principe : Si nous voulons arriver à continuer normalement cette formation, il faut promouvoir partout l’organisation des jeunes ouvriers: la J. O. C., qui seule peut prendre en main l’éducation des jeunes ouvriers. Les pouvoirs publics ne peuvent organiser cette formation.
Quatrième principe : Notre organisme doit former une élite pour la masse et la masse par l’élite et par ses différentes institutions.
Formation de l’élite : Je demande que dans toute section, notre premier but soit : de former des dirigeants, des chefs au point de vue moral, intellectuel, religieux, de manière à ce que nous ayons des apôtres partout. Cette formation des chefs doit se faire dans le C. E. approprié aux jeunes travailleurs, où ceux-ci se sentent entre eux, et participent, chacun individuellement, à l’activité. Les charges sont des moyens de formation.
Cette formation ne se limite pas à la théorie. Si déjà nous avons trouvé des chefs, des apôtres, ce n’est pas seulement parce que nous avons les C. E., mais bien parce que nous avons mis cette élite au service de la masse, et que nous ne nous bornons pas à former des dirigeants seulement par la théorie. Il faut apprendre à agir, il faut dès l’âge le plus jeune, donner une responsabilité aux membres de nos sections de J. O. C.
Formation de la masse : Il faut que la J.O.C., par ses réunions, par ses services, par la formation qu’on y donne, poursuive d’une façon méthodique la réalisation d’un plan d’ensemble. C’est ainsi que nous formerons la masse. Pour cela nous demandons à tous ceux qui ont une autorité sociale de reconnaître la nécessité de l’unité, de l’autonomie de ce mouvement général. Il faut, si nous voulons faire l’éducation du jeune ouvrier, qu’on respecte les liens organiques qui relient les sections aux Fédérations Régionales et celles-ci à la Fédération Nationale, afin que cette dernière soit véritablement le porte-parole de la jeunesse ouvrière de Belgique. Comprenons tous que nous ne pouvons séparer, pour les jeunes ouvriers, la formation religieuse de la formation morale, sociale, économique et professionnelle, ni l’instruction théorique religieuse, de l’organisation sociale. Vouloir d’un côté réserver à une organisation la formation religieuse et à une autre la formation sociale, serait un crime. (Vifs appl.).
Que dans toutes les sections l’Epargne soit organisée; que chaque section ait sa caisse dEpargne; que chaque membre ait son carnet. L’éducation de la prévoyance est nécessaire. Nous collaborerons ainsi à l’extension de la puissance de l’organisation financière chrétienne de la classe ouvrière.
Nous avons mis une annexe à notre programme, parce que, regardant au delà de nousmêmes, nous croyons à la nécessité de porter aide et soutien à l’organisation des jeunes ouvrières.
Nous voulons aussi grouper dans une organisation puissante les jeunes ouvrières d’aujourd’hui, nos épouses, nos mères de demain.
Sans doute, c’est à la J. O. C. F. qu’il appartient de tracer son programme; mais avec l’appui, l’exemple de la J. O. C. (Vifs appl.).
La conclusion de ces applaudissements, c’est que vous-mêmes vous respecterez la jeune ouvrière. Partout où se trouvent des sœurs de travail, vous les préserverez de l’entraînement au mal, et serez leurs défenseurs contre les vicieux qui rabaissent la jeune ouvrière au niveau le plus bas et en font la victime de leurs passions. (Applaud.).
Vous aurez, vis-à-vis d’elles, la réserve, la pudeur dans le geste, dans l’attitude, dans la parole, afin qu’elles vivent dans la vertu à l’exemple de celle qui fut Vierge et Mère, de celle qui fut la Reine des Apôtres et sous l’égide de laquelle nous avons placé notre Congrès. (Longues acclamations).
Discussion.
Teheux : Les Fédérations doivent avoir des rapports avec l’École Centrale Supérieure pour Ouvriers de Louvain, où nous devrions tâcher d’envoyer des camarades. Andenne (Degève) demande que le Secrétaire ou les sections. fassent parvenir le numéro spécial du B. D. aux instituteurs.
Liége : ne pourrait-on organiser des conférences aux instituteurs?
Couillet : au sujet des vacances des J. T., le secrétariat général ne pourrait-il envisager la possibilité de créer une société sans but lucratif en vue de constituer les fonds nécessaires à l’achat d’une maison de vacances pour nos membres? (Appl.)
M. l’abbé Vandewaele : A propos de service militaire, il ne faut pas que nous portions les membres à se soustraire au grade de caporal. Les caporaux ont certainement de l’influence, et peuvent ainsi faire beaucoup de bien.
Mouscron : Beaucoup de nos jeunes travailleurs vont en France dans le Nord; il serait désirable que la J. O. C. se mette en rapport avec les organismes français. (Appl.)
M. l’abbé Belpaire : insiste sur l’importance du cercle d’études dans les sections. Il faut faire en sorte qu’il soit attrayant et pour cela il faut : 1) que chaque membre ait en dehors du C. E. une charge à remplir pour qu’il s’apprenne à faire de l’apostolat; 2) que le prêtre ne joue pas dans le C. E. le rôle de professeur. La méthode est différente. Il faut faire attention aux principes de l’éducation mutuelle. L’éducation doit viser à former des dirigeants de J. O. C.
La plus grande animation régnait dans la salle du dîner. Les tables avaient reçu une décoration florale du meilleur goût, l’argenterie démocratique mariait son éclat sobre aux éclairs vifs des cristaux… Des fleurs sur toutes les tables, et autour de ces tables et de ces fleurs circulaient, affairées, de discrètes jeunes filles enfouies dans de vastes tabliers…
Disons toute de suite qu’elles accomplirent leur mission à la perfection et qu’elles ont droit à nos remerciements chaleureux.
A la table d’honneur prirent place: l’abbé Six et le R. P. Danset, l’abbé Belpaire, Henry Pauwels, Jean Schellekens, président général de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne flamande, Louis Tordeur de l’A. C. J. B., ainsi que les prêtresdirecteurs des Fédérations de J. O. C. et les membres du Comité Général.
Tonnet annonce que pour suppléer à l’absence de vin, la jeune éloquence va couler à flots. Il salue l’abbé Six et le P. Danset en brossant à grands traits le champ de leur activité. Il soubaite que bientôt se lève en France une J. O. C., à laquelle nous tendons à l’avance une main fraternelle. (L’auditoire applaudit bruyamment et entonne la Marseillaise).
L’abbé Six rappelle qu’il y a plus de trente ans il vint souvent à Liége s’initier à l’action sociale auprès des maîtres de l’Ecole de Liége. Il rend hommage à la mémoire de Mgr. Pottier, et promet tous ses efforts pour le lancement d’une J. O. C. française. (Appl.)..
Le R. P. Danset se dit heureux de constater que l’Action populaire est si bien connue en Belgique et remercie le Congrès de l’accueil si chaleureux réservé aux représentants du mouvement social de France. (Appl.).
On entend alors successivement notre ami Conrardy, qui boit à la santé du clergé s’occupant de la J. O. C.
M. l’abbé Beyls lui répond.
Puis notre ami Teheux boit à la santé de I’A. C. J. B. Il le fait en patois liégeois. Notre ami Tordeur lui répond. Delannoy s’adresse à nos camarades flamands.
Jacques Meert porte le toast au mouvement social de Belgique.
L’abbé Belpaire, en termes pittoresques, lui répond. L’auditoire l’ovationne longuement.
Enfin, Biélande boit à la santé de la J.O.C.F. et remercie les demoiselles qui ont si merveilleusement assuré le service.
* * *
14 h. 30. La grande salle est archi-comble d’une jeunesse ardente… De-ci de-là, quelques aînés, venus encourager les jeunes. Nous citons: Mlles Baers, Cappe, De Roo, du mouvement social féminin; le R. P. Jacobs, de la maison de retraite de Fayt; l’avocat Kebers, M. Biermé, secrétaire de la Ligue pour le Relèvement de la moralité publique.
Après que Tonnet eut souhaité la bienvenue à tous, et en particulier à M. l’abbé Verpoorten, inspecteur de l’enseignement professionnel, et à M. l’abbé Van Noten, directeur des œuvres sociales de Malines, il donne lecture des télégrammes envoyés à Sa Sainteté Pie XI, au Roi, à son Eminence Cardinal Mercier et à NN. SS. les Evêques,
Télégramme au Pape :
400 délégués, jeunes travailleurs réunis en premier Congrès général de la J. O. C., demandent humblement au Souverain Pontife la bénédiction pour leur mouvement et leurs travaux, et expriment leur volonté irrévocable de ramener au Christ et à l’Eglise la classe ouvrière de Belgique.
Télégramme au Roi.
400 délégués, jeunes travailleurs chrétiens présentent à Sa Majesté le Roi, l’hommage respectueux de leur loyalisme chrétien et Lui expriment leur volonté unanime de servir toujours les intérêts les plus sacrés de la Patrie.
Au Bureau ont pris place: Mlle Staus, présidente générale de la J. O. C. F.; Henry Pauwels, secrétaire général de la Confédération des Syndicats Chrétiens; Ph. Gérard, vice-président de l’A. C. J. B.
M. l’abbé Cardolle, directeur des O. S. de l’arrondissement de Liége, expose avec clarté et méthode le nouveau système des pensions qui entrera en vigueur le 1er janvier 1926.
La parole est donnée à J. Meert, secrétaire général. Son arrivée à la tribune est saluée par une salve d’applaudissements qui traduit les sentiments d’attachement des Jocistes à leur inlassable militant.
Le camarade Jacques Meert trace d’abord rapidement l’histoire du mouvement reproduite en tête du manuel. Puis il expose la tâche accomplie.
1. L’organisation centrale.
Depuis juillet 1924, les propagandistes du Secrétariat général ont fait plus de 300 réunions en province; que de démarches aussi, et quelle correspondance!
LE JOURNAL avait élargi son titre, dès avril 1924, pour devenir : « La Jeunesse Ouvrière ». Depuis décemà bre, il paraît deux fois par mois et son tirage passe 8.000 exemplaires. La rédaction s’enrichit de collaborateurs de toute première valeur, et des travaux toujours plus intéressants de nos camarades eux-mêmes. De plus en plus, avec ses douze pages agréablement illustrées, son caractère vivant, éducatif, fièrement ouvrier et profondément chrétien, le journal est attendu avec impatience, lu avec avidité, discuté longuement aux réunions, conservé enfin par nos camarades ou utilisé pour la propagande à l’atelier, à l’usine, au bureau.
LE CONCOURS DE PROPAGANDE, organisé par le S. G., amène la citation à l’ordre du jour du camarade Gustave Dufossez, de Braine-l’Alleud, qui a récolté à lui seul 125 abonnés (chaleureux applaudissements), suivent: Cordier et Houtier, de La Louvière; Vercken, de Verviers; Verhelle et Dubois, de Leuze; Grouy, de Mons, etc.
Le classement par sections campe en tête La Louvière avec 169 points. Suivent Liége (Salésiens), Châtelineau, Braine-l’Alleud, Namur (Institut Technique), Verviers (Ste-Julienne), Templeuve, Charleroi-Nord, Leuze, etc.
Les fédérations se classent: Liége, La Louvière, Charleroi, Nivelles, Waremme, Namur, Tournai, Verviers, etc. Cette propagande devra encore avoir son propagandiste et chef responsable.
UN BULLETIN POUR DIRIGEANTS paraît dès le mois de juillet 1924. Dactylographié d’abord, il est imprimé maintenant à 1.000 exemplaires, servi gratuitement aux présidents de fédérations et de sections. Les prêtres-directeurs et les autres dirigeants s’y abonnent.
Jusqu’à présent, il a donné surtout des directives d’organisation générale. Dans l’avenir, il sera, en plus, le guide pour la formation et l’action de nos propagandistes, de nos chefs.
LA BIBLIOTHÈQUE CENTRALE comporte 1.000 volumes, presque tous ‘spéciaux et récents. Un service de prêts est organisé, permettant l’envoi de livres aux sections pour une période de six semaines.
LA DOCUMENTATION est constituée par une cinquantaine de journaux et revues, dépouillés et classés.
Une série de CONFERENCES AVEC PROJECTIONS est en préparation, suivant un procédé tout nouveau qui permettra à tous nos groupes d’en profiter aisément et à peu de frais.
Le S. G. a édité tous LES IMPRIMÉS nécessaires aux fédérations et aux sections. Une série de BROCHURES et de TRACTS est en préparation.
LE SERVICE DE LIBRAIRIE fait profiter nos amis de remises importantes par la concentration des commandes. Ce service aide également, par ses conseils, la constitution des bibliothèques régionales et locales.
Le S. G. a assuré également l’organisation des RETRAITES FERMÉES et des RECOLLECTIONS régionales. Le choix judicieux du prédicateur, les détails d’organisation, souvent importants quant au succès, exigent une centralisation.
L’ADMINISTRATION CENTRALE est maintenant solidement assise et assumée par deux permanents.
2. L’action générale.
Parmi LES INITIATIVES GÉNÉRALES de la J. O. C.. la plus importante est sans doute L’ORGANISATION DES JEUNES SUR LE TERRAIN PROFESSIONNEL.
Des pourparlers avec les Centrales syndicales chrétiennes et la Confédération ont abouti à un programme d’organisation des jeunes avec un barême de cotisations et des avantages spéciaux, et par lequel la J. O. C. prend la responsabilité de la propagande syndicale parmi les jeunes, de l’action dans le domaine des intérêts spécifiques des jeunes travailleurs (orientation professionnelle, éducation syndicale, sociale et générale des jeunes syndiqués.
Un accord est conclu, dans ce sens, avec la Centrale des métallurgistes. Des pourparlers sont en bonne voie avec le syndicat des ouvriers de fabrique et celui du bâtiment. Avant peu de temps, la question sera au point pour toutes les centrales syndicales. Nos amis de Liége et de Charleroi en sont déjà aux réalisations.
Le progrès considérable, depuis la guerre surtout, des assurances sociales et particulièrement de LA MUTUALITE, n’a pas été perdu de vue. Dès novembre 1923, nous consacrions une journée d’études, à Bruxelles, au problème : « La Mutualité et les Jeunes ». Il se pose d’une façon assez semblable à celle des syndicats. Le Bulletin des Dirigeants en a reparlé depuis. Quelques-unes de nos sections, Gilly-Haies en tête, ont créé des « Jeunesses mutuellistes ». Bientôt, d’accord avec l’Alliance nationale des Mutualités chrétiennes, des directives générales sont arrêtées et l’action de nos groupes accentuée dans ce sens.
En conclusion du rapport de M. l’abbé Cardolle sur la nouvelle LOI DES PENSIONS DE VIEILLESSE une campagne vigoureuse sera entreprise dès le mois prochain.
La J. O. C. a pris sa place aussi et ses responsabilités dans L’ORGANISATION GENERALE DE LA JEUNESSE CATHOLIQUE (A. C. J. B.). Dès avant la constitution de la Fédération nationale, la collaboration existait partout et la « Jeunesse Syndicaliste » de Bruxelles fut représentée, dès le début au Conseil régional de l’A. C. J. B.
Nos statuts, définitivement adoptés maintenant par le Congrès, établissent nettement les rapports des deux organisations. Les modalités pratiques sont longuement discutées et fixées dans l’accord définitif, paru dans « L’Effort » et dans notre journal du 15 janvier 1925. Faut-il rappeler la participation de la J. O. C. au Congrès de Charleroi où sa section groupe le plus grand nombre de participants? Pendant le mois de mars, la J. O. C. assure la communion perpétuelle dans l’A. C. J. B.
Nous sommes représentés officiellement au Conseil général de l’A. C. J. B., et Fernand Tonnet est membre du Comité général. Nos règlements d’ordre intérieur règlent la collaboration au degré régional et local, et, partout, elle se réalise fraternellement. Les rares difficultés surgies ça et là, ont été applanies ou le seront bientôt. Ces difficultés éventuelles devront, dans la suite, être soumises « obligatoirement et sans retard » au Comité général de la J. O. C. et solutionnées de commun accord avec le Comité général de l’A. C. J. B.
Les succès de la J. O. C. ont mis le branle aussi parmi LES JEUNES TRAVAILLEUSES CHRÉTIENNES. et, le 1er février dernier, elles ont lancé définitivement la Fédération nationale de J. O. C. F., préparée lentement d’ailleurs depuis des années, et dont la propagande se poursuit intense maintenant avec le même idéal; des statuts, un programme, un esprit semblables aux nôtres.
Le S. G. a collaboré activement à l’organisation de LA PREPARATION MORALE AU SERVICE MILITAIRE (P. M. S. M.). Une chronique militaire existe dans notre journal et celui-ci est envoyé gratuitement aux Jocistes soldats. De plus en plus, on veillera à établir le contact de, nos camarades miliciens entre eux à la caserne et au sein des sections existantes dans les villes de garnison. Ils resteront en rapport, également, avec leurs sections respectives, profitant de la sorte du soutien et du réconfort moral de l’amitié et reviendront naturellement, après leur service, dans les groupements ouvriers chrétiens.
L’ENQUETE SUR L’ADOLESCENCE SALARIÉE a été menée par presque tous nos groupes. Malgré de sérieux résultats, il faudra profiter de l’expérience acquise pour améliorer nos méthodes, préciser les directives et les questionnaires, mieux préparer les enquêteurs.
Il est indispensable aussi que tous les documents soient rassemblés au Secrétariat général pour servir au travail d’ensemble et permettre la publication d’un rapport général.
Et maintenant, comment se portent NOS FINANCES? Est-il nécessaire d’insister sur l’importance des moyens matériels pour un mouvement comme le nôtre qui exige la création d’organismes nombreux et où presque tout est à faire?
La ressource principale et régulière réside dans LA COTISATION. Cette cotisation a été, dès le début, librement et volontairement acceptée par tous. En fait, un certain nombre de camarades sont fort négligents; des sections et des fédérations même se font tirer l’oreille. Nous rappelons aux responsables qu’il y a là plus qu’une question de charité et de solidarité; il y a un devoir de justice envers le mouvement. (Applaudiss.)
Pour couvrir les inévitables déficits du début et étendre davantage notre action, un FONDS NATIONAL DE PROPAGANDE fut ouvert. Les plus généreuses souscriptions viennent de Gilly, Beyne, Mons, Nivelles, Liége, Tournai, Bruxelles.
Malgré tout, la pénurie de moyens matériels reste menaçante. L’organisation générale est loin d’être complète et combien de magnifiques initiatives attendent le geste de ceux dont le dévouement va jusqu’à la bourse!!..
Ce dévouement, nous le réclamons d’abord à nos membres eux-mêmes, à ceux qui pourraient se priver et ne le font pas.
Nos sections doivent aussi se montrer plus solidaires, plus conscientes des charges énormes du Secrétariat général, pour partager généreusement avec lui leurs revenus extraordinaires de fêtes ou conférences publiques.
Nous faisons un pressant appel enfin à tous ceux qui communient à notre idéal ou ont simplement conscience de l’action indispensable de la J. O. C., pour la sécurité, la prospérité et la paix, non seulement de la classe ouvrière, mais de toute la société.
Voilà le bilan de notre activité générale. Les membres du Secrétariat général ont bien été forcés par les circonstances de prendre une grande part d’initiative et de responsabilités, en ayant tenu, malgré tout, à prendre avis pour touts les choses importantes.
Ils vous remercient de la confiance que vous leur avez témoignée. Désormais, le Conseil général et le Comité exécutif ont en main les destinées du mouvement.
Nous avons notre charte : les statuts et règlements; notre drapeau : le programme général; des cadres régionaux et locaux où tous doivent se sentir fièrement solidaires et responsables, dans le respect de l’autorité, l’acceptation joyeuse de la discipline, l’action énergique et persévérante.
3. Les fédérations régionales.
Nos treize FÉDÉRATIONS REGIONALES d’expression française ont été lancées successivement par des journées d’études régionales de propagande qui ont eu lieu, de dimanche en dimanche, du 17 août, à Liége, jusqu’au 1er février, à Chimay.
Chaque Fédération a son CONSEIL RÉGIONAL, se réunissant mensuellement, et son COMITÉ EXÉCUTIF. Les SECRETARIATS RÉGIONAUX s’organisent et se perfectionnent progressivement.
Il est impossible, dans le cadre d’un rapport comme celui-ci, d’entrer dans des détails. Dix-huit journées d’études ont eu lieu. Toutes les fédérations ont eu une récollection. La plupart préparent leur seconde ou leur troisième.
La Fédération du Centre (La Louvière) a, depuis un mois, son propagandiste permanent. Ailleurs se constituent des ÉQUIPES DE PROPAGANDE. Un grand soin devra être apporté à la formation de ces propagandistes dont dépend tout le fruit de notre campagne de recrutement à la fin de l’année scolaire et de la prochaine.
Parmi les initiatives les plus importantes, citons la constitution, à Bruxelles, d’un SECRETARIAT PROFESSIONNEL permanent pour Jeunes Gens, confortablement installé, et aidant nos camarades depuis avant la sortie de l’école et à travers toute leur vie professionnelle, pour le choix, l’apprentissage et toutes les conditions de leur vie professionnelle.
Signalons aussi l’action énergique des fédérations de Liége, Namur et Huy pour la moralité des trams et des trains.
4. Les sections locales.
Nos 192 SECTIONS LOCALES ont fait preuve de grande activité pour la plupart. LES ASSEMBLÉES GENERALES MENSUELLES ou plus souvent encore bi-mensuelles, ont assuré le minimum de contact et d’influence.
LES COMITÉS se réunissent régulièrement, le plus souvent EN CERCLES D’ÉTUDES. Dans ce domainelà, un progrès sensible reste à réaliser. Sans C. E., conçu et mené suivant notre programme général, il n’est pas de section prospère possible.
Parmi les sections spéciales créées, LES CAISSES D’ÉPARGNE sont particulièrement à signaler par leur nombre et leur prospérité.
LES SECTIONS DE DISTRACTION se multiplient, mais doivent toujours rester subordonnées au but principal de la J. O. C. et pénétrées de l’esprit jociste de façon à être réellement éducatives.
LES CONFERENCES POPULAIRES, LES FÊTES, LES RÉUNIONS PUBLIQUES ont été nombreuses et, par elles, le public, et spécialement les parents, sont entrés en contact avec la J. O. C.
La saison d’été va multiplier LES EXURSIONS, LES VISITES de Musées, LES VOYAGES. Elle sera occupée particulièrement par LE RECRUTEMENT pour la J. O. C. parmi les jeunes compagnons qui vont par milliers quitter les écoles à fin juillet.
5. Conclusion.
La somme de travail, d’efforts, de dévouement, dont ce rapport ne donne qu’une idée fort incomplète, c’est l’œuvre fraternelle de 6.000 jeunes travailleurs éparpillés à travers toute la Wallonie, et si près l’un de l’autre pourtant qu’il a suffi de quelques mois pour leur faire réellement une âme commune.
Pour apprécier la véritable puissance de notre idéal, les faits et les chiffres disent si peu de chose, et il faudrait pouvoir pénétrer le secret intime des âmes.
Oui, la grande force de la J. O. C. c’est la richesse spirituelle. Tout ce capital de prières ferventes, de sacrifices obscurs, de dévouements très simples, de combats intérieurs pour l’intégrité de nos âmes; de luttes, âpres parfois, contre tous ceux qui, dans nos milieux de travail en veulent à notre fierté ouvrière, à notre dignité morale.
Cette force surnaturelle, elle nous vient du Christ par l’Eglise Catholique, dont nous voulons être de plus en plus les enfants fidèles et les apôtres audacieux. (Longs applaudissements.)
Un échange de vues suit immédiatement le rapport de J. Meert, puis la parole est donnée à J. Schellekens, président de la J. O. C. du pays flamand.
« Je vous le propose en exemple, dit Tonnet. C’est un militant modèle, appartenant à notre classe ouvrière bruxelloise et qui s’est formé avec patience et ténacité dans nos cercles d’études. »
M. Schellekens, au nom de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Flamande, apporte le fraternel salut de nos compagnons flamands : « Notre mouvement et le vôtre, dit-il, ne font qu’un. Rien ne nous sépare, pas même la langue, car il n’est pas vrai que nous Flamands, nous mettions dans les revendications de nos droits linguistiques quelque chose d’anti-wallon ou d’anti-belge. (Acclam.) Mais, avec la défense de nos intérêts professionnels qui nous sont communs, nous menons la défense de nos intérêts linguistiques.
L’orateur signale que le mouvement de la jeunesse flamande comptera probablement, d’ici peu, dix mille membres. (Vifs applaud.)
« Travaillons ensemble, dit-il, à sauver notre classe ouvrière en la rendant au Christ. (Acclam.)
Avant de donner la parole à Mlle Stauss, présidente de la J. O. C. F., le président salue en elle toutes nos sœurs de travail : les ouvrières des charbonnages, des verreries, des filatures, des usines, celles de la mode et de la couture. « Allez dire, Mademoiselle, à vos compagnes, que nous souhaitons force et succès à la J. O. C. F., afin qu’elle soit à nos côtés pour améliorer le régime économique actuel qui tue autour de lui tant d’âmes de jeunes ouvrières. Dites-leur aussi l’engagement que nous prenons tous ici, ce soir, d’être les défenseurs attitrés de nos sœurs de travail et de nous constituer les vigoureux protecteurs de leur dignité et de leur honneur. (Applaudissements).
Mlle Stauss prend alors la parole au milieu du silence attentif de tout l’auditoire :
Messieurs, mes chers amis,
Je suis heureuse de vous apporter le salut cordial et fraternel de toutes les jeunes ouvrières de notre organisation de J. O. C. F.
Notre sympathie, Messieurs, vous l’avez toute entière. Ce matin, tous les membres de la Fédération régionale de Bruxelles ont communié à vos intentions et ont demandé au Bon Dieu de bénir tous les congressistes ainsi que leurs travaux. N’est-ce pas une preuve évidente d’attachement et d’unité?
Si notre appui vous était nécessaire, s’il vous semblait que l’organisation de la Jeunesse Féminine pouvait rendre quelque service utile à votre mouvement, je puis vous garantir que nous sommes prêtes à vous aider autant que nous le pourrons. Nous avons d’ailleurs, à différentes occasions, déjà fait de la propagande en faveur de la J. O. C.
Vous pouvez à votre tour avoir tant d’influence auprès de vos sœurs, auprès de vos fiancées et les engager à se faire membre de la J. O. C. F.
Notre organisation n’a-t-elle pas pour but de préparer les jeunes filles à leur future mission d’épouse et de mère chrétienne? Notre organisation va donc rendre un service immense à tous ceux d’entre les jeunes gens qui ont l’ambition de fonder un foyer chrétien.
Mais notre tâche serait trop difficile si vous ne nous prêtiez pas votre collaboration.
L’annexe à votre Programme général où l’on soulève la question des jeunes travailleuses, interprète admirablement nos désirs. Que la question du respect, de la dignité de la jeune fille ait été soulevée par votre organisation, nous a fait un bien sensible plaisir et nous vous demandons que les voeux que la J. O. C. forme à ce point de vue, que ces vœux, dis-je, deviennent des réalités. Vous pouvez tant faire dans vos usines, dans vos ateliers et vos bureaux. Il faudrait que, là où il y un Jociste, il parvienne à faire taire ceux qui ne savent tenir que des propos orduriers.
Nos deux organisations ne doivent pas être des organisations juxtaposées, mais elles doivent se compléter l’une l’autre et, de cette façon, la victoire nous est assurée, Ce matin encore, nous avons pu lire dans l’Épître de Saint Jean que, seul, celui qui a la foi est vainqueur du monde. Pour le chrétien, la foi en JésusChrist est le principe de victoire, et parce que nous croyons en Jésus-Christ nous sommes convaincues que nous pourrons arriver à grouper la masse des jeunes travailleuses dans nos organisations et, par le fait même, à ramener leurs âmes au Christ. Ce qui, je n’en doute pas, est notre désir à tous.
Une ovation chaleureuse est faite à la présidente de la J. O. C. F.
La parole est donnée ensuite à Ph. Gérard, en qui le président salue un des dirigeants de l’A. C. J. B.
Ph. Gérard nous apporte la sympathie de l’A. C. J. B.:
Il est désirable, dit-il, que la jeunesse catholique se spécialise, c’est une question de force; l’A. C. J. B. l’a compris tout de suite. Mais il faut l’union de toutes les spécialités dans le grand mouvement de l’action catholique pour assurer à celui-ci son rayonnement et son efficacité. C’est pourquoi la J. O. C. et l’A. C. J. B. doivent compter l’une sur l’autre et marcher la main dans la main. (Vifs applaud.)
Voici Pauwels à la tribune. Le président lui demande de dire à ce Congrès de jeunes travailleurs toute la joie et le réconfort qu’il ressent, lui qui si souvent a attendu les jeunes dans les réunions ouvrières de Wallonie. Le président demande à tous d’écouter H. Pauwels comme on écoute un chef.
H. Pauwels. Ce m’est, en effet, une grande joie que de prendre la parole à votre premier Congrès et de vous dire que les aînés sont heureux de constater qu’une véritable armée de jeunes est là, prête à les aider et à poursuivre leurs efforts. Soyez surtout persévérants; nous fondons de grandes espérances sur votre travail; il faut que vous supportiez les difficultés, les fatigues. La victoire vous restera. Ce sont les syndiqués chrétiens qui doivent ramener sur leurs épaules la Croix du Christ dans nos cités industrielles. (Longs applaudissements.)
Enfin, après ces hommages d’amis, voici notre porte-parole André Delcourt qui va clôturer le Congrès par une allocution très enthousiaste.
Le président a salué ce benjamin de nos militants dont la jeune tête blonde porte toutes nos promesses et tous nos espoirs, et le voici commençant son discours…
Dès les premières paroles, tout cet auditoire de 600 personnes est subjugué. Une telle ardeur, un telle foi, une telle volonté dans un corps aussi frêle!… Et les congressistes écoutent avec une émotion grandissante ce jeune tribun qui leur parle de notre idéal commun, de nos travaux, de nos projets, de nos rêves… Puis il parle du Christ, de la Croix, du règne de la Croix, de la glorification de la Croix, et l’on voit les visages qui se tendent pour refouler les larmes qui s’annoncent… Puis voici le mot final, le mot d’ordre, où il y a du commandement, mais aussi de la supplication… Et nous voilà délivrés, laissant bondir par mille éclats notre enthousiasme et notre joie.
L’ovation reprend… et dure… puis s’arrête dans la cadence d’un ban…
Voici le texte de l’allocution d’André Delcourt:
Três souvent lorsque dans nos fédérations nous nous rendons dans les localités de nos arrondissements pour fonder de nouvelles sections de J. O. C., nous remarquons qu’à peine l’exposé du but et du programme de notre mouvement terminé, nos jeunes auditeurs sont enthousiasmés, prêts à tout, et ils signent d’emblée le bulletin d’adhésion que nous leur présentons.
Mais, dès que nous nous sommes éloignés d’eux, lorsque l’impression de notre causerie est passée, nos jeunes ne savent plus que faire; ils ont bien des réunions tous les mois et même plus souvent ; ils reçoivent bien le journal et le bulletin pour dirigeants, mais en somme, ils sont plus ou moins perdus. Pourquoi? Parce que nos membres ne savent pas tout ce que la J. O. C. doit réaliser.
Lorsque nous leur aurons fait comprendre que notre but et notre programme sont les plus beaux et les seuls qui puissent toujours enthousiasmer sans jamais désillusionner, lorsqu’ils seront formés au point de savoir vibrer à tout ce qui est beau, à tout ce qui est grand, nous serons près de la victoire.
Alors, ils pourront défendre efficacement leurs compagnons de travail à l’atelier, au bureau, en rue, partout; alors ils vaincront les ennemis de la religion et de la moralité, qui cherchent sans cesse à pervertir et à corrompre notre classe ouvrière.
On s’étonne de ce que le monde du travail est déchristianisé, et de ce que son niveau moral est descendu bien bas. Il y aurait lieu de s’étonner de ce que le mal ne soit pas plus grave.
Oui, nous devons arriver à notre but en prouvant à nos jeunes compagnons que, par notre organisation, nous arriverons à améliorer leur situation aux points de vue professionnel, intellectuel, social, religieux, moral et économique. Nous devons les rendre fiers de leur condition d’ouvrier; nous devons faire en sorte qu’ils ne se considèrent plus comme des oubliés, mais comme des privilégiés, car ils ont l’insigne honneur d’être ce que Jésus-Christ lui-même fut : « des ouvriers »!
Et, pour en arriver là, un grand travail s’impose : l’éducation de notre jeunesse salariée. Travail pénible, travail de patience, mais travail méritoire, car c’est en voyant nos efforts éducatifs que nos compagnons s’attacheront davantage à nous. Il faut qu’ils sentent qu’à la J. O. C. l’on veut leur relèvement intégral, qu’on veut en faire des hommes chics, instruits, éduqués, dignes et fiers. Et comment verront-ils cela, comment sentiront-ils que nous leur voulons du bien? Si, dans nos réunions locales ou fédérales, l’on s’ingénie à faire des séances instructives, moralistes; si l’on s’efforce de rendre attrayantes nos réunions en amenant la conversation sur tel ou tel sujet intéressant nos compagnons et provoquant des discussions profitables; si l’on organise quelques visites-promenades dans nos musées, nos usines, nos expositions; si nous donnons l’occasion à nos membres de lire des livres techniques, de bons romans, des livres d’histoire, de géographie, de sociologie; si nous multiplions les conférences avec projections; si nous visons tout ce qui peut éduquer.
Pour l’avenir de notre mouvement, il faut que nous trouvions, dans nos régions, des jeunes gens qui se mettront à étudier, non seulement notre programme, mais aussi les questions touchant de près notre J. O. C.
Pour la formation religieuse, prenons ce soir, chers camarades, l’engagement de nous discipliner, de nous efforcer de devenir des modèles de chrétiens. Tout bon Jociste devrait entrer, chaque jour, au moins une fois à l’église, ne fût-ce que pour faire un signe de croix; nous devrions aussi nous efforcer de communier chaque dimanche et même en semaine. Ne manquons jamais l’occasion d’aller en retraite fermée ou en récollection. C’est si réconfortant une retraite. Celui qui n’a pas eu le bonheur de passer quelques jours dans l’une de nos grandes abbayes, ne saurait se faire une idée exacte du plaisir, du contentement qu’on éprouve à se recueillir et à méditer, de l’entrain avec lequel on revient à la vie de tous les jours.
Je me rappelle qu’en novembre dernier, alors que notre J. O. C. venait de naître, quelques représentants de nos jeunes fédérations se sont réunis en l’abbaye du Mont-César, à Louvain, où, abandonnant pour trois jours tout travail, vivant un peu de la vie des moines, ils se sont préparés de leur mieux à s’élancer à la conquête de nos ateliers, de nos fabriques et de nos bureaux.
Voyez, maintenant, nous sommes 6.000 Jocistes; Eh bien! pour ma part, je déclare que nous devons la majorité de nos membres à l’impression qu’ont laissée, sur nos dirigeants, les retraites et les récollections.
L’avenir de notre J. O. C. dépend de l’activité éducative et de l’influence religieuse qu’elle répandra autour d’elle.
Quelle tâche ardue, obscure, n’est-ce pas, chers camarades; mais aussi quelle joie pour nous de savoir que nous nous serons dépensés pour la juste cause, pour la sainte cause, pour la cause de Dieu qui s’est fait homme pour nous, qui a travaillé comme nous travaillons, et qui enfin, pour nous racheter, est mort pour nous sur la croix. La croix qui doit être notre éternel emblème! La croix que nous devons toujours garder au fond du cœur! La croix que nous devrions voir partout, à l’usine, au bureau, dans nos écoles, dans nos logis, afin qu’elle nous guide sans cesse, afin qu’elle nous montre où est le devoir, afin qu’elle nous aide à ramener notre classe ouvrière au Christ.
Camarades, nous devons faire, ce soir, dans le silence de nos cœurs, le serment d’être des audacieux propagandistes de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, et, que surviennent les difficultés, les échecs, les désertions; pas un d’entre nous n’abandonnera la charrue au milieu du champ.
Puis Tonnet clôture brièvement :
« C’est sur cet appel à l’action lancé par le benjamin de nos dirigeants que je veux clôturer ce Congrès.
Oui, notre mouvement doit surtout viser, durant les mois qui vont suivre, à fournir à nos membres, tous les moyens d’éducation intégrale et de formation religieuse qui ont été signalés au cours de nos séances.
Il faut que nous inculquions à tous nos membres la volonté de s’instruire, le goût de l’étude, l’âpre désir de devenir plus chrétien, plus fidèle au Christ.
Il faut aussi que nous intensifions l’amitié Jociste je veux dire par là qu’il faut que l’on s’aime davantage entre membres d’une même section, que les sections voisines fraternisent souvent, qu’elles s’encouragent mutuellement.
Préservons jalousement notre mouvement des critiques inutiles, des jérémiades continuelles, des rivalités de clocher, des dénigrements: un bon Jociste doit aimer tous les Jocistes, et notre force après la Foi doit venir de notre union, de notre amitié.
Préparons-nous à résister au découragement. On va nous combattre non seulement dans les ateliers, les usines, les bureaux car ceux qui prêchent la fraternité mondiale sont les premiers
traiter en ennemi leur compagnon de tous les jours, mais parfois aussi dans certaines œuvres où l’on ne croit pas à la nécessité de notre action et à la loyauté de nos intentions. Qu’importe, camarades!
Puis, demain, vous vous retrouverez isolés, et l’enthousiasme de ces réunions se sera éteint. Vous vous trouverez en face d’échecs. Tenez bon. La J. O. C., pour vaincre, demande des sacrifices, des souffrances, du sang même; sang de notre idéal que la lutte meurtrira parfois; sang de notre corps, que notre attitude fière et chrétienne fera couler… Qu’importe encore, camarades! Notre insigne, n’est-il pas rouge?…
Nous comptons donc sur vous, en vous demandant de vous conduire désormais en Jociste rayonnant, en multiplicateur, comme a dit le Saint Père.
Et comme mots d’ordre à suivre, les voici :
1. Amélioration de notre organisation dans les sections locales et dans les Fédérations : réunions de comités, cercles d’études locaux et fédéraux, fonctionnement régulier de notre administration, de nos services d’épargne, de bibliothèques, de récollections et de retraites fermées.
2. Propagande incessante : recrutement des jeunes sortant de l’école; collaboration à l’action mutuelliste en matière de pensions.
Enfin, nos remerciements chaleureux vont aux représentants de la Presse, en particulier au Pays Wallon et au XXe Siècle. »
* * *
Au moment où le Président adresse le dernier mot d’adieu à l’auditoire, les congressistes réclament l’abbé Cardyn.
Celui-ci demande aux Jocistes de ne pas oublier les leçons de ce Congrès, ni les engagements qu’ils ont pris. Travaillons pour convaincre nos milliers de frères de travail qu’ils ne trouveront la paix et le bonheur qu’en luttant dans nos rangs, avec le Christ, pour le Christ.
Une longue ovation ratifie cette brève allocution. La prière est dite avec ferveur… l’on se signe… le Premier Congrès de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne est terminé.
Réponse de S. S. le Pape Pie XI.
Saint Père très sensible message filial premier Congrès Jeunesse Ouvrière bénit de cœur membres et travaux formant vœux ardents pour réalisation noble « programme ».
Card. Gasparri.
Réponse de S. Em. Mgr Mercier.
Très sensible aimable attention 400 délégués J. O. C. les remercie vivement, agrée avec sympathie leur témoignage de dévouement filial à l’Eglise, les bénis paternellement.
Cardinal Mercier.
Réponse de S. M. le Roi.
Très touché du contenu du télégramme que vous Lui avez adressé le Roi me charge de vous en remercier très cordialement en son nom.
Chef Cabinet Roi.
Réponse de S. G. Mgr Rutten, Evêque de Liége.
J’ai reçu hier soir un beau télégramme qui m’a fait grand plaisir et je vous prie de vouloir bien faire savoir aux 400 jeunes ouvriers catholiques que je les bénis de tout cœur. Puisse le Seigneur leur accorder la grâce de persévérer dans leur généreuse et courageuse résolution! Puisse leur exemple entraîner un grand nombre de jeunes ouvriers dans la voie du devoir! Agréez, cher Monsieur, l’assurance de mon affectueux dévouement.
H.-M. Rutten, Ev. de Liége.
Réponse de S. G. Mgr Heylen, Evêque de Namur.
Monsieur l’Abbé. J’étais absent quand le télégramme de la J. O. C. est arrivé à Namur. Je n’ai donc pas pu répondre plus tôt. De tout cœur je bénis, comme vous le demandez, la jeune société et je prie pour que Dieu lui accorde la grâce de prospérer pour le bien des travailleurs. L’union avec l’A. C. J. B. que le Congrès a votée contribuera puissamment à faire atteindre ce but. Agréez, Monsieur l’Abbé, l’assurance de mon religieux dévouement.
Thomas-Louis, Ev. de Namur.
Réponse de S. G. Mgr Rasneur, Evêque de Tournai.
Remercie sincèrement de leur télégramme les 400 délégués de la J. O. C. réunis en Congrès Général, leur envoie volontiers la bénédiction demandée et les félicite de leur volonté ardente de travailler à ramener à N. S. Jésus-Christ la classe ouvrière de Belgique.
Gaston-Antoine, Ev. de Tournai.
Les félicitations de la Confédération des Syndicats Chrétiens.
Le président a reçu la lettre suivante de notre ami H. Pauwels :
Mon cher ami,
C’est encore sous le coup de l’émotion profonde provoquée par le Congrès si magnifiquement réussi de la J. O. C. que je t’écris pour te féliciter avec les amis J. Meert, P. Garcet et M. l’abbé Cardyn, du succès splendide du Congrès qui constitue un hommage au travail persévérant des promoteurs de la J. O. C.
Nous avons parfaitement senti, hier, qu’il y avait là un réservoir inépuisable d’activité sociale et de dévouement à la classe ouvrière. De même que nous avons eu. d’une façon parfaite, la certitude du développement que nos, organisations ne manqueraient pas de prendre par le travail enthousiaste que certainement notre J. O. C. né manquera pas d’accomplir. Il ne faudra qu’une chose « persévérance », mais je sais que cette qualité existe chez tous les Jocistes, et c’est ainsi que, sans crainte, nous pouvons envisager l’avenir.
Je te remercie particulièrement pour les satisfactions intenses que tu m’as procurées en m’invitant à ce Congrès, et je te prie de croire à mes sentiments les plus affectueusement dévoués.
H. Pauwels.
Les félicitations de l’A. C. J. B.
Le 20 avril, en ouvrant la séance du Conseil Général de l’A. C. J. B., M. G. Hoyois a félicité la J. O. C. du brillant succès remporté par son premier Congrès.
Du XXe Siècle :
Un enseignement se dégage de ce congrès. Au sein de l’A. C. J. B. dont l’organisation et le fier esprit apostolique ont étonné nos contemporains, des jeunes gens sortis du peuple, du fidèle peuple de Dieu, se sont groupés pour la défense de leurs droits et pour l’étude toujours plus approfondie de leurs devoirs. Organisation de classe qui doit porter ombrage à certains? Non pas; organisation virile, solide, décidée, enthousiaste qui trouve dans une légitime et normale spécialisation en même temps que dans une invincible foi le secret d’un succès qui s’est affirmé, dimanche, avec tant d’éclat. La J. O. C. peut être fière de l’oeuvre qu’elle a réalisée déjà. L’A. C. J. B. doit être heureuse de la compter dans son sein. Ensemble, on peut être sûr qu’elles conquerront à Dieu les générations qui montent et qu’en rendant le Christ au peuple, à tout le peuple, elles travailleront le plus sûrement à la grandeur de notre chère Belgique.
Ernest Storck.
De La Libre Belgique :
M. l’abbé Cardyn, avant qu’on entame les débats au sujet du programme officiel d’action de la J. O. C., insiste sur le caractère positif du mouvement des jeunes travailleurs chrétiens. Ce mouvement n’est pas dressé contre quelque chose, contre quelqu’un; contre les socialistes ou les communistes. Il doit aboutir à des réalisations positives, au relèvement, dans la pensée et la vie catholiques de la jeunesse ouvrière.
Un programme net et ferme est indispensable à l’acion de la J. O. C. Programme de relèvement religieux adapté à la mentalité et à la vie des jeunes travailleurs; programme professionnel et intellectuel aussi.
M. Cardyn fait un appel aux congressistes pour qu’ils discutent en pleine franchise le programme qu’on leur présente. Puis il passe lui-même à la réfutation de quelques objections qu’on a faites au programme de la J. O. C.
La J. O. C. sans doute ne compte pas sur ses seules forces pour l’amélioration de la vie et des conditions de travail de la jeunesse laborieuse. Mais, dans l’organisation d’ensemble du bloc ouvrier chrétien, elle veut avoir sa place et jouer son rôle.
M. l’abbé Cardyn, qui a parlé avec un entrain qui n’exclut nullement l’idée précise, est fort acclamé.
On va passer alors à la discussion du programme, lorsque, à ce moment, entra dans la salle le R. P. Rutten qui accueille une salve prolongée d’applaudissements.
M. Fernand Tonnet exprime les sentiments d’affectueuse estime de l’assemblée à l’égard du grand leader du mouvement ouvrier chrétien.
Le R. P. Rutten prend alors la parole : c’est tout d’abord pour dire son regret de ne pouvoir assister d’un bout à l’autre au congrès de la J. O. C. Ses occupations absorbantes l’en empêchent. Puis il demande aux congressistes de considérer comme le premier effort essentiel, leur approfondissement personnel dans le sens spirituel, de s’imprégner de Notre Seigneur, de s’imbiber de la pensée évangélique. C’est par là qu’il faut commencer si, réellement, on veut faire du travail apostolique chrétien.
La parole douce mais volontaire du R. P. Rutten est pénétrante. Quel écho elle trouve dans l’âme des jeunes! Il parle des difficultés que va rencontrer certes le mouvement de la jeunesse ouvrière; il parle de l’Église, de programme de la J. O. C., de son rêve qui aujourd’hui commence à se réaliser d’une organisation de jeunesse ouvrière catholique et c’est de l’émotion, de la conviction qui passent dans sa voix.
Du Pays Wallon :
Sérieux et enthousiaste, telle est la conclusion que nous pouvons sincèrement tirer du premier congrès de la J. O. C. Ce fut un magnifique congrès dans toute la force du terme. Comme nous l’avons dit souvent, c’est dans une organisation bien comprise des jeunes travailleurs de Belgique qu’il nous est permis de fonder les plus beaux espoirs.
Espérons que tous les catholiques le comprendront. Quant à nous, nous ne cesserons de leur apporter notre soutien et notre encouragement.
De la Gazette de Liége :
De ce premier congrès se dégage déjà la vraie mentalité de notre nouvelle jeunesse ouvrière, nous disons nouvelle parce que vraiment tout ce que fait et veut la J. O. C. est neuf. Son programme n’est pas un quelconque ramassis d’idées fausses, son programme elle l’a déjà à moitié réalisé en groupant ses 200 sections. Pour moi, il me semble que le plus dur est fait, car à présent on sait ce qu’elle vaut et on compte sur elle.
Du Brabant Wallon :
Il était beau le spectacle que présentait cette assemblée composée de jeunes ouvriers venus à Bruxelles pour prendre le mot d’ordre de leurs chefs, élaborer leurs statuts et fixer les points divers de leurs programme d’action.
Et cette charte, tant par son ampleur que par sa précision, constitue un document de haute valeur.
C’est, nous disait un vétéran de l’action sociale, le meilleur document qui me soit passé par les mains.
* * *
Et le premier Congrès fut clôturé. Nous n’ajouterons qu’un mot :
Jamais, dans notre existence, nous n’avons été « remué » aussi profondément que pendant ces deux journées.
Sentiment de joie profonde, d’abord, à la vue de ces centaines de délégués dont l’action ira croissant dans nos milieux ouvriers.
Sentiment de fierté et, certes bien légitime, car, si, trop souvent, nous n’avons sous les yeux qu’une jeunesse légère et qui ne voit, dans la vie, qu’une course folle à la volupté et au plaisir, là, du moins, au Congrès, nos regards se sont reposés, et avec quelle complaisance, sur ces beaux et vaillants jeunes gens, rayonnants de cette ardeur qui met dans l’âme la pratique habituelle de la vertu.
Et nous sommes partis confiants et plus résolus encore à aider cette jeunesse ouvrière dans son entreprise si vaste et si belle : La rechristianisation du monde du travail !
Dieu veuille susciter en grand nombre les Apôtres de cette croisade, de toutes la plus urgente, dans nos régions!
Verax.
SOMMAIRE :
I. Introduction.
II. Les Responsabilités Sociales.
III. La Vie Professionnelle du Jeune Salarié.
1. La préparation au travail.
2. La stabilité du travail.
3. L’apprentissage.
4. L’enseignement Professionnel.
5. La sécurité du travail.
6. L’hygiène et la propreté du travail.
7. La pudeur au travail.
8. La durée du travail.
9. Le travail de nuit et du dimanche.
10. Les travaux pénibles et dangereux.
11. Le salaire des adolescents.
12. La situation des jeunes employés.
IV. Le Rôle Educatif des Groupements de J. O. C.
1. L’organisation des jeunes travailleurs.
2. La formation intégrale des jeunes travailleurs.
A. Nécessité de la formation postscolaire.
B. Formation intellectuelle.
C. Formation esthétique.
D. Formation morale.
E. Formation sociale.
F. Formation physique et hygiénique.
G. Formation religieuse.
H. Unité dans la vie du jeune ouvrier.
I. Motifs de confiance.
J. Une condition indispensable de succès.
3. Les Cercles d’Etudes pour jeunes travailleurs.
4. L’Epargne des jeunes travailleurs.
5. Homes et Restaurants.
6. Les loisirs des jeunes travailleurs.
7. Les vacances et les séjours au Grand’Air.
8. Le service militaire des jeunes travailleurs.
VI. Annexe.
La question des jeunes travailleuses.
VI. Conclusion.
I. INTRODUCTION.
La J. O. C. existe; elle groupe déjà des milliers de jeunes travailleurs. Elle a ses statuts et ses règlements. Son organisation nationale, régionale et locale offre les cadres nécessaires pour grouper les centaines de milliers d’adolescents salariés qu’elle veut atteindre pour les former, les défendre et les protéger. Son premier Congrès National a fixé les directives qui orienteront son action, et indiqué le but qu’elle se propose d’atteindre. Déjà une vaste enquête est entamée pour se rendre compte de la situation exacte dans laquelle vit et travaille la jeunesse ouvrière de Belgique.
Cette enquête sera aussi objective que possible. Elle indiquera les progrès réalisés comme les lacunes existantes.
Le programme national exposé ci-après a pour but de montrer à tous l’importance de l’Enquête
Pour la mise au point de toutes les questions qui intéressent le relèvement intégral des jeunes travailleurs. Ce n’est que quand le Secrétariat Général sera au courant des situations qui existent dans toutes les régions du pays, qu’il pourra préciser toutes ces revendications et proposer des vœux s’adaptant à la situation réelle. D’ici-là nous devrons nous contenter d’aperçus généraux sur les différentes questions et de vœux qui se concrétiseront par des contacts plus intimes avec les réalités vécues de la masse des jeunes travailleurs.
Le présent programme doit faire l’objet des discussions de tous nos Cercles d’Etudes, de nos journées d’études et de nos réunions mensuelles, afin que tous les J. O. Cistes acquièrent la compréhension exacte de notre mouvement de jeunesse ouvrière chrétienne et soient prêts à tous les sacrifices pour le défendre et le propager. Notre programme doit pouvoir être déployé comme un drapeau dont on est fier et autour duquel on se serre pour lutter et mourir.
II. LES RESPONSABILITES SOCIALES.
a) Le sens de la responsabilité morale et sociale semble s’émousser de plus en plus chez beaucoup de ceux qui sont revêtus d’une autorité dans notre société moderne. Certains patrons qui reçoivent à leur service un garçon de 14 ans ne semblent guère se soucier de l’avenir moral, religieux et social de leur jeune salarié. L’Etat qui chaque jour sur ses chemins de fer transporte des milliers d’adolescents salariés est d’une incurie impardonnable quant à la surveillance morale des jeunes salariés.
b) Les Pouvoirs Publics manquent fréquemment à leur devoir de tutelle et de sauvegarde morale de la jeunesse, en négligeant des mesures préventives contre les occasions innombrables de corruption morale des jeunes gens et en n’encourageant ou en ne reconnaissant pas les initiatives privées décidées à lutter contre ces atteintes à la moralité juvénile et désireuses de concourir à la formation et à la protection morale de la jeunesse.
c) Les parents eux-mêmes, entraînés par l’insouciance du siècle, sont souvent inconscients des dangers moraux et religieux courus par leurs enfants, qui vivent jour et nuit loin de toute surveillance et de toute tutelle pendant les années dangereuses de la crise de la puberté.
d) Les salaires plus élevés; la fréquentation des cabarets, des cinémas, des dancings et des cafés-concerts; la furie des sports; les lectures passionnelles; les étalages d’une immoralité provocante; les jeux de hasard sont pour les jeunes salariés des occasions de plus en plus nombreuses de perdition.
e) Dans certains centres, les jeunes salariés vivent comme s’ils étaient << en garni » chez leurs parents; ils entrent et sortent comme ils veulent, discutent le prix de leur entretien et peuvent dépenser tout le reste de leur salaire.
f) La loi qui a établi une juridiction spéciale pour les jeunes, ne s’applique pratiquement qu’à ceux qui sont tombés, et se borne à fournir aux jeunes délinquants des juges spéciaux et des délégués à la protection de l’enfance. Mais rien n’est organisé pour prévenir la chute des milliers de salariés mineurs, abandonnés à eux-mêmes, sans tutelle et sans protection, dans des conditions de vie et de travail, où il leur est presque moralement impossible de ne pas tomber.
g) Au Moyen-Age, le jeune apprenti était présenté par ses parents au Conseil des Maîtres de la Corporation. Le patron s’engageait devant eux à remplir tous ses devoirs moraux, religieux et sociaux, vis-à-vis de son nouvel apprenti. Cet acte solennel était une cérémonie impressionnante pour l’adolescent et lui révélait l’importance de son apprentissage. Aujourd’hui, la majorité des jeunes travailleurs au lendemain de la dernière distribution des prix, entrent sans la moindre garantie et sans la moindre transition à l’atelier, à la fabrique, à l’usine, à la mine.
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1° que les Pouvoirs Publics, les patrons, les parents et les adultes en général, prennent plus conscience de leur responsabilité morale, religieuse et sociale vis-à-vis des adolescents salariés, qui étant tous des mineurs, ont besoin de tutelle, de protection et de défense;
2° qu’une campagne d’opinion soit entreprise afin de réinculquer à notre société décadente le sens de sa responsabilité vis-à-vis de la jeunesse travailleuse;
3° que les parents se souviennent qu’ils sont responsables devant Dieu de la négligence de leurs devoirs d’autorité vis-à-vis de leurs enfants et que c’est une faute criminelle de les laisser dans des ateliers et dans des lieux de plaisirs, où leur vertu, leur honneur, leur santé et leur avenir sont gravement compromis;
4° que les parents soient tenus régulièrement au courant de l’apprentissage de leurs enfants, qu’ils soient renseignés d’office sur le montant du salaire, sur la manière dont il est calculé, sur les progrès techniques réalisés par l’apprenti, sur la tenue générale et morale de leurs enfants au travail;
5° que cette responsabilité se traduise avant tout chez les patrons, dans toute la mesure des possibilités, par un choix plus prudent des ouvriers et des contre-maîtres, chargés de l’instruction et de la conduite des adolescents salariés, par une surveillance beaucoup plus sévère sur la manière dont ces agents s’acquittent de leurs délicates fonctions et par la nomination de surintendants ou d’ingénieurs sociaux chargés de la tutelle morale des apprentis et des adolescents;
6° que les patrons veillent davantage à toutes les mesures nécessaires pour prévenir la promiscuité, pour sauvegarder la pudeur des adolescents et pour leur inspirer le respect et la considération sans lesquels il n’y a pas de dignité morale;
7° que les contre-maîtres et les ouvriers adultes comprennent davantage que leur tenue, leurs conversations, leur exemple sont d’une influence considérable sur la moralité de leurs jeunes compagnons de travail, et qu’aucune excuse ne peut être alléguée pour les écarts de paroles et de conduite qui initient les jeunes gens à une perversion précoce; que les organisations chrétiennes d’adultes inculquent cette responsabilité;
8° que l’Administration des Chemins de Fer rappelle à tous ses agents la nécessité de la sauvegarde morale de la jeunesse dans les gares, dans les salles d’attente, sur les quais et sur les trains; que l’on fasse le plus possible coïncider l’arrivée et le départ des trains ouvriers avec le commencement et la fin du travail journalier, pour que les jeunes salariés ne soient pas forcés de perdre parfois des heures entières d’attente aux environs des gares et des usines;
9° que toutes les autorités publiques veillent davantage à la surveillance des cabarets, des dancings, des cinémas et des cafés-concerts où des milliers de jeunes salariés sont entraînés, exploités et corrompus et où la plaie du jeu sévit plus que jamais; que la même surveillance soit exercée pour l’étalage et la vente aux mineurs des illustrés et des imprimés corrupteurs;
10° que tous les pouvoirs publics soutiennent, apprécient et reconnaissent les initiatives privées décidées à assumer la tutelle et la protection morale de la jeunesse salariée et sa formation morale indispensable.
La J. O. C. veut être la tutrice, la protectrice et la mandataire de la jeunesse salariée. Elle espère mériter bientôt la reconnaissance officielle de sa mission tant de la part des Pouvoirs Publics que du Patronat et des familles ouvrières. Cette reconnaissance officielle lui permettra dans une plus large mesure de dénoncer les abus, de faire poursuivre les coupables, de travailler efficacement à la formation morale, religieuse et sociale de la jeunesse ouvrière, d’organiser tous les services nécessaires à cette mission et de préparer par le fait même une classe ouvrière plus digne, plus grande et plus belle.
III. LA VIE PROFESSIONNELLE DU JEUNE SALARIÉ.
1. La Préparation au Travail.
I. LES FAITS.
a) Les jeunes travailleurs ne sont pas suffisamment préparés pendant l’âge scolaire et surtout pendant la dernière année d’école à la vie de salariés qu’ils doivent mener dès l’âge de 14 ans. Dans la formation intellectuelle, morale et religieuse qu’ils ont reçue, la perspective de leur condition de futurs salariés ne semble pas avoir tenu une place suffisante.
b) Beaucoup d’enfants quittent définitivement l’école, sans que l’instituteur, l’institutrice ou le prêtre aient cru devoir insister davantage sur la conception chrétienne du travail, sur la véritable grandeur de l’ouvrier, sur sa condition, sur ses devoirs et ses droits particuliers, sur les dangers et les besoins moraux du jeune salarié. Le manque de collaboration entre l’école et la famille, entre les parents et les instituteurs compromet d’ailleurs gravement l’influence de l’éducation scolaire.
c) Le choix du métier, la recherche d’un patron consciencieux sont abandonnés la plupart du temps aux caprices du hasard. L’attention des élèves n’a jamais été attirée sur la nécessité de l’apprentissage et de l’enseignement professionnel, sur la prévention des accidents de travail, sur les précautions à prendre contre les maladies professionnelles.
d) Pas la moindre allusion n’a été faite pendant l’âge scolaire sur la conduite à tenir vis-à-vis des camarades de travail, en route, dans les trains. L’esprit d’association, si indispensable aux jeunes salariés, ne leur a été guère inculqué.
e) Le résultat le plus flagrant de cette absence complète de véritable préparation au travail, c’est la dégradation morale et la crise religieuse dans lesquelles tombent la plupart des jeunes travailleurs bientôt après leur sortie de l’école, même de l’école catholique.
f) Six ou huit années d’éducation religieuse laissent l’adolescent désemparé, si les éducateurs ne comprennent pas que l’adolescent salarié doit être préparé à sa vie de jeune salarié, et qu’après l’école il ne peut être abandonné à lui-même, mais doit être soutenu par une puissante organisation qui continue et parachève la formation qu’il a reçue à l’école, en l’adaptant à sa vie nouvelle de salarié.
II. LES VOEUX.
Voilà pourquoi la J. O. C. demande :
1° qu’à l’école et dans les œuvres para-scolaires (catéchismes, congrégations, patronages, gymnastiques, boy-scouts) la formation morale et religieuse qui est donnée aux jeunes, tienne compte de tous les problèmes concrets de la vie journalière des jeunes salariés;
2° que les instituteurs et tous ceux qui s’occupent des œuvres para-scolaires soient mis au courant du problème de l’adolescence salariée. Que dans les écoles normales et dans les Séminaires, des conférences et des Cercles d’Etudes soient institués dans cette intention;
3° que des efforts méthodiques soient tentés pour amener plus de collaboration entre l’école et la famille en vue d’une préparation plus adéquate des élèves à leur future vie de salariés;
4° qu’avant de quitter l’école, les élèves soient méthodiquement orientés par des personnes compétentes et dévouées, vers la J. O. C. qui seule peut les former, les protéger et les défendre, afin que la grande majorité des adolescents salariés profitent des effets bienfaisants et indispensables d’une formation post-scolaire adaptée à leur vie de jeunes salariés et qu’ils soient affiliés aux organisations professionnelles et mutualistes nécessaires;
5° que pendant la dernière année scolaire des représentants de la J. O. C. ou des spécialistes trouvent moyen de s’entretenir avec les élèves, de l’importance du choix du métier, d’un bon placement et d’un apprentissage sérieux;
6° que tous les élèves de dernière année soient examinés par un Office d’Orientation Professionnelle qui puisse mettre les élèves et les parents au courant des professions qui conviennent le mieux aux aptitudes et aux dispositions des adolescents examinés.
2. La Stabilité du Travail.
I. LES FAITS.
a) Un danger très grand menace actuellement les adolescents salariés : c’est l’instabilité de leur travail, l’incertitude du lendemain, la facilité de renvois ou de changements inconsidérés, avec toutes les conséquences désastreuses du chômage, du désœuvrement, du vagabondage, de la flânerie, du découragement, de la dégradation.
b) Les statistiques prouvent que c’est parmi les chômeurs, les instables au travail, que la délinquence juvénile est la plus élevée. Si le chômage est néfaste pour l’adulte, il est plus dangereux pour l’adolescent. L’obligation de la fréquentation scolaire n’existant plus, le jeune chômeur est abandonné à lui-même pour la recherche d’une nouvelle occupation et d’une nouvelle place. De là les changements fréquents de métier, l’interruption et souvent l’abandon de l’apprentissage, l’acceptation de besognes ou d’emplois n’ayant été précédés d’aucune instruction professionnelle.
c) Les effets désastreux tant au point de vue économique qu’au point de vue social, ne retombent pas seulement sur les individus, dont l’avenir est compromis, mais sur le pays dont la prospérité industrielle et la renommée professionnelle sont menacées.
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1° que les parents soient mis au courant des conséquences déplorables de l’instabilité du travail des jeunes travailleurs;
2° que des mesures soient prises pour remédier aux embauchages temporaires, nécessairement limités, des adolescents salariés;
3° que les jeunes travailleurs ne changent pas sans motif sérieux d’emploi et de profession;
4° que toutes les autorités sociales s’entendent pour lutter contre le chômage des jeunes travailleurs;
5° que les jeunes chômeurs ne soient pas abandonnés à eux-mêmes pour la recherche de nouvelles occupations;
6° que dans les Bourses du Travail, des sections spéciales reliées aux Secrétariats d’Orientation Professionnelle, soient créées pour le placement des jeunes travailleurs;
7° que l’on mette à l’étude l’organisation de « Centres d’Education » dont la fréquentation pourrait être rendue obligatoire aux jeunes chômeurs.
3. L’Apprentissage.
I. LES FAITS.
a) L’apprentissage n’existe pas légalement. Il n’est ni encouragé, ni surveillé, ni sanctionné. Dans quelques grandes firmes, les patrons donnent une formation technique méthodique aux jeunes ouvriers. Dans l’imprimerie un contract collectif règle l’apprentissage. Partout ailleurs, le jeune ouvrier s’initie à la profession en servant d’aide ou de manœuvre à un ouvrier adulte. Son plus ou moins grand esprit d’observation lui apprendra les opérations, les tours de main; ses initiatives et ses essais personnels lui révèleront les secrets du métier. Stimulé par le désir du gain, il changera le plus vite possible de patron, pour pouvoir passer comme demi-ouvrier ou ouvrier; il cachera son âge, exagérera ses connaissances, haussera le taux de son ancien salaire pour gagner davantage. D’ailleurs le travail en « série » trop prolongé tue chez les jeunes toute initiative technique.
b) Si l’apprentissage technique est abandonné au hasard, l’apprentissage moral, ou, si l’on préfère, l’acquisition de la conscience professionnelle, est pratiquement inexistant. L’honneur de la profession, ses traditions artistiques; la probité professionnelle, le souci de la bonne qualité de l’ouvrage et de la marchandise; le souci d’économie de la matière première, le respect du matériel et des machines, l’ordre à observer dans le rangement des pièces, de l’outillage et de l’établi; la préoccupation du rendement et du prix de revient; la solidarité bienfaisante et prévoyante, l’esprit syndical; tout le code moral du travail, dans sa conception humaine, sociale et religieuse; tout ce côté spirituel de l’apprentissage, de la profession et du travail disparaît de plus en plus de la production et de l’industrie moderne, parce qu’aucune tentative organisée et méthodique n’est entreprise pour restaurer et pour réadapter ce respect et cet amour du travail qui étaient la gloire des corporations du Moyen-Age au temps de leur splendeur.
c) Les conséquences de cette anarchie dans l’apprentissage technique et moral retombent lourdement sur l’adolescence salariée. Abandonnés à eux-mêmes, les jeunes travailleurs ont à vaincre des tentations et des difficultés trop grandes pour leur âge, leur inexpérience et leur faiblesse. Ils sont souvent exploités, brimés, maltraités, interpellés rudement et grossièrement. Les notions morales de dignité, de respect de soi, de tenue, d’activité, de probité, de justice, de valeur du travail, de générosité, de charité s’effacent de leur conscience. La discipline qui aurait dû garder un caractère moral comme l’autorité, le commandement, l’obéissance et la soumission, n’a plus qu’un aspect mécanique de répression, de brutalité, de force. La conscience des jeunes travailleurs n’est plus formée et l’honneur du travail disparaît.
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1° que les organisations patronales et ouvrières se concertent pour réintroduire dans chaque profession un apprentissage technique, méthodique, surveillé et sanctionné;
2° que les Pouvoirs Publics approuvent et rendent obligatoires les conventions collectives concernant l’apprentissage technique;
3° que les organisations patronales et ouvrières se concertent pour examiner la cause de la perte de la conscience professionnelle et pour promouvoir toutes les mesures nécessaires pour remettre en honneur le culte du travail et le code moral de la profession;
4° que toutes les fédérations régionales et toutes les sections de J. O. C. poussent à fond l’enquête sur la situation de l’apprentissage dans les différentes régions, les industries et les entreprises;
5° que les Cercles d’Etudes, les réunions mensuelles, les journées d’études consacrent leur attention à la formation de la conscience professionnelle des J. O. Cistes:
6° que toutes les sections de J. O. C. demandent à leurs membres de renseigner les ateliers où un apprentissage est possible et où les jeunes sont traités avec un minimum d’égards;
7° qu’une place de plus en plus grande soit réservée dans les bibliothèques, les revues, les journaux professionnels, à la formation technique et générale des jeunes travailleurs, à l’application de la morale chrétienne à la vie professionnelle et à l’explication des qualités et vertus professionnelles;
8° que toutes les autorités sociales comprennent qu’une morale professionnelle et la mise en pratique de cette morale professionnelle est impossible sans une organisation professionnelle basée sur la morale chrétienne;
9° que toutes les autorités sociales s’appliquent, à partir de l’école, à promouvoir et à recommander les organisations professionnelles chrétiennes, qui sont les écoles d’une morale professionnelle harmonisant et unissant indéfectiblement les droits et les devoirs de tous les agents de la production.
4. L’enseignement Professionnel.
I. LES FAITS.
a) Dans beaucoup de professions un apprentissage technique pratique est insuffisant et doit être complété par un enseignement professionnel ouvrant l’intelligence des jeunes apprentis, leur expliquant tous les aspects de leur profession et les empêchant de tomber dans une pratique routinière qui paralyserait leur développement intellectuel.
b) La majorité des jeunes adolescents salariés de Belgique sont privés d’un enseignement professionnel adapté et méthodique, et la plupart de ceux qui suivent des cours professionnels ne persévèrent pas jusqu’à l’examen final. Dans certaines régions du pays, la cause de cette situation est l’inexistence ou l’insuffisance d’un enseignement professionnel accessible. Là même où cet enseignement existe, les adolescents ne sont pas suffisamment encouragés à suivre les cours professionnels, soit parce que trop de parents ne voient que le gain immédiat à réaliser ou qu’ils se laissent dominer par leurs enfants qui cessent par coup de tête les cours entrepris, soit parce que les professeurs manquent de formation méthodique, soit parce que les patrons et les pouvoirs publics ne soutiennent pas les efforts des jeunes adolescents qui veulent suivre les cours professionnels.
c) D’ailleurs, pour l’enseignement professionnel comme pour l’apprentissage, la partie technique ne peut être séparée de la partie morale. Un grief à faire valoir contre beaucoup d’écoles professionnelles officielles, c’est qu’elles n’enseignent pas une morale du travail. Il ne suffit pas de faire des techniciens habiles, il faut préparer des techniciens honnêtes, conscients des devoirs que leur impose leur valeur professionnelle et qui réalisent dans leur vie de travail un idéal noble et élevé. C’est pourquoi nous n’admettrons jamais que la neutralité soit un idéal, même pour l’enseignement professionnel. Il est absurde de vouloir mettre une cloison étanche entre la vie professionnelle et la vie morale d’un individu ou d’une collectivité. L’enseignement professionnel, pénétré d’esprit chrétien est le seul qui mérite notre confiance et notre attachement. Et surtout que cet esprit chrétien soit véritablement, pratiquement, concrètement et activement social! Où sont allés les élèves sortis de nos écoles professionnelles libres? Si l’Ecole Professionnelle veut former des élèves sociaux, des convaincus et des meneurs ayant tout à-la-fois une formation religieuse, morale, sociale et technique, il faut que par des organismes appropriés, elle aide les jeunes à se préparer au rôle qu’ils devront remplir un jour dans les organisations d’adultes et dans leur atelier. Les sections de J. O. C., les sections syndicales et mutualistes, les sections d’épargne, les Cercles d’Etudes, sont indispensables dans ce but.
d) Nous croyons que l’enseignement professionnel doit être adapté aux besoins économiques du pays, qu’il doit être combiné avec une organisation méthodique de l’Orientation Professionnelle, afin de ne pas encombrer certaines industries au détriment des autres,
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1° que dans toutes les régions du pays soit organisé un enseignement professionnel facilement accessible aux jeunes gens;
2° que partout l’admission dans les écoles professionnelles soit subordonnée à un examen du sujet par un office d’Orientation;
3° que toutes les initiatives privées pour établir un enseignement professionnel adapté soient largement subsidiées par les industriels et par tous les pouvoirs publics;
4° que les heures de cours professionnels n’imposent pas aux élèves des veillées trop tardives et ne les empêchent pas le dimanche de pratiquer facilement leurs devoirs religieux;
5° que les patrons encouragent généreusement les efforts des adolescents qui persévèrent dans l’acquisition d’un enseignement professionnel complet, par l’extension des allocations familiales pour les élèves qui fréquentent les cours professionnels, par des gratifications et un régime favorisant ceux qui ont suivi les cours et surtout les diplômés, par des primes à ceux qui fréquentent les écoles industrielles du soir;
7° que les organisations professionnelles ouvrières créent des bourses d’études pour leurs membres dont les enfants fréquentent une école professionnelle chrétienne et qu’elles puissent faire valoir leur avis et apporter leur collaboration efficace pour tout ce qui regarde la création et l’amélioration des centres d’enseignement professionnel;
8° que toutes les sections de la J. O. C. par des enquêtes, des démarches, des conseils, des conférences aux parents et aux jeunes adolescents, des visites aux écoles professionnelles et autres, propagent partout les effets bienfaisants d’un enseignement professionnel, adapté aux exigences des jeunes ouvriers et pénétré d’un esprit chrétien et social;
9° que l’organisation nationale de J. O. C. soit en rapports suivis avec l’Université Libre du Travail pour l’extension de son mouvement dans toutes les écoles professionnelles libres du pays.
5. La Sécurité du Travail.
I. LES FAITS.
a) Nombreux sont les jeunes travailleurs qui sont victimes d’un accident de travail. Soit que le patron les occupe trop tôt au service des machines, soit que par suite d’inattention, de légèreté ou d’espièglerie ils soient blessés à l’un ou l’autre membre, soit que la durée excessive du travail, la fatigue exagérée d’un labeur au dessus de leurs forces les exposent plus facilement à un accident, un grand nombre de jeunes travailleurs sont des invalides précoces de l’armée travailleuse.
b) La loi sur les accidents de travail accorde une indemnité insuffisante à des adolescents, dont souvent tout l’avenir professionnel est compromis. Le manque d’organisation abandonne un trop grand nombre de jeunes travailleurs à une lutte inégale contre de puissantes sociétés
D’assurance.
c) Des blessures bénignes au début, ont souvent des suites graves par la négligence des soins immédiats. Il y a bien des boîtes de secours dans les ateliers, mais il y a peu de personnel capable de donner les premiers soins, et l’insouciance de l’âge aidant, la blessure n’est pas soignée, le médecin n’est pas consulté, la grangrène se met dans la plaie, et il fait recourir à une opération. C’est un invalide en plus.
d) Une lacune presque générale dans la solution de la question des accidents de travail, c’est l’absence de la rééducation professionnelle des accidentés. Un jeune homme incapable par suite d’un accident de travail d’exercer encore son ancien métier, pourrait fort bien, par une rééducation professionnelle adaptée, apprendre un nouveau métier, dans lequel il pourrait atteindre son plein rendement. Comme c’est plus digne et plus moral, qu’une indemnité insuffisante avec une occupation subalterne! On a vu les merveilles réalisées par la rééducation professionnelle des invalides de guerre. Tout jeune accidenté devrait être soumis à une orientation professionnelle nouvelle et pouvoir profiter d’une rééducation professionnelle adaptée à son état d’accidenté.
II. LES VOEUX.
Voilà pourquoi la J. O. C. demande :
1° que les mesures préventives contre les accidents de travail soient de plus en plus répandues et vulgarisées;
2° que les jeunes travailleurs soient de plus en plus éduqués en vue de la prévention contre les accidents de travail et en vue des premiers soins en cas d’accidents;
3° que la déclaration et l’examen de toute blessure quelque bénigne qu’elle soit, soient rendus obligatoires et que dans tout atelier ou usine un personnel diplômé puisse donner les premiers
soins aux accidentés;
4° que la loi sur les accidents de travail soit revisée dans le sens d’une indemnisation plus équitable des jeunes accidentés du travail en tenant compte de leur avenir plus ou moins compromis; et non pas uniquement de leur salaire souvent encore insignifiant;
5° que l’indemnisation définitive d’un jeune accidenté du travail, soit d’office soumise à un tribunal arbitral qui statuera sur chaque cas;
6° que tout jeune accidenté du travail soit d’office soumis à un examen de réorientation professionnelle et que l’occasion lui soit offerte, à charge de la société d’assurance, de réapprendre un nouveau métier;
7° que toutes les fédérations régionales de J. O. C. établissent un service de renseignements et d’assistance pour les jeunes accidentés du travail et que tous les cas soient signalés au Secrétariat Général de la J. O. C.;
8° que tout J. O. Ciste victime d’un accident de travail s’adresse immédiatement et avant de rien signer, à la Fédération Régionale de J. O. C. et à son organisation syndicale.
6. L’Hygiène et la Propreté du Travail.
I. LES FAITS.
a) A part des exceptions qui méritent tous les éloges, les ateliers et les usines de Belgique sont en retard pour tout ce qui regarde l’hygiène et la propreté. Nous ne parlons pas seulement de professions qui par suite des matières premières ou des procédés chimiques employés sont notoirement nocives à la santé des travailleurs. Pour ces industries surtout, les autorités publiques et les dirigeants industriels seraient gravement coupables, s’ils négligeaient les précautions à prendre contre les maladies professionnelles. Mais, en général les règles élémentaires de l’hygiène, tant pour la ventilation, l’aération, l’éclairage, l’aspiration des poussières, le nettoyage, le cubage des salles, leur chauffage, la protection contre l’humidité sont trop souvent négligées. Il semble parfois que la santé des travailleurs préoccupe peu certains dirigeants de l’industrie et que ceuxci estiment que les dépenses d’hygiène grèveraient outre mesure et inutilement les frais généraux des entreprises.
b) Des arrêtés royaux ont certes instauré et réglementé l’inspection médicale des jeunes travailleurs! Mais nos enquêtes démontrent l’impuissance de l’inspection médicale actuelle, malgré le dévouement de ses agents. La plupart des entreprises d’ailleurs n’ont aucun personnel diplômé pour la surveillance et l’application des mesures d’hygiène.
c) Que dire alors des conditions de malpropreté dans lesquelles la plupart des ouvriers sont encore obligés de travailler! Il y a beaucoup d’ateliers et d’usines où les lavoirs sont inconnus. Les ouvriers sont obligés de se laver, après des heures d’une besogne salissante, dans des seaux malpropres et avec de l’eau souillée. Pas de savon, pas d’essuie-mains, pas de lavabos. Dans la plupart des usines les bains-douches sont inconnus.
d) Les ouvriers changent de vêtement pour travailler. C’est plus commode et moins coûteux. Dans combien d’entreprises ne découvret-on pas le moindre vestiaire, la moindre armoire pour les vêtements?
e) Quant au repas, dans beaucoup d’ateliers les ouvriers le prennent sur le pouce, à côté de l’établi, près de la machine, dans la poussière et rafraîchir les dans la saleté, sans pouvoir se mains. Dans d’autres, les ouvriers se font chercher un peu de soupe ou de boisson dans un cabaret des environs ou chez la concierge. Dans d’autres, le personnel doit quitter l’usine pour s’engouffrer dans les cabarets des alentours ou pour s’adosser aux murs et s’asseoir sur les trottoirs et les talus. Peu de réfectoires, peu de locaux où la gamelle et le café peuvent être rechauffés. On peut compter sur les doigts les usines où les repas sont servis à tout le personnel.
f) Ce qui étonne dans presque toutes les usines belges, c’est l’état déplorable des W. C. Est-il admissible que nos ouvriers soient obligés de satisfaire des besoins intimes dans les endroits aussi répugnants?
g) Qui serait surpris après tout cela des défauts de notre classe ouvrière; de son manque de tenue, de distinction? Qu’on soumette à ce régime les adolescents des classes « dirigeantes » et l’on verra le résultat! Cette absence complète de propreté encourage les instincts vicieux et il ne faut plus s’étonner des souillures, des inscriptions souvent pornographiques, des dégradations apportées au matériel, aux murs et aux salles!
h) On ne peut pas s’étonner non plus de la résistance que des ouvriers, dont on a négligé l’éducation, opposent aux mesures d’hygiène et de sécurité que l’on tente d’introduire tardivement, du peu de soin qu’ils apportent à l’entretien des locaux et des appareils mis à leur disposition. Il faut remonter, comme nous l’avons fait, aux causes lointaines de cette situation et commencer l’œuvre de réforme par le commencement.
i) Si le manque de propreté est flagrant, on ne peut guère demander des essais d’embellissement, d’ornementations florales ou décoratives dans les salles, les cours, et les bâtiments d’usine. La laideur, la malpropreté et l’insalubrité, mettent une empreinte de malédiction sur certains lieux du travail, jusqu’à les faire ressembler à des prisons ou à des bagnes; quand la beauté, la prepreté, la salubrité devraient mettre un cachet riant et attrayant sur les sanctuaires où s’élaborent les perfectionnements apportés par le génie de l’homme, reflet de l’Intelligence créatrice, aux produits de la nature.
j) Mais jamais des initiatives patronales ou des mesures législatives n’auront un effet réel et bienfaisant, si elles ne sont pas combinées avec une éducation de plus en plus adaptée des jeunes ouvriers, faite au sein des organisations ouvrières spéciales. Dans aucun pays, un mouvement sérieux de prévention des accidents du travail, d’amélioration de l’hygiène et de la propreté, d’embellissement des locaux n’a pleinement réussi sans la collaboration intime des organisations ouvrières, qui ont le devoir de relever le niveau intellectuel et moral des travailleurs, de leur faire prendre des habitudes d’hygiène, de propreté, de tenue, de respect qui constituent des richesses autrement importantes que les salaires.
II. LES VOEUX.
Voilà pourquoi la J. O. C. demande :
1° que dans toutes ses sections des efforts inlassables soient tentés pour l’éducation hygiénique, esthétique et morale des jeunes travailleurs;
2° insiste pour que cette éducation soit toujours unie à l’organisation mutualiste des jeunes travailleurs;
3° fait appel à la collaboration des médecins, des techniciens et des artistes pour donner des conférences avec films et projections lumineuses et pour aider à la décoration des locaux et des salles de réunion et à l’élaboration des programmes de fêtes et de soirées éducatives et récréatives et artistiques;
4° demande que les organisations patronales et ouvrières collaborent à l’amélioration hygiénique de tous les services d’hygiène, de propreté et de confort nécessaires (bains – lavoirs – vestiaires – réfectoires, W. C.) et à l’éducation hygiénique, esthétique et générale de la masse ouvrière.
5° proteste contre l’inobservance des arrêtés royaux sur la visite médicale et insiste pour que des sanctions sévères soient prises contre les coupables;
6° insiste pour que tous les moyens soient mis en œuvre afin que l’opinion publique comprenne l’importance que les mesures d’hygiène, de propreté et de confort ont pour le relèvement intégral de la classe ouvrière et que l’opinion publique poursuive de sa réprobation effective les responsables de toutes les causes de dégradation de la jeunesse ouvrière.
7. La Pudeur au Travail.
I. LES FAITS.
a) L’habitude de la malpropreté et l’absence de tenue sont déjà par elles-mêmes des atteintes à la dignité morale, désastreuses pour le jeune ouvrier. Que dire alors de la promiscuité révoltante qui règne dans certaines usines, où jeunes gens et jeunes filles se déshabillent dans les mêmes salles, sont laissés sans surveillance pendant les repas et les repos, assistent à des scènes de provocation inimaginables, sont initiés brutalement à toutes les perversions? Certaines cours et salles d’usines, les environs de certaines usines, les salles d’attente, les quais et les environs de certaines gares sont des occasions de débauche pour un grand nombre de jeunes ouvriers.
b) Nous parlerons dans un autre chapitre de l’éducation sentimentale de la jeunesse ouvrière. Nous voulons insister ici sur les circonstances extérieures qui tuent lentement, mais surement toute pudeur et toute réserve. Les circonstances relatives au travail jointes à celles du logement et des lieux de plaisirs sont les causes les plus habituelles du débraillé, de l’immoralité, de la brutalité et du cynisme dans l’étalage de l’instinct sexuel et du vice impur.
II. LES VOEUX.
Voilà pourquoi la J. O. C. demande :
1° que toutes les promiscuités, les négligences, les provocations soient sévèrement prévenues, tant dans le logement que pendant le travail, les trajets et les repos, de manière à sauvegarder la pudeur et la réserve des adolescents et des adolescentes salariés;
2° que les autorités industrielles et les administrations publiques comprennent que la pudeur des jeunes gens et des jeunes filles de la classe ouvrière est aussi sacrée que celle de la jeunesse des autres classes et que tolérer le manque de réserve et de pudeur à leur égard est un crime social qui reçoit dans la dépravation des mœurs un terrible châtiment;
3° que toutes les sections de J. O. C. s’efforcent de dénoncer sans scrupule et sans respect humain les atteintes à la pudeur et à la réserve de l’adolescence ouvrière et tâchent par tous les moyens de préserver cette fleur de l’innocence qui est la meilleure garantie de la force morale.
4° que les organisations ouvrières d’adultes insistent auprès de leurs membres afin que les jeunes travailleurs soient plus respectés dans leur pudeur.
8. La Durée du Travail.
I. LES FAITS.
a) La durée du travail des adolescents doit être proportionnée à leur âge et à leur force. Les adolescents sont tous des apprentis, et de même qu’on ne prolonge pas outre mesure la durée des études journalières des jeunes gens, on ne peut prolonger jusqu’à la mesure des adultes, le travail des adolescents. A l’heure actuelle, il semblerait, à voir ce qui se pratique, qu’il ne faille pas faire de distinction entre la durée du travail d’un homme de trente ans et celle d’un adolescent de 14 et de 15 ans. Il existe encore des usines où à certaines périodes des adolescents font des journées de travail de 14 et même de 16 heures, sans compter les heures de trajet avant et après le travail.
b) Les heures de travail doivent aussi tenir compte de la nécessité de procurer à tous les jeunes gens salariés des facilités pour assister à des cours d’enseignement professionnel, et même à des réunions d’éducation générale, physique, morale et sociale. Le système du travail par équipes finissant à des heures tardives est sous ce rapport préjudiciable à beaucoup de jeunes gens, ceux-ci ne pouvant assister que très irrégulièrement à des cours ou à des réunions, se découragent et abandonnent l’école ou l’organisation.
II. LES VOEUX.
Voilà pourquoi la J. O. C. demande :
1° que la réglementation de la durée du travail des adolescents soit fixée par des commissions paritaires, dans lesquelles la J. O. C. doit obtenir une voix consultative, en tenant compte de l’âge, de la difficulté du travail, et du besoin d’éducation des adolescents salariés;
2° que sous aucun prétexte le travail des adolescents ne se prolonge au delà de huit heures et qu’il soit réglé de telle sorte que les soirées soient, autant que possible, libres pour les cours et les séances éducatives;
3° que les sections de J. O. C. étudient les moyens de fournir aux jeunes salariés des industries où l’on travaille à trois équipes, les occasions nécessaires de formation intellectuelle et morale.
9. Travail de Nuit et du Dimanche.
I. LES FAITS.
a) Il est aisé de constater les effets nuisibles du travail de nuit et du dimanche, surtout pour les adolescents et pour les jeunes gens. Au point de vue de la moralité et de la santé, fatalement, il a des suites funestes, à cause du relâchement de la surveillance, de l’irrégularité de la vie et de l’absence de plus en plus grande de réconfort spirituel.
b) Le travail de nuit ne pourrait en aucun cas être toléré avant seize ans, et le travail du dimanche et des fêtes religieuses légales ne devrait être permis que dans des cas de nécessité, tout à fait exceptionnellement et seulement à condition que toutes facilités soient données aux ouvriers d’assister à la Messe et de participer à la Communion.
II. LES VOEUX.
Voilà pourquoi la J. O. C. demande :
1° que l’enquête sur le travail de nuit et du dimanche soit menée vigoureusement par toutes les sections et qu’une attention spéciale soit accordée aux effets moraux et hygiéniques du
travail de nuit et du dimanche.
2° qu’une propagande intense soit entreprise pour éclairer l’opinion publique sur les dangers du travail de nuit et du dimanche en particulier pour les jeunes ouvriers;
3° que la législation en vigueur sur le travail de nuit et du dimanche soit appliquée et sanctionnée plus sévèrement;
4° que le travail de nuit soit interdit à tous les jeunes gens âgés de moins de 16 ans en supprimant toutes les dérogations;
5° que le travail du dimanche ne soit toléré qu’en cas de nécessité véritable reconnue de commun accord entre les organisations patronales et ouvrières et qu’il soit organisé de telle façon à permettre à tout travailleur de participer aux offices religieux et d’approcher de la Table
Sainte.
10. Les Travaux Pénibles et Dangereux.
I. LES FAITS.
a) Il existe une loi sur l’interdiction des travaux pénibles et dangereux et sur l’emploi des mesures d’hygiène dans certaines industries. Malheureusement l’application de pareilles lois suppose une inspection vigilante et suffisamment étendue. Or, en Belgique, le nombre et les pouvoirs des inspecteurs du travail sont insuffisants. Combien d’adolescents voient leur santé ébranlée et leur avenir compromis par un travail précoce, exagéré pour leur âge et pour leurs forces physiques. C’est du blé coupé en herbe! Les organisations ouvrières devraient coopérer plus largement à la surveillance de pareils travaux.
b) A côté des travaux trop pénibles et dangereux pour le corps, il en est d’autres funestes pour l’âme. Les métiers de grooms, chasseurs, porteurs de télégrammes ne sont pas assez surveillés. Et combien d’adolescents de 14, 15 et 16 ans sont initiés à toutes les perversions de notre société moderne dans certains hôtels, restaurants, cafés, bars, et maisons de nuit, où leurs fonctions les appellent.
c) Que dire alors de l’emploi d’enfants dans les théâtres, les cafés-concerts, les salles de spectacles? Il existe là des centaines de malheureux voués dès l’âge le plus tendre à la débauche et à la prostitution. Comment stigmatiser l’inconscience des Pouvoirs Publics, qui permettent ce sacrifice injustifiable à la curiosité malsaine de spectateurs et à l’amusement stupide de viveurs et de noceurs. Aucune protestation ne sera assez violente contre l’abaissement moral de notre Société moderne.
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1° Une application plus rigoureuse de la loi sur les travaux pénibles et dangereux;
2° Une inspection mieux organisée pour la protection de l’adolescence salariée;
3° une participation plus effective des organisations ouvrières dans l’inspection de ces travaux pénibles et dangereux;
4° préconise une propagande plus intense contre les emplois de grooms, chasseurs, porteurs de télégrammes, commissionnaires, garçons de courses;
5° exige l’interdiction absolue de l’exhibition des enfants et des adolescents dans les théâtres, cafés-concerts, salles de spectacles et une police plus sévère dans ces lieux de plaisirs.
II. Le Salaire des Adolescents.
1. LES FAITS.
a) On énonce des idées étranges et contradictoires sur les salaires payés aux adolescents. Il suffit de comparer des salaires payés à 14, 15, 16 et 17 ans pour voir qu’il n’y a pas de rapport entre la capacité du travailleur et sa rénumération. Il est à remarquer que les caisses de compensation excluent, sans distinction, du calcul des allocations familiales, les adolescents salariés, sans se préoccuper suffisamment de la répercussion de cette règle sommaire et uniforme sur la formation professionnelle des fils de familles nombreuses. Quant à la fixation des taux des salaires aux adolescents ou bien il n’existe pas de convention collective ou bien les conventions collectives ne sont guère observées.
b) Les jeunes gens changent de patron ou de métier pour gagner 5 ou 10 centimes de plus à l’heure. Et comme les différences de salaires sont souvent très notables sans avoir aucun rapport avec les connaissances requises ou l’effort fourni, les changements sont vraiment déroutants. Tel qui apprenait un métier qualifié devient garçon de courses pour un gain immédiat plus élevé. Nous savons que toutes les réglementations de salaires sont difficiles, surtout pour les adolescents. Mais pourtant il est inadmissible que les patrons puissent attirer des adolescents de 14 à 17 ans, uniquement par un appât d’argent, dont les adolescents abusent d’ordinaire, en sacrifiant souvent tout leur avenir. N’y a-t-il pas là un abus criant, quand il s’agit de mineurs qui sont encore presque des enfants?
c) Voilà pourquoi, nous pensons que la question du salaire, comme toutes les autres questions intéressant les jeunes ouvriers, devrait faire l’objet de conventions collectives entre organisations patronales et ouvrières à l’occasion desquelles l’organisation générale de Jeunesse Ouvrière devrait pouvoir exposer son avis. C’est, croyonsnous, conformément aux anciennes traditions corporatives et syndicales, dans la limitation du nombre des jeunes gens qu’un patron peut employer, que l’on doit trouver la solution de ces graves problèmes.
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1° que la fixation des salaires des adolescents salariés ainsi que toutes les autres questions qui s’y rapportent soient réservées à des commissions paritaires, formées par les organisations patronales et ouvrières;
2° que l’organisation générale de la J. O. C. puisse exposer le point de vue de la jeunesse salariée pour la solution de toutes les questions qui influencent grandement l’avenir des adolescents;
3° que l’on examine s’il ne conviendrait pas d’interdire l’emploi de jeunes gens de moins de 21 ans dans les industries et commerces qui ne peuvent leur donner aucune formation professionnele;
4° que l’on examine s’il serait utile de limiter à une fraction du nombre des ouvriers adultes, le nombre des jeunes ouvriers de moins de 21 ans, tout au moins dans certaines professions.
12. La Situation des Jeunes Employés.
I. LES FAITS.
a) Bien des plaintes s’élèvent sur la situation des jeunes employés. Ce n’est pas parce qu’ils portent un faux-col et parfois des manchettes, qu’ils ont des vêtements plus soignés ou travaillent dans des bureaux, qu’il faudrait les regarder comme l’aristocratie du monde du travail. Hélas, bien des parents se trompent quand ils préfèrent voir leur fils exercer un emploi de gratte-papier, plutôt qu’une profession qualifiée.
b) Et certaines écoles rendent un mauvais service aux parents et aux jeunes en poussant ceux-ci vers des emplois mal rémunérés et sans aucun avenir. Une préparation insuffisante est une cause fréquente de misère noire pour des jeunes gens qui préférèrent des mains intactes à des mains calleuses.
c) Trop d’adolescents trouvent un emploi subalterne à la fin de leurs études primaires sans même avoir passé par l’office d’orientation professionnelle. Beaucoup ne suivent pas même des cours techniques. Ils se contentent d’un peu de sténographie, ou de dactylographie sans même connaître l’orthographe. De là ces emplois de copistes, de classeurs, d’aides-facturiers et autres occupations qui n’exigent que peu d’intelligence et de discernement.
d) Les traitements mensuels inférieurs à trois cents francs ne sont pas rares. L’encombrement de la profession n’en est-il pas la cause? Que d’amateurs pour des places mal rétribuées où l’on n’apprend rien! Ajoutez-y les heures supplémentaires non payées, parfois même le travail du dimanche, les besognes emportées à domicile, et l’on plaindra amèrement les jeunes forçats de la plume pour lesquels il n’y a guère de perspective d’avancement et d’avenir.
e) Beaucoup se trompent également en pensant que le milieu employé est plus moral que le milieu ouvrier. Hélas, combien les preuves du contraire sont nombreuses! La promiscuité des jeunes gens et des jeunes filles, celles-ci souvent en toilettes provocantes, les gravures qui couvrent les murs, les conversations de certains aînés font que certains bureaux sont pires que des ateliers!
II. LES VOEUX.
Voilà pourquoi la J. O. C. demande :
1° qu’aucun jeune homme ne se destine à la carrière d’employé sans avoir passé par un office d’orientation professionnelle et sans avoir reçu une préparation générale et professionnelle suffisante;
2° que tous les jeunes employés continuent à parfaire leur formation générale et professionnelle en suivant des cours qui leur garantissent les connaissances nécessaires à un avancement progressif;
3° que les heures supplémentaires et le travail du dimanche soient sévèrement défendus aux jeunes employés pour leur permettre de suivre les cours de perfectionnement;
4° que tous les groupes de J. O. C. s’appliquent à développer chez les jeunes employés l’esprit syndical aussi nécessaire pour eux que pour les jeunes ouvriers;
5° qu’un esprit de franche camaraderie unisse tous les jeunes employés aux autres jeunes salariés dans tous les groupes de J. O. C. afin d’intensifier chez tous l’entr’aide et la solidarité;
6° qu’un effort spécial soit tenté pour former la conscience morale et développer l’esprit religieux des jeunes employés!
IV. LE ROLE EDUCATIF DES GROUPEMENTS DE J. O. C.
1. L’organisation des Jeunes Travailleurs.
I. LES MOTIFS.
a) La J. O. C. estime que le problème de la formation morale, religieuse, sociale et professionnelle de la masse des jeunes travailleurs est insoluble sans une organisation nationale puissante, qui groupe tous les jeunes travailleurs dès la sortie de l’école, qui les tire de l’isolement et de l’abandon; qui les aide à se former, à se défendre et à se protéger; qui veille à leur tutelle au travail, en route vers le travail, au retour du travail; qui supplée à la famille absente ou défaillante, par l’influence reconnue et méritée de l’association des jeunes travailleurs unis entr’eux; qui puisse étudier tous les problèmes posés par la vie et par le travail des jeunes ouvriers; qui puisse être le mandataire reconnu de l’Adolescence Salariée auprès des patrons, auprès des autorités publiques et auprès des organisations ouvrières; qui contribue à créer tous les services nécessaires à l’éducation, à la sauvegarde et à la défense des jeunes travailleurs.
b) Sans organisation puissante des jeunes travailleurs, pas de formation morale, religieuse et sociale, adaptée à leur âge, à leur mentalité et à leurs besoins; pas de tutelle et de protection efficace; pas de solution définitive à tous les problèmes posés par l’âge, par le travail et par la vie des jeunes travailleurs.
Cette vérité paraîtra évidente à tous ceux qui veulent étudier la situation actuelle de la jeunesse salariée. Les pouvoirs publics sont impuissants à sauvegarder et à former la masse des jeunes salariés, si ceux-ci restent isolés, éparpillés, abandonnés à eux-mêmes. Les patrons avec l’organisation existante de l’industrie et du commerce, ne pourraient assumer la responsabilité de l’éducation générale, ni de l’éducation professionnelle qui reste à parfaire après l’école. Les organisations ouvrières d’adultes ne disposent pas d’éducateurs spécialisés pour assumer la tâche immense de la formation intégrale de l’adolescence salariée.
c) D’ailleurs, il n’y a qu’une méthode d’éducation vraiment efficace, vraiment adaptée à l’âge, à la mentalité, aux besoins des jeunes salariés : c’est celle de leur organisation spéciale, dans laquelle entr’eux, par eux et pour eux, ils collaborent eux-mêmes à leur propre formation, s’initient progressivement à la pratique de la responsabilité, du dévouement, de la générosité et de la coopération fraternelle. Dans leur organisation, ils apprennent à consentir librement la discipline nécessaire, s’exercent à l’autorité sur leurs compagnons de travail, prennent conscience de leurs devoirs et de leurs droits; acquièrent la juste notion de leur dignité, de leur valeur; se forment une conscience professionnelle concrète par la discussion des circonstances journalières de leur travail et de leur vie; se préparent à leurs responsabilités familiales et civiques futures, par l’étude loyale de la morale catholique, qui leur explique la portée sublime de leurs besoins d’affection, d’amitié et d’amour et qui leur inculque avec le respect d’eux-mêmes, le respect de celles qui seront leurs fiancées et leurs épouses de demain, capables et dignes d’être les mères et les éducatrices de leurs enfants. Dans leur organisation, ils trouveront l’occasion propice des amusements honnêtes, des distractions saines, des divertissements variés qui serviront en même temps à leur éducation.
d) Toute la formation que les jeunes salariés doivent recevoir dans l’organisation, loin d’être verbale, livresque ou purement théorique résultera beaucoup plus des actes que le fonctionnement de l’organisation oblige à poser librement, des habitudes qu’elle fait contracter consciencieusement, des services qu’elle met sur pied et auxquels tous collaborent, des réunions, des fêtes, des excursions, des manifestations auxquelles elle convie ses membres qui doivent leur donner la vie, l’animation et le succès désiré.
Toute l’organisation de la jeunesse ouvrière, avec ses secrétariats, ses salles de réunions, ses services d’orientation professionnelle, d’épargne, de mutualité, avec ses sections syndicales, ses cercles d’études, ses journaux, son insigne, ses cotisations, avec ses comités et ses congrès, forme une mentalité et une opinion, un courant d’idées, exerce une influence et un prestige, travaille sur l’imagination, crée enfin une atmosphère, une émulation et surtout une psychologie de la masse, grâce auxquelles les jeunes salariés ont plus de confiance, acquièrent plus d’audace, se surveillent davantage et se sentent plus soutenus, plus compris, plus aimés. Les exemples de cette bonne influence de l’organisation sont déjà nombreux et ils apparaîtront au grand jour dès que l’organisation aura acquis une force qui s’imposera.
e) Voilà pourquoi il faut assurer jalousement l’unité de cette organisation Nationale de la jeunesse ouvrière : cette unité est la condition indispensable de la puissance, de l’efficacité, de la compétence et de l’autorité d’un pareil groupement.
f) Certes cette organisation, quoique formant un tout vivant autonome, dont toutes les parties sont reliées entr’elles et dirigées par les jeunes travailleurs eux-mêmes, n’en fera pas moins partie intégrante du mouvement ouvrier chrétien, auquel elle se ralliera intimement à tous les degrés, local, régional et national, et dont elle reconnaît l’autorité pour la fixation du programme ouvrier chrétien, et pour l’organisation de tous les services financiers, économiques, mutualistes et syndicaux intéressant la classe ouvrière. Une des tâches les plus urgentes de l’organisation ouvrière de la jeunesse est de rendre les jeunes travailleurs conscients de leurs devoirs de solidarité vis-à-vis de tous les membres de la classe ouvrière et de les préparer au rôle important qu’ils auront à jouer plus tard dans les organisations ouvrières d’adultes.
g) Pous nous, catholiques, la formation et la protection intégrale des jeunes ouvriers n’est qu’une des formes multiples de l’Action Catholique, et à ce titre elle dépend directement et complètement de l’Autorité Religieuse. Les jeunes travailleurs catholiques; dans leurs efforts collectifs de formation et de protection intégrale, reconnaissent donc absolument l’autorité souveraine de l’Eglise et se soumettent filialement aux représentants de l’Autorité Religieuse mandatés auprès de leur organisation.
h) Dans leur désir ardent de s’unir étroitement à l’action catholique de toute la jeunesse, à quelque condition qu’elle appartienne, et dans leur Souci loyal d’appliquer en tout et partout la doctrine de collaboration des classes, ils s’affilient à l’Association Catholique de la Jeunesse Belge, dont ils acceptent les statuts et règlements et à la vie, à l’activité et à la propagation de laquelle ils entendent participer fraternellement.
II. LES VOEUX.
La J. O. C. veut être l’organisation nationale unique des jeunes travailleurs catholiques de Belgique et dans ce but elle demande :
1° que toutes les précautions soient prises pour sauvegarder l’unité et l’autonomie de cette organisation;
2° que les autorités religieuses aident efficacement la J. O. C. par leur direction, leurs conseils et leur appui dans son œuvre de formation et de protection intégrale des jeunes travailleurs;
3° que l’enquête générale sur l’adolescence salariée soit menée avec diligence parce qu’elle mettra plus pleinement en lumière la raison d’être de la J. O. C. et permettra de perfectionner ses méthodes et ses moyens d’action;
4° que les élèves de dernière année de toutes les contact avec les écoles catholiques entrent en sections de la J. O. C.;
5° que tous les élèves des écoles professionnelles libres deviennent des membres fidèles de J. O. C.;
6° que les patronages, les boy-scouts, les gymnastiques et toutes les organisations de jeunesse catholique fassent une propagande intense pour grouper tous les jeunes travailleurs dans les rangs de la J. O. C.
7° que dans toutes les paroisses une section de J. O. C. soit créée au sein de l’association paroissiale d’A. C. J. B.;
8° que tous les parents soutiennent par leur sympathie et leur autorité l’action de la J. O. C. sur leurs enfants;
9° que tous les patrons comprennent la nécessité de l’organisation des adolescents salariés, qu’ils reconnaissent l’importance de la J. O. C. pour la formation et la protection de la jeunesse ouvrière et qu’ils acceptent de traiter avec elle pour tous les problèmes de la sauvegarde morale, de la formation professionnelle et de la tutelle sociale des jeunes travailleurs;
10° que les organisations ouvrières d’adultes proclament dans toutes leurs réunions la nécessité pour les jeunes travailleurs de s’affilier aux sections de J. O. C.;
11° que tous les pouvoirs publics reconnaissent la mission bienfaisante et la portée sociale de l’œuvre entreprise par la J. O. C., qu’ils la soutiennent par leur sympathie et qu’ils lui accordent leur appui moral et matériel; qu’ils la considèrent comme la représentante de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne et qu’ils veuillent traiter avec elle pour tout ce qui regarde la formation et la protection des jeunes travailleurs.
2. La Formation Intégrale des Jeunes Travailleurs.
A. Nécessité de la formation post-scolaire.
La J. O. C. vise avant tout la formation intégrale des jeunes travailleurs. Une œuvre qui ne servirait qu’à amuser ses membres ne serait guère une œuvre sociale. Les jeunes travailleurs euxmêmes doivent comprendre petit à petit et de mieux en mieux qu’à 14 ans, quand ils quittent l’école, ils ne sont pas formés. L’instruction qu’ils ont reçue à l’école primaire est vite oubliée si elle n’est pas entretenue et complétée. Les parents et tout le grand public doivent comprendre de plus en plus que l’instruction primaire jusque 14 ans est inopérante et souvent nocive, si les jeunes après 14 ans, n’apprennent pas à utiliser pour leur plus grand bien les connaissances qu’ils ont acquises à l’école. A 14 ans, le jeune homme commence à juger par lui-même, à développer sa personnalité, à chercher une explication aux questions nouvelles que lui posent son âge, sa croissance, sa curiosité. Il cherche à satisfaire d’une bonne ou d’une mauvaise façon les besoins nouveaux qu’il ressent en lui, et en particulier son besoin d’amitié et d’affection. Il se fixe un but à atteindre dans la vie. C’est l’âge de la vraie formation, car l’enfance n’était qu’une préparation lointaine à cette formation. Cette formation ne peut être abandonnée au hasard des rencontres, des lectures, des camaraderies, des fréquentations. Elle ne peut être livrée à toutes les sources d’informations que fournissent au jeune homme les exemples de ses compagnons, leurs conversations, la promiscuité de l’atelier. Seul, le jeune travailleur est impuissant à discerner et à résister, et les impressions ressenties par son organisme lui font souvent contracter des habitudes vicieuses. Il faut inculquer à l’adolescent de 14 ans l’ambition de parfaire normalement sa formation, de la parfaire avec un guide éclairé et sous un contrôle garanti. Il faut surtout au jeune salarié de 14 ans, cette fierté de développer toutes les facultés si belles que l’école aurait dû lui faire entrevoir en lui. Il faut provoquer en lui cette émulation avec les jeunes gens de son âge, qui plus heureux que lui, peuvent consacrer toute leur adolescence et leur jeunesse à se former intégralement. Sa qualité de jeune travailleur, loin de diminuer son désir de formation, doit au contraire l’intensifier. Apprenons-lui à connaître les jeunes travailleurs qui à force d’énergie sont parvenus à se donner une formation générale et scientifique qui en a fait des inventeurs, des conducteurs d’hommes, des hommes d’Etat éminents! L’exemple de ces « self made men » devrait être plus connu de nos jeunes ouvriers et dans nos réunions comme dans nos revues de jeunesse, il faudrait publier leur vie et leurs efforts. La collaboration normale entre l’école et l’organisation générale des jeunes travailleurs doit procurer petit à petit à la masse des adolescents salariés les moyens faciles de formation intégrale et fournir aux éléments exceptionnellement doués et méritants les ressources nécessaires pour acquérir une formation supérieure et s’avancer au premier rang des chefs du peuple, des savants, des industriels; mieux encore, pour s’élever vers la sainteté et vers l’apostolat, si Dieu les y invite par sa grâce.
B. Formation intellectuelle.
C’est dans les cercles d’études, dans les cours généraux du soir, par les lectures, qu’il faut provoquer ce développement du jugement sain, cette curiosité éveillée pour les sciences et pour les questions vitales qui intéressent la conduite, la vie, le travail, et la destinée du jeune travailleur. Il doit apprendre à découvrir sous le camouflage de certains mots sonores le vide de la pensée. Il faut lui infuser cette avidité des connaissances d’histoire, de géographie, de technique et de sociologie qui élargissent l’horizon de la vie. La joie de connaître, de découvrir, de chercher doit remplacer en lui les jouissances inférieures. Il y a tant de ressources intellectuelles dans nos jeunes travailleurs; mais il faut concrètement, méthodiquement doser l’apprentissage intellectuel à ces jeunes facultés. Par des questions bien préparées, il faut amorcer la curiosité, éveiller la recherche et la guider. Trop de nos jeunes travailleurs s’abêtissent à l’heure présente dans les cinémas, par des romans stupides, par des nouvelles sportives sensationnelles. La formation intellectuelle de tous nos jeunes travailleurs est un grand apostolat social. Heureuses les communes et les paroisses où quelques chefs de file ne reculent devant aucun sacrifice pour l’entreprendre et y persévérer! Toutes les collaborations doivent être demandées dans ce but et les moyens les plus modernes doivent être mis en œuvre, pour attirer les jeunes travailleurs.
C. Education esthétique.
A cette formation intellectuelle se rattache immédiatement l’éducation esthétique. Qu’on ne pense surtout pas que celle-ci est un luxe, ou qu’elle soit impossible auprès de la masse! Ce n’est certes pas l’œuvre d’un jour; mais quel résultat splendide ne pourrait-on pas en attendre pour le relèvement intégral de la jeunesse ouvrière! Toutes les richesses artistiques de nos musées, de nos monuments, toutes les beautés de nos régions si pittoresques, les trésors de la véritable littérature, comme la joie de la belle musique échappent à la masse de notre jeunesse ouvrière, qui a des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne pas entendre, parce que jusqu’à présent des efforts méthodiques n’ont pas été entrepris pour former le goût des jeunes gens.
D. Formation morale.
Si la formation intellectuelle est primordiale, la formation morale en est le complément indispensable. Or, cette formation leur fait actuellement entièrement défaut.
Et pourtant leur âge et leurs conditions de travail et de vie augmentent encore cette nécessité. A quels dangers de démoralisation ne sont-ils pas continuellement exposés! La vertu leur apparaît souvent comme une peur, une lâcheté, une dépendance, un lien, un frein. De là une certaine admiration pour les forts-en-gueule, les batailleurs, les coureurs de filles. Le vice leur apparaît comme une crânerie et l’irréligion comme une indépendance.
On se plaint de manque de conscience professionnelle et même de conscience sociale chez les jeunes. Les théories les plus subversives trouvent actuellement de l’écho auprès d’eux. Et c’est souvent par un côté généreux que ces théories provoquent l’enthousiasme. Les jeunes restent désarmés devant ces prédicateurs d’une morale sociale nouvelle.
Il en est de même de toute l’éducation de la chasteté. Dans les milieux de jeunes ouvriers il serait criminel de taire les dangers moraux auxquels les jeunes gens sont exposés. Hélas, combien, dès l’âge le plus tendre, sont déjà contaminés par le vice impur! Il devient difficile de prévenir le mal tellement il est précoce. Il ne faut rien connaître des ateliers, des conversations, des amusements des jeunes gens pour prétendre que sans une forte formation morale un jeune homme ouvrier et une jeune ouvrière peuvent y résister. Et l’expérience prouve que le plus sûr moyen de les sauver, c’est de leur apprendre à sauver les autres. Quand on est parvenu à leur inculquer cette ambition forte et irrésistible, ils résistent aux milieux les plus corrompus.
Une formation morale véritable doit d’abord leur donner la conscience vive et vraiment vécue de leur dignité éminente, de leur valeur souveraine comme hommes et comme chrétiens. Il faut enlever entièrement à la masse aussi bien qu’à l’élite de la jeunesse ouvrière ce sentiment de son infériorité qu’elle acquiert lentement par les conditions déplorables de sa vie et de son travail; il faut extirper chez elle par des efforts inlassables ce sentiment d’impuissance et de fatalisme, ce défaut de confiance et d’audace qui la paralyse et la dégrade. Les jeunes ouvriers et les jeunes ouvrières doivent comprendre et sentir qu’ils valent autant que les jeunes messieurs et les jeunes demoiselles de n’importe quelle condition sociale, et que s’ils se conduisent dignement, s’ils luttent contre les faiblesses, les tentations et les passions, ils valent plus que tous les jeunes déœuvrés qui tuent le temps dans l’oisiveté et dans le jeu. Il faut leur donner la compréhension exacte de leur véritable destinée; il faut leur inculquer le sens de leur liberté et de leur responsabilité; il faut faire un appel incessant à leur énergie, à leur audace, à leur aspiration à une vie supérieure; il faut leur inspirer confiance en eux-mêmes; en leurs efforts personnels, en leurs initiatives, et en leur activité. Pour cela ils doivent sentir que nous les apprécions, les respectons et les aimons; que nous avons confiance en eux, et que c’est d’eux que nous attendons le relèvement et le salut de la classe ouvrière. Nous ne devons pas hésiter à dénoncer les abus criants qui atrophient leur pudeur, leur délicatesse, leur moralité : la malpropreté des W. C., l’exiguité des logements et la promiscuité des trains ouvriers. Et pour que nos actes soient en rapport avec nos paroles aussi souvent qu’ils le pourront, le Cercle d’Etudes et le groupement de J. O. C. par des plaintes, des requêtes, des protestations, des meetings, feront la guerre aux abus scandaleux.
Cette formation morale ainsi comprise sera aussi positive, aussi active que possible. Elle fournira aux jeunes ouvriers et aux jeunes ouvrières, l’occasion d’agir moralement, de se former moralement, d’acquérir des habitudes et des vertus morales; elle éveillera en eux le désir de plus de formation, le besoin de sincérité; elle leur apprendra le dévouement et l’esprit de sacrifice; elle les guidera vers les jouissances saines, honnêtes et dignes; elle leur inspirera le sens de la beauté et la véritable distinction.
Un rôle passif, de simples leçons théoriques ne donnent pas une telle formation morale : toute l’organisation, les œuvres et la vie de la J. O. C. doivent y contribuer. Les jeunes ouvriers et les jeunes ouvrières découvriront ainsi les devoirs qu’ils ont vis-à-vis d’eux-mêmes devoir de développer harmonieusement leurs facultés physiques et intellectuelles, devoirs de tempérance, d’économie, de prévoyance, de maîtrise de soi et de renoncement; ils apprendront concrètement leurs devoirs vis-à-vis de leurs parents, de leurs supérieurs, de leurs compagnons de travail, de leurs compatriotes et de leurs contemporains. L’exposé de chacun de ses devoirs sera illustré toujours des exemples par des exemples et sera accompagné de la mise en pratique dans leur vie personnelle de cette doctrine morale spéciale.
Il ne suffit donc pas de dire qu’ils doivent éviter le mal, et faire le bien. A propos de chaque acte, à propos d’une conduite déterminée, à la maison, à la rue, à l’atelier, partout, il faut montrer aux jeunes ouvriers et aux jeunes ouvrières pourquoi cet acte et cette conduite sont bons ou mauvais. Les sanctions éternelles ne sont pas une raison suffisante. Pour chaque cas, il faut expliquer l’essence du mal et du bien, sa conformité et sa non-conformité avec la nature et la destinée humaine, il faut montrer les conséquences immédiates, physiques et intellectuelles de tel acte et de telle conduite.
Si nous insistons tellement sur l’énoncé des devoirs moraux, il ne faut pas en conclure que l’exposé des droits moraux ne doit pas prendre une place égale dans la formation morale de la jeunesse ouvrière. Dans la pratique, les deux notions corrélatives droit et devoir doivent apparaître inséparables aux yeux de tous et la Morale Catholique qu’on inculquera à la J. O. C. par son unité, sa logique, et son admirable transcendance doit être capable de lui faire répéter le cri enthousiaste qui termine la déclaration publiée par la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens : « Pour que le salut vienne malgré tout, promettons-nous, travailleurs de la C. F.
T. C. que nous nous attacherons, avec une énergie inlassable, à remplir généreusement les devoirs qui nous incombent dans la profession et dans la société, à promouvoir l’ordre chrétien, seul capable de réaliser la paix dans la justice, à demeurer au combat quelles qu’en soient les péripéties, jusqu’à la victoire ou jusqu’à l’holocauste! » Alors les jeunes auront l’ambition d’introduire dans la production comme dans toute la société cet ordre chrétien qui protège les droits de tous et inculque à chacun ses devoirs. La morale apparaîtra alors comme l’âme et l’inspiratrice d’un ordre social meilleur.
Il est vraiment inouï que dans certains cercles d’études, dans certains groupements des jeunes ouvriers et des jeunes ouvrières on ne parle pas d’éducation sentimentale, de rapports entre jeunes gens et jeunes filles, de fréquentation, de fiançailles et de mariage. Les fréquentations et les fiançailles doivent perdre leur réputation de péchés fatals. Combien de jeunes gens et de jeunes filles restent ou redeviennent chastes et chrétiens, parce qu’au cercle d’études ou dans des conversations particulières on leur donne une conception noble et élevée de l’amour, de l’affection, de l’estime et de la confiance réciproques qui seules produisent et garantissent la force, le soutien et la fidélité. Au Cercle d’Etudes, au groupement de la J. O. C., on organise de petites fêtes, des réunions intimes et réconfortantes à l’occasion des fiançailles et du mariage des membres et des anciens membres. Quand alors, aux jeunes gens comme aux jeunes filles, on parle de leur futur mariage, de leur futur foyer, de leurs futurs enfants, quand on leur dit qu’ils peuvent, qu’ils doivent être fiers devant tous; quand on insiste pourqu’ils aient un intérieur propre, confortable, gai et réconfortant: quand on explique que nos prêtres doivent pouvoir s’y sentir chez eux, s’y asseoir à la table de famille, les visiter plus volontiers que les plus riches familles, comme tous restent recueillis et émus! Plus personne ne badine, ne sourit et tous comprennent la beauté, la valeur de l’amour, de la vertu et de la vie chrétienne!
Une telle formation morale suppose qu’elle soit reliée intimement à la formation générale, religieuse, professionnelle et même esthétique des jeunes ouvriers et des jeunes ouvrières. Pas de cloisons étanches entre les différentes formations! Nous voulons une classe ouvrière, plus belle, plus distinguée! C’est la jeunesse ouvrière qui doit nous la donner, et tout doit y concourir, depuis une religion plus éclairée et mieux comprise jusqu’à un « home » construit et arrangé avec plus de goût et plus de confort, depuis un travail plus consciencieux et plus rémunérateur jusqu’à des loisirs plus sains et plus ennoblissants! Voilà pourquoi la formation morale de la jeunesse ouvrière ne doit négliger aucune des conditions sociales et économiques qui favorisent la morale et la vertu; voilà pourquoi, au sein de la J.O.C. toutes les œuvres nécessaires à l’amélioration de ces conditions sociales et économiques sont essentiellement des moyens indipensables de formation morale efficace et intégrale.
La formation morale est aussi inséparable d’une éducation qu’il faut appeler, faute d’un terme meilleur, l’éducation du savoir-vivre, de la politesse et de la sociabilité. Il faut inculquer aux jeunes travailleurs plus de tenue, plus de savoir-faire, plus de politesse, plus de distinction. Cela est nécessaire dans toute la vie du jeune travailleur: au foyer, à la rue, au travail, dans ses rapports avec ses parents, avec ses camarades, avec les jeunes filles. La trivialité, le laisser-aller, la grossièreté, la négligence dans l’habillement, dans les soins corporels, dans les plaisirs, doivent être combattus rigoureusement chez toute la jeunesse ouvrière.
Une jeunesse plus belle, plus polie, plus distinguée, sera plus exigeante au point de vue moral.
E. Formation sociale.
Une lacune très regrettable dans l’éducation scolaire donnée aux enfants du peuple, c’est l’ignorance absolue dans laquelle on les laisse de tous les problèmes du travail. Cette lacune est le fruit de l’école neutre. Elle est en grande partie la cause de la perte de la « Conscience Professionnelle » et explique la facilité déconcertante avec laquelle la masse ouvrière admet les solutions les plus simplistes et les théories les plus absurdes concernant l’organisation du travail.
Qui a jamais expliqué aux enfants et aux jeunes travailleurs d’une façon intuitive et vraiment intéressante l’importance du choix d’un bon métier, la nécessité d’un apprentissage sérieux et d’un enseignement professionnel approprié, la prévention des accidents du travail, l’hygiène professionnelle, la morale du travail, la nécessité du capital, la notion du salaire, l’organisation des industries modernes? Et non seulement qui le leur a expliqué mais qui les aide pratiquement à la sortie de l’école et pendant leurs premières années de travail à résoudre ces problèmes concrets de leur vie de jeunes salariés?
C’est cette formation sociale toute simple, toute concrète qui doit être donnée au début aux jeunes travailleurs. Il ne s’agit pas dans les Cercles d’Etudes pas plus que dans les assemblées nombreuses de faire de longs exposés, mais de poser de courtes questions qui éveillent l’attention, provoquent la réflexion, la recherche, et forment le jugement Les conditions de la vie journalière des jeunes ouvriers, à l’usine, au foyer, à la rue forment le sujet de ces entretiens, qui sont des conversations collectives plutôt que des leçons et des conférences.
Tous les problèmes sociaux et économiques sont ainsi examinés pratiquement, naturellement, dans le cadre de leur vie, sans théories fastidieuses souvent incompréhensibles. L’analyse de ces problèmes vécus par les jeunes travailleurs euxmêmes amène naturellement la comparaison avec la situation des jeunes travailleurs et de la classe ouvrière dans le passé, chez les peuples païens, au Moyen-Age, aujourd’hui dans les pays étrangers. Ces récits d’histoire et de géographie économique leur font mieux saisir la genèse et la nature des problèmes sociaux et économiques et les aident à comprendre les solutions fondamentales, saines et morales.
C’est ainsi que leur « sens social » se forme lentement. On leur apprend à constater par euxmêmes la répercussion de la conduite des uns sur celle des autres, la répercussion des conditions économiques sur les conditions sociales. l’interdépendance des hommes, des industries, des professions, des Etats et des peuples. On leur enseigne ainsi pratiquement la nécessité d’une organisation sociale, d’une discipline sociale, d’une morale sociale, d’une autorité sociale. Et l’application de la doctrine Catholique à tous ces problèmes sociaux et économiques de leur vie de jeunes travailleurs et à toute la question ouvrière, leur donne avec la solution Catholique de la question sociale, non seulement une conscience Catholique, mais également une organisation Catholique. Car cette formation sociale ne se réduira pas à des leçons et à des conversations, elle doit résulter aussi de l’Action qu’on demande aux jeunes travailleurs et de l’organisation qui les enrôle. Non seulement ils apprennent comment par leur action, leur conduite personnelle, ils aident à la solution de tous les problèmes de l’adolescence salariée et de la Question Ouvrière; mais la « Jeunesse Ouvrière Chrétienne », par ses institutions et ses initiatives provoque, soutient, unit l’action de tous les jeunes travailleurs, et leur facilite une attitude et une conduite vraiment sociale. L’organisation catholique de la jeunesse ouvrière et de la classe ouvrière, qui doit apporter la solution de la question ouvrière, ne leur apparaît plus comme un idéal lointain, un rêve plus ou moins vague; c’est une réalité tangible dont ils sentent déjà les effets bienfaisants, à la vie de laquelle ils participent par leur carte de membre, leurs cotisations, leur journal, leur assistance aux réunions, par leur propagande et même par les railleries et les persécutions qu’ils supportent pour elle. L’esprit de corps, cette noble émulation pour la réputation et la défense de leur organisation, leur inspire l’esprit de sacrifice et d’apostolat. Cette formation sociale qui résulte de l’organisation elle-même concrétise et parachève l’enseignement. C’est pour cela que nous n’avons jamais compris comment les Cercles d’Etudes pour jeunes travailleurs pouvaient laisser leurs membres éloignés de l’organisation sociale, ni comment après quelques mois d’existence, des jeunesses mutualistes et syndicalistes, des caisses dotales ou des caisses d’épargne, des clubs et des réunions ne manifestaient pas au dehors la fécondité de la formation sociale donnée au Cercle d’Etudes.
On comprendra facilement qu’une telle formation sociale ne s’arrête pas indéfiniment à la réfutation des doctrines socialistes. Un enseignement purement négatif non seulement est inefficace et insuffisant, mais presque toujours il est nuisible à la jeunesse ouvrière. Le socialisme n’est pas seulement une doctrine, il est un ensemble impressionnant de puissantes organisations qui ont à leur actif des améliorations nombreuses obtenues au sort de la classe ouvrière. C’est pour cela qu’une critique négative du socialisme n’impressionnera jamais la masse ouvrière.
Seule une critique positive qui, tout en montrant les erreurs et les lacunes du socialisme, enseigne une doctrine réalisatrice, seul un programme de relèvement réel avec une organisation féconde en bienfaits et en initiatives peut fasciner et entraîner la foule et surtout la jeunesse. Les jeunes doivent pouvoir collaborer activement à un mouvement capable de leur inspirer de l’enthousiasme, de la fierté et du dévouement.
Si la doctrine Sociale Catholique, si l’organisation sociale catholique, leur apparaissent comme le prolongement de la réalisation du catholicisme intégral, comme l’instauration magnifique de la Royauté sociale de Jésus-Christ répandant plus de Justice et plus de Charité, alors on ne pourra plus accuser les organisations ouvrières chrétiennes de diviser et d’affaiblir la classe ouvrière. Le mouvement ouvrier chrétien apparaîtra comme l’épanouissement social du christianisme. Alors les jeunes travailleurs voudront se sacrifier pour lui. Alors nous compterons dans la classe ouvrière de nouveaux martyrs et de nouveaux apôtres. Il faut rendre aux jeunes cette fierté, cette joie de posséder la vérité féconde avec l’ambition de répandre leur Foi et leur Espérance parmi leurs compagnons de travail. On ne se représente pas assez ce qu’il a fallu d’héroïsme à certains ouvriers pour rester chrétiens. Les brimades auxquelles ils étaient exposés, les avanies qu’ils subissaient, les condamnaient souvent à la plus dure des persécutions. Une formation sociale intense accompagnée d’une organisation sociale puissante peut seule inspirer à la masse, la force et la persévérance nécessaires.
Car cette formation sociale intensive, donnée à une élite dans des Cercles d’Etudes et par des réunions fréquentes, ne peut être donnée à la masse que par des organisations dont les locaux imposants, les services variés, les manifestations publiques, dont la presse et toutes les initiatives même de divertissement frappent l’esprit et l’imagination de la foule et transforment petit à petit sa volonté et ses sentiments. Cette formation sociale de la masse est une œuvre immense à laquelle tout doit collaborer, depuis les locaux de nos organisations ouvrières jusqu’aux fêtes et autres réjouissances publiques, organisées dans ce but. Aucun côté de cette formation ne peut être négligé, pas plus le côté esthétique que le côté financier. Que de réalisations magnifiques à faire entrevoir aux jeunes ouvriers et aux jeunes ouvrières! C’est toute la Cité Chrétienne à rebâtir, c’est tout un désert à défricher et à cultiver. Mais aussi quelle perspective de riches moissons à recueillir! C’est une nouvelle croisade dont les jeunes doivent devenir les héros enthousiastes! N’en doutons pas, c’est ainsi que nous reconquerrons la masse ouvrière et que nous instaurerons le règne social de Jésus-Christ.
C’est aux jeunes à accomplir cette merveille! Pour cela, il faut en faire des chrétiens sociaux. C’est l’ambition de la « Jeunesse Ouvrière Chrétienne! »
F. L’éducation physique et hygiénique.
La formation intégrale doit aussi comprendre l’éducation physique et l’éducation hygiénique.
L’éducation physique donnée d’après des méthodes plus scientifiques, redressera méthodiquement les déformations physiques souvent provoquées par un travail monotome, par un exercice exagéré de certains membres du corps aux dépens des autres, par certaines poses trop prolongées pendant le travail.
Il en est de même de l’éducation hygiénique. Toutes les mesures d’hygiène du travail resteront inefficaces, si le jeune homme ne comprend pas la portée de ces mesures et n’adopte pas volontairement des habitudes d’hygiène. A l’heure présente, grâce aux procédés de vulgarisation scientifique, cette éducation peut facilement être entreprise dans tous les milieux et sa portée sociale est incalculable.
G. Formation religieuse.
Que dire alors de la formation religieuse? Nous l’avons répété à satiété Notre jeunesse ouvrière ne connait pas la splendeur, la richesse, l’attrait, le réconfort des réalités spirituelles et surnaturelles, parce que sa formation religieuse est quasi-nulle. Tout reste à faire sous ce rapport. Et nous n’hésitons pas à déclarer: c’est le but primordial de la J. O. C.!
Les jeunes ouvriers et les jeunes ouvrières sont plus pauvres de vie religieuse que de richesses matérielles! D’ordinaire, de leurs leçons de catéchisme ils n’ont retenu qu’une série d’actions défendues ou imposées, dont ils ne comprennent pas toujours la signification. « Cela était bon, pensent-ils, pendant l’âge de l’école, pour des enfants et des élèves. Maintenant nous sommes des travailleurs, comme père et mère. Quand on va à la fabrique et à l’usine, on est fatalement en état de péché ». Et la religion leur apparaît maintenant enfantine, impraticable. On avait peut être eu tort d’exagérer certaines peccadilles; on n’avait pas formé leur conscience. Et puis, du matin au soir, ils entendent tant de moquerie à propos des actes, des choses, des personnes religieuses. Tout dans la religion leur est montré comme suspect, truqué, trompeur.
L’inexpérience de leur âge, la crise de la puberté, les abandonnent, désarmés, sans soutien ni défense, à toutes les tentations, à toutes les séductions, à toutes les perversions qui les guettent, les assaillent et les entraînent. Ceux qui cherchent une proie à leurs passions et à leur haine contre Dieu et contre la société, ont si facile de les attirer et de les aveugler.
L’instruction religieuse des enfants du peuple est si superficielle, qu’ayant à peine quitté l’école, ils négligent, pour la plupart les pratiques religieuses.
C’est pour ce motif que la formation religieuse joue un rôle si important dans l’organisation de la Jeunesse Ouvrière. Immédiatement au Cercle d’études, ils doivent être mis en contact avec Jésus-Christ, le Divin Ouvrier de Nazareth. Sa personne, Sa vie, Sa doctrine, Son influence, Sa survie dans l’Eglise, Son action dans le ciel, Sa royauté éternelle doivent impressionner d’une façon ineffaçable leurs jeunes intelligences et leurs jeunes cœurs. L’histoire de l’Eglise, son influence sur tous les peuples à travers les âges, son influence surtout pour le relèvement de la classe ouvrière doivent être montrées par les méthodes les plus intuitives, les projections lumineuses, les films cinématographiques. Et quelle source d’applications sociales que l’étude de la liturgie comprise dans toute sa splendeur! Il faut qu’ils apprennent à connaître cette société visible et divine dont ils doivent devenir volontairement des membres; il faut qu’ils prennent conscience des devoirs inhérents à cette qualité de membres volontaires. Les trésors, les richesses, les beautés surnaturelles par lesquels ils sont apparentés, liés à la divinité, toutes ces vérités sublimes, ces réalités les plus magnifiques doivent leur être présentées d’une manière suggestive, enthousiaste, afin que tout un monde nouveau et attrayant surgisse devant leur imagination, illumine leur intelligence et charme leur cœur. Dans les voyages d’un Saint-Paul, les Actes des Apôtres, l’héroïsme des martyrs, les travaux des moines, les œuvres des missionnaires, dans toute cette « nouvelle légende dorée » de nos œuvres catholiques modernes, dans la vie d’un Ozanam, d’un Dom Bosco, d’un P. Chevrier, d’un Kolping, ils trouveront la preuve tangible de la fécondité de leur Foi et de la bienfaisance de leur Religion.
La Religion est Amour, Vérité et Beauté. L’Amour de Dieu doit leur apparaître comme inséparable de l’amour des hommes, comme la religion est inséparable de la morale.
H. L’unité dans la vie du jeune ouvrier.
La conception sociale de la religion doit être inculquée à la place de cette conception individualiste, égoïste, qui a eu tant de conséquences néfastes au siècle dernier. Ne permettons pas de cloisons étanches dans leur vie d’ouvrier: leur destinée éternelle doit rester en contact avec leurs intérêts temporels; ils doivent être chrétiens partout, à l’atelier, à l’usine, à la rue, à la maison, aussi bien que dans l’église. Ils doivent comprendre que s’ils ne peuvent pas aller à communion chaque jour, ils peuvent malgré tout être des saints sur les trains, en route vers le travail, pendant le jour à l’atelier et à l’usine, et parfois la nuit au fond de la fosse ou à la lueur des hauts fourneaux. Qu’ils se trompent, en pensant, que ceux qui peuvent communier à la messe de 8 heures sont plus surnaturels qu’euxmêmes, qui se rendent au travail à 4 ou 5 h. du matin, ou qui reviennent exténués de l’équipe de nuit. Non, ils doivent voir que le travail peut être la plus expressive des prières, qu’il peut être le plus fécond des sacrifices s’il est uni au sacrifice journalier du Sauveur sur nos autels. Alors, leurs gestes au travail, leurs actes, leurs fatigues deviennent des formes de prières, des moyens de sanctification, et les usines et les fabriques, au lieu de rester des lieux de corruption, deviennent des sanctuaires où les âmes s’unissent à la mission du Rédempteur pendant que les corps collaborent à l’enrichissement et à la transformation de l’œuvre du Créateur. Si on parvenait à faire comprendre cela aux jeunes ouvriers et aux jeunes ouvrières, combien la Religion relèverait leur travail, et combien leur travail s’inspirerait de la Religion!
Alors, il y aurait de l’unité dans leur vie. Alors toutes les objections contre la Religion, toutes les critiques contre la vie de certains catholiques tomberaient d’elles-mêmes. Il ne faut pas hésiter à montrer comment le libéralisme économique a faussé la conscience de certains catholiques et comment l’Eglise loin d’approuver les abus existants dans certaines entreprises dirigées même par des catholiques n’a cessé de les dénoncer et a employé tous les moyens possiblespour combattre les mœurs d’un capitalisme matérialiste.
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Mais il faut bien y insister: La Religion doit surtout être vécue. Demandons beaucoup à l’élite de nos jeunes travailleurs : la communion fréquente et même pour les meilleurs, la communion quotidienne, l’assistance liturgique à la messe, la récollection mensuelle, la méditation journalière. Ce n’est que par une formation religieuse intensive, que nous parviendrons à en faire des apôtres. Ne négligeons pas pour la masse des jeunes travailleurs les manifestations religieuses collectives, les grandes cérémonies religieuses, la participation ostensible à la vie paroissiale par des communions générales, par le chant liturgique, par des processions. N’abandonnons pas à nos ennemis le bénéfice des grandes manifestations publiques, des festivités attrayantes, des spectacles impressionnants. Quels moyens puissants nous possédons pour agir sur les foules! De grâce, employons les, plus que jamais. Mais plus que jamais rendons ces grands moyens vraiment éducatifs. Abandonnons pour les jeunes travailleurs tous les procédés mesquins de contrôle, de récompenses, de surveillance. Ne les traîtons pas comme des enfants et des pensionnaires. Faisons appel à leur émulation et habituons une élite à rassembler leurs compagnons plus tièdes, à battre le rappèl, à stimuler les indifférents. Ne permettons pas que les pratiques religieuses deviennent purement mécaniques et routinières, et combattons sans trève les pratiques semi-superstitieuses qui pullulent dans les milieux qui abandonnent la religion. L’Eglise doit redevenir la vraie « Maison du Peuple ». La Religion est le seul levier qui puisse relever d’une façon durable la classe ouvrière. C’est cela que les jeunes travailleurs doivent comprendre et c’est cela que la J. O. C. veut réaliser.
I. Les Motifs de confiance.
Nous serons étonnés des résultats que nous atteindrons en peu d’années. Si nous savions tout ce que nous pouvons attendre des jeunes ouvriers et des jeunes ouvrières! De grâce, ne manquons pas nous mêmes de la foi qui transporte les montagnes! Que de fois nous avons dû rougir devant leur héroïsme! En les voyant le matin communier à l’église et partir à jeun à l’usine, en les entendant raconter leurs visites à domicile, le soir après une journée de travail épuisante, pour relancer des compagnons et des compagnes, supportant joyeusement toutes les risées, tous les quolibets, toutes les avanies, comme les larmes nous montaient aux yeux et comme l’émotion nous étreignait à nous faire trembler. Oh, oui, ils peuvent comprendre que la Religion et l’Apostolat sont inséparables. Quand le besoin de gagner des âmes à Jésus-Christ s’est emparé d’eux, ils ne connaissent ni fatigues, ni difficultés. Dans aucune classe sociale, l’on ne rencontre tant de générosité, tant de donation totale.
Là gît pour nous un trésor inépuisable de forces qui doivent rechristianiser notre société qui devient de plus en plus païenne. De la jeunesse ouvrière sortiront demain les apôtres qui braveront tout, pour enseigner à notre génération sceptique et corrompue, la vraie doctrine chrétienne et pour la vivre dans son intégrité magnifique. C’est elle qui donnera à notre monde décadent les chevaliers nouveaux pour la plus grande croisade en faveur de la royauté sociale de Jésus-Christ!
Comme les trois jeunes gens dans la fournaise, les jeunes travailleurs chrétiens non seulement sortiront indemnes de l’enfer de corruption et d’irréligion, qu’est presque toujours l’usine moderne, mais leur vie intégrale, de dévouement, de charité et d’apostolat s’y révèlera comme un hymne triomphal qui fera rougir tous les ennemis de la religion et convertira toutes les âmes de bonne volonté.
J. Une condition indispensable de succès.
Education, Action et Organisation. Nous répétons volontiers qu’aussi longtemps qu’on ne comprendra pas, que ces trois termes sont inséparables, que ce sont les trois aspects indissolubles de toute formation intégrale, on n’aura pas solutionné le problème du relèvement intégral de la jeunesse ouvrière. Apprendre à juger, à connaître et à vouloir et pour cela faire poser des actes et acquérir des habitudes et des vertus et faciliter cette éducation et cette conduite par une organisation qui soutient, protège et encadre, telle est l’unique méthode qui puisse garantir le succès. Une éducation purement verbale, livresque ou auditive, des services ou des gestes, ou des pratiques imposés du dehors ou répétés par routine: une organisation qui se borne à unir des membres par des cotisations ou des avantages matériels, ne parviendra pas à former la jeunesse ouvrière. Une science vécue, une conduite consciente, une organisation vivante se conditionnent mutuellement. Cela est vrai à tous les degrés et pour tous les aspects de la formation intellectuelle, morale, physique, hygiènique, esthétique et religieuse. L’apprentissage de la vérité qui s’extériorise ou se réalise par la vie et qui s’acquiert au sein de l’organisation, doit transformer notre Jeunesse Ouvrière Chrétienne en une grande association dans laquelle tous les membres réagissent les uns sur les autres et qui transforme la classe ouvrière et la société toute entière. De là, la nécessité des cercles d’études, des groupes locaux, des sections syndicales, mutualistes, sportives, des sections d’épargne; des retraites fermées, des récollections, des manifestations publiques, religieuses et sociales; des fédérations régionales, de la fédération nationale enfin, avec tous ses services de documentation, et de publicité et d’éducation qui font de la J. O. C. un vaste laboratoire dans lequel se forment les générations ouvrières de demain. De là, la nécessité d’insister toujours davantage sur la part active que les membres doivent avoir dans la propagande, la gestion, l’administration, la direction de leur mouvement tant local que régional et que national. Entr’eux, par eux et pour eux. Cette devise n’est pas seulement une condition pour que les jeunes ouvriers apportent de l’intérêt à leur organisation, c’est surtout une condition de succès pour leur formation intégrale. Comment leur inculquer l’habitude et les vertus de générosité, de responsabilité, de discipline, de solidarité, de fierté, s’ils ne participent pas intensément à la création et à l’expansion d’un mouvement qui doit être tout à fait le leur ou qui ne sera pas?
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1° que ceux qui ont le souci du relèvement véritable de la classe ouvrière, comprennent la nécessité d’une formation intégrale de la jeunesse ouvrière et d’une continuation générale et méthodique de l’éducation scolaire et familiale dans toute la jeunesse travailleuse;
2° que cette formation intégrale se fasse au scin et par le moyen d’une organisation générale de la jeunesse ouvrière, dans laquelle les jeunes travailleurs coopèrent eux-mêmes le plus intensément possible à leur formation intégrale;
3° que cette formation intégrale comprenne l’éducation intellectuelle, morale, sociale, physique, bygiènique, esthétique et religieuse des jeunes travailleurs;
4° que ces différents aspects de la formation intégrale des jeunes travailleurs se compénètrent et se complètent;
5° que cette éducation intégrale ne résulte pas seulement de leçons et de cours donnés aux jeunes travailleurs, mais de toutes les sections, de tous les services, organisés au sein de la J. O. C. dans lesquels les jeunes travailleurs pourront mettre la doctrine en pratique et acquérir les habitudes et les vertus nécessaires;
6° que toutes les sections nécessaires à ce but, surtout les sections professionnelles et mutualistes, soient créées dans toutes les sections locales ou entre quelques sections rapprochées;
7° que toutes les sections travaillent, afin que l’ornementation et l’entretien des locaux et des salles de réunion, de lecture ou d’administration, soient des moyens d’éducation tant pour la tenue, que pour le goût et la fierté des jeunes travailleurs.
3. Le Cercle d’études pour les Jeunes Travailleurs.
I. LES MOTIFS.
L’organisation de la « Jeunesse Ouvrière Chrétienne » exige des jeunes dirigeants, et leur formation demande des Cercles d’Etudes appropriés.
Il y a tant de fausses conceptions des Cercles d’Etudes pour jeunes ouvriers et jeunes ouvrières! Il s’élève tant de plaintes sur leur insuccès! Pourquoi?
Parce qu’on a isolé le Cercle d’Etudes de l’Action et de l’organisation des jeunes ouvriers et des jeunes ouvrières. Là gît l’erreur capitale. Le Cercle d’Etudes n’existe pas pour lui-même : il n’existe qu’en vue de l’action et de l’organisation. L’apôtre disait : « La Foi sans les œuvres est une Foi morte ». Il faut dire aussi : « Un Cercle d’Etudes sans les œuvres est un Cercle d’Etudes mort ».
Le Cercle d’Etudes ne donne pas seulement un enseignement. Il communique une foi, une foi enthousiaste dans l’action et dans l’organisation sociale, morale et religieuse. Cette foi elle-même est impossible, inopérante, sans cette action et sans cette organisation.
Un Cercle d’Etudes n’est pas une série de leçons et de conférences. Il n’est pas une simple école de sciences sociales. Il réunit une élite de jeunes travailleurs et de jeunes travailleuses : il forme un séminaire de jeunes propagandistes, de jeunes dirigeants. C’est un cénacle de jeunes apôtres, un foyer d’action et d’organisation de la jeunesse. Il est la source, le moteur, le soutien de toutes les institutions pour jeunes ouvriers et jeunes ouvrières.
Les jeunes membres du Cercle d’Etude ne sont pas de simples élèves, qui tous les huit ou quinze jours viennent écouter les leçons d’un maître : ils sont d’abord, eux-mêmes, la matière vivante, étudiée par le Cercle d’Etudes, parce qu’ils personnifient dans leur vie et dans leur travail tous les problèmes de la jeunesse ouvrière. Le C. E. fera d’abord appel à leur propre expérience. Ils prendront lentement conscience de tous ces problèmes qu’eux-mêmes posent et personnifient. Ils coopèrent eux-mêmes à chercher, à rassembler, et à apporter toute l’autre matière vivante et vécue; les faits, les enquêtes, les monographies, les conférences et les leçons. Les jeunes membres du Cercle d’Etudes sont des ouvriers et des ouvrières, qui doivent voir, sentir, toucher; ils doivent se mouvoir; ils doivent parler et agir pendant le Cercle d’Etudes et en dehors de celuici. Pour les jeunes travailleurs le C. E. sera une coopérative d’études, d’action et d’organisation.
Le directeur du C. E. n’est pas un simple professeur; il est un animateur, un promoteur, un entraîneur, un exemple vivant d’action et d’organisation. Il ne se contente pas de rencontrer les jeunes membres tous les huit ou quinze jours pendant la réunion; il les voit avant et après les séances; il reste en relations intimes et personnelles avec chacun d’eux; il les aide et les instruit chacun en particulier; il les encourage, les excite, leur donne de la lecture et du travail à chacun selon son caractère, son développement, ses goûts et sa vie.
Au Cercle d’Etudes on ne commence pas par des définitions abstraites sur la société, le salaire, le travail, le syndicat; on ne poursuit pas l’explication de chaque mot de la définition, pour en déduire toutes les notions complémentaires. Non, mille fois non! Il faut raconter, répéter des cas vécus, des évènements, concrètement, d’une façon vivante. Il faut poser des questions précises sur la vie, le travail des jeunes ouvriers : « Où travaillez-vous? Comment êtes-vous arrivé à ce travail? Combien de fois avez vous changé de travail, de profession? Combien gagnez-vous? Comment êtes-vous traîté à l’atelier? Qu’entendez-vous? Que voyez-vous au travail? Dans quel état sont les salles de travail, les ateliers, les W. C.? etc., etc. »
L’enquête sur l’adolescence salariée contient des centaines de questions sur tous les aspects de la vie des jeunes travailleurs. C’est de toute cette matière vivante qu’il faut remonter aux principes, descendre aux conclusions, préciser la conduite à tenir, l’attitude à prendre. On raconte alors, à l’appui de ces conclusions, la vie de meneurs, d’hommes célèbres: on insiste sur leurs efforts, sur leurs sacrifices, afin que leur exemple enflamme les jeunes auditeurs. A côté des abus, que les membres du C. E. constatent par eux-mêmes, il faut faire découvrir les remèdes, les institutions et les organisations qui sont destinées à combattre ces abus et à les prévenir. Et le Cercle d’Etudes promeut, organise et soutient tous ces moyens d’action.
Le Cercle d’Etudes ne se réunit pas seulement entre les quatre murs d’une chambre. Il visite les secrétariats sociaux, les établissements industriels et commerciaux, les institutions d’enseignement et d’hygiène. Il assiste aux Congrès et aux manifestations, parcourt les musées et les expositions, s’intéresse à toutes les initiatives concernant la jeunesse ouvrière. Il est en voyage; ses membres enquêtent dans les taudis et les impasses, partout où il y a étudier et à agir.
Rien n’est plus souple qu’un Cercle d’Etudes. Par ses membres et par son esprit, il est et reste en contact avec toute l’action et toute l’organisation du mouvement ouvrier de la région. Insensiblement les membres acquièrent une mentalité religieuse et sociale; ils apprennent par eux-mêmes à parler, à agir, à diriger, à organiser et à commander. Ainsi le Cercle d’Etude est le berceau de l’action et de l’organisation qui petità-petit englobe toute la jeunesse ouvrière d’une paroisse, d’une commune et d’une région. Le Cercle d’Etudes donne à tous ses membres une formation générale, religieuse, morale, sociale et économique. Mais chaque membre par ses enquêtes personnelles, ses études et l’organisation particulière dont il s’occupe, se spécialise dans les différents problèmes à résoudre.
Que tous les membres du clergé comprennent enfin l’importance du Cercle d’Etudes pour jeunes travailleurs! Qu’il n’y ait plus une paroisse, pas une commune, sans un tel Cercle d’Etudes! Qu’aucun échec, aucun insuccès ne parviennent à ralentir et à éteindre leur zèle! Toutes les autres organisations pour jeunes ouvriers gymnastiques, boy-scouts, patronages, dramatiques n’ont de rendement réel au point de vue religieux, moral et social que si les dirigeants étudient les méthodes à y appliquer dans un Cercle d’Etudes adapté. L’expérience de tous est unanime à cet égard.
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1o que dans toutes les sections fonctionne un Cercle d’Etudes de jeunes travailleurs;
2o que ce Cercle d’Etudes soit vraiment adapté à la vie, à la mentalité et aux besoins des jeunes travailleurs;
3° que tous les Cercles d’Etudes de J.O.C.istes adoptent comme moyen le plus adapté de formation l’enquête sur la situation de l’Adolescence Salariée.
4. L’Epargne des Jeunes Travailleurs.
I. LES MOTIFS.
A) Le jeunesse ouvrière doit avoir l’ambition de répandre et d’organiser partout l’épargne
Ouvrière.
C’est un reproche qui est si pénible : « Les ouvriers et surtout les jeunes ouvriers ne comprennent pas la valeur de l’argent ».
« Quant on voit l’argent fou dépensé au plaisir, en jeu, en cigarettes, en friandises, en vanités, on rougirait de honte ».
Certes, le reproche s’adresse plutôt à la bourgeoisie et aux classes dirigeantes, mais nous devons avoir le courage d’avouer que des ouvriers et des jeunes ouvriers surtout ne sont pas à excuser sous ce rapport.
Bien des ouvriers épargnent dans de nombreuses caisses d’épargne érigées dans la plupart des estaminets. C’est un système déplorable et l’occasion de dépenses et d’abus nombreux. Ces cagnottes qui se vident à date fixe sont à condamner en règle générale.
La Caisse d’Epargne de l’Etat reçoit des millions d’épargne de la classe ouvrière. Certes, les déposants y jouissent de la garantie de l’Etat et une partie des fonds déposés sert à favoriser la construction de maisons ouvrières, mais cet avantage ne va pas sans abandonner une force formidable qui pourrait servir directement au relèvement de la classe ouvrière et qui, actuellement, est mise en partie, au service des pires adversaires des ouvriers.
Nous ne pouvons non plus approuver les ouvriers qui déposent leur épargne dans les nombreuses succursales de grandes banques qui poussent comme des champignons, jusque dans les plus petites communes de notre pays.
Nous devons de plus en plus apprendre aux ouvriers à porter leurs épargnes dans les organisations financières de la classe ouvrière qui, tout en offrant toute garantie pour la sécurité de l’argent placé, emploient cet argent au mieux des intérêts sociaux, économiques et moraux de la classe ouvrière.
Il ne faudrait plus qu’il y ait encore une famille sans « carnet d’épargne » d’une Caisse d’Epargne ou d’une Banque Ouvrière. Le moindre argent disponible devrait être porté chaque
semaine à la section de la caisse d’épargne. Chaque commune, même chaque paroisse de notre pays devrait en posséder. Nous serions étonnés au bout de très peu de temps, de voir de quelle force financière disposerait la classe ouvrière organisée.
Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières; chaque section d’épargne et surtout chaque épargnant n’atteindrait pas de grandes sommes; mais toutes réunies, centralisées, constitueraient une richesse formidable qui pourrait soutenir des exploitations magnifiques de la classe ouvrière, et par l’actionnariat, porter les revendications de la classe ouvrière jusque dans les conseils d’administration des entreprises capitalistes.
B) Les jeunes ouvriers ont, outre ce devoir de solidarité vis-à-vis des autres membres de la classe ouvrière, un devoir plus pressant de pratiquer et de favoriser entr’eux l’épargne.
Un jour, ils devront fonder un foyer. Un jour ils deviendront les chefs responsables d’une famille, dont les ressources favoriseront le confort et l’accomplissement de tous les devoirs familiaux. Chaque jeune homme, chaque jeune fille devrait avoir l’ambition de ne pas arriver au mariage les mains vides. Son carnet d’épargne rempli depuis l’âge scolaire et surtout depuis son entrée à l’usine serait la preuve la plus péremptoire de son esprit d’économie et de prévoyance, et montrerait, sans aucune contestation possible, que chacun a songé à sa fiancée ou à son fiancé et à son prochain foyer avec le sérieux et la fierté nécessaires. Il aurait ainsi appris à faire des efforts persévérants, à accepter même des privations personnelles pour la famille dont il portera la responsabilité. La caisse d’épargne dans la Jeunesse Ouvrière, serait une véritable caisse dotale. Qu’il y aurait plus de dignité, de paix. de joie, de bonheur dans la classe ouvrière de demain, si chaque jeune ouvrier et chaque jeune ouvrière se préparait ainsi à son futur mariage! Au lieu de perdre leur jeunesse par des dépenses nuisibles à leur santé, à leur caractère et à leur honneur, ils créeraient entr’eux une émulation vraiment virile, vraiment saine dans la préparation de leur avenir familial, social et économique.
C) Les jeunes travailleurs ne doivent pas seulement refrèner leurs dépenses pour se constituer une réserve et une dot pour l’avenir. Ils doivent savoir prélever généreusement sur l’argent dont ils disposent de quoi soutenir les Œuvres. Quel appauvrissement moral ce serait pour le monde, si toute la Charité devenait officielle, et si les citoyens et les fidèles ne savaient plus par leurs largesses ou leurs aumônes soutenir et promouvoir les entreprises scientifiques, éducatives, charitables et religieuses qui ont fait la grandeur du Moyen-âge et en particulier de l’Eglise. Nous devons apprendre aux jeunes travailleurs la beauté du geste de l’homme qui donnant de son superflu et parfois même de son nécessaire, se renonce à lui-même pour secourir ou relever son prochain. La générosité, dans le jeune âge, est la condition indispensable du dévouement et du sacrifice, sans lesquels il n’y a ni apostolat, ni relèvement social.
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1° que par des conférences, simples, concrètes, illustrées d’exemples frappants et vécus, on explique à tous les jeunes travailleurs l’importance de l’Epargne Ouvrière;
2° que toutes les sections de J. O. C. s’entendent avec les caisses d’épargne existantes pour fonder dans leur sein une section d’épargne;
3° que chaque J. O. C.iste possède son carnet d’épargne de la Banque Ouvrière et y verse régulièrement, si possible chaque semaine, une obole si minime qu’elle soit;
4° que les sections d’épargne de la J. O. C. constituent pour les membres de véritables caisses dotales;
5° que les Caisses de Compensation encouragent de leurs subsides, les jeunes travailleurs qui épargnent pour se constituer une dot en vue de la fondation d’un foyer digne, prévoyant et
Économe.
5. Les Homes et les Restaurants.
I. LES FAITS.
a) Beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles ne jouissent pas de l’influence bienfaisante du foyer familial. Les causes de cette situation sont nombreuses, Ce sont parfois des causes purement familiales : décès, divorces, secondes noces, ménages irréguliers, indignité ou incompréhension des parents. Parfois aussi le désir d’une vie plus indépendante éloigne le jeune homme ou la jeune fille loin de leurs parents. Les causes économiques ne sont pas moins nombreuses: Ce sont des jeunes gens et des jeunes filles qui suivent des cours professionnels dans la ville quand leurs parents demeurent loin dans la campagne. Il en est de même de ceux qui travaillent trop loin de la maison, pour rentrer tous les soirs ou même chaque semaine.
b) Les conditions de logement des travailleurs étrangers logés en ville dépassent les suppositions les plus lamentables. A part des exceptions plutôt rares, la masse loge dans la promiscuité la plus grande, au milieu de toutes les tentations de la débauche. Au simple point de vue de l’hygiène, presque tous les logements de travailleurs sont à condamner. Les effets de cette situation sur les jeunes gens et sur les jeunes filles sont vraiment désastreux.
c) Dans quelques grandes villes on a établi des homes pour jeunes filles. Ils rendent des services à une élite, mais il faut avouer que la masse des ouvrières n’en profitent guère. Quant aux jeunes gens, il n’y a pas d’œuvre pour les héberger convenablement. C’est plus que triste. Il suffit de connaître l’influence moralisatrice des « Gesellenvereinen » allemands, pour comprendre combien il est urgent de doter notre pays de pareilles institutions. Certaines mines et grandes firmes industrielles ont établi des dortoirs pour les ouvriers étrangers. C’est mieux que rien.
d) Pour les restaurants la même remarque s’impose. A part quelques restaurants féminins dans les grandes villes encore réservés à une élite tout reste à faire pour procurer aux jeunes gens un endroit convenable où ils puissent se procurer un repas substantiel, économique, dans un milieu moralisateur. Quand on a étudié la conduite des jeunes gens, obligés de manger dans des gargotes, sur les trottoirs, accroupis contre les murs et les talus, ou étendus dans les terrains vagues et les prairies, on ne doute plus de la nécessité de restaurants économiques.
e) Certes, c’est toute une éducation à donner à la nouvelle génération. C’est une œuvre lente et difficile. Pour nous, nous préférons aux réfectoirs organisés par les usines elles-mêmes, les restaurants reliés aux organisations de jeunesse. L’éducation se fera mieux dans des œuvres ayant un esprit et une méthode d’éducation bien déterminés, que dans des réfectoirs sans aucune préOccupation éducative.
f) L’œuvre des « homes » et des « restaurants » d’ailleurs, doit être complétée par un ensemble d’efforts éducatifs comme les « œuvres de midi » ou les cours, leçons et conférences donnés aux jeunes filles et aux jeunes gens obligés de perdre. une heure ou deux sans pouvoir retourner chez eux, par les lectures attrayantes et dans les salles, de lectures reposantes, par les séances récréatives et instructives, au point de vue général, comme au point de vue économique, hygiénique ou esthétique.
Les efforts tentés en certains endroits permettent une extension heureuse de ces initiatives très avantageuses pour la jeunesse ouvrière.
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1° que l’enquête sur les logements des jeunes salariés, obligés de dormir hors du foyer familial, soit menée avec précision par toutes les sections;
2° que des mesures sévères soient prises contre les tenanciers de maisons de logement pour jeunes ouvriers qui tiendraient en même temps un débit de boisson ou des salles de danse, ou dont les conditions de logement seraient attentatoires à la pudeur ou à la santé de jeunes gens;
3° que des études soient élaborées le plus rapidement possible pour l’organisation de homes tant masculins que féminins;
4° que la question des restaurants pour jeunes salariés soit envisagée par toutes les organisations de jeunesse ouvrière;
5° que ces homes et restaurants soient reliés aux organisations locales, régionales ou nationale: de jeunesse ouvrière, afin qu’ils soient tenus et administrés avec un but vraiment éducatif et avec la collaboration des jeunes ouvriers et des jeunes ouvrières;
6° que ces homes et ces restaurants soient complétés par un ensemble d’œuvres éducatives comme les « œuvres de midi ». conférences. leçons, cours donnés aux jeunes travailleurs et travailleuses, salles de lecture et de repos, séances éducatives et récréatives.
6. Les loisirs des Jeunes Travailleurs.
I. LES FAITS.
a) Les loisirs étant pour les jeunes travailleurs absolument nécessaires, la question de l’emploi de ces loisirs est primordiale dans l’œuvre du relèvement intégral de l’adolescence salariée. Il est d’ailleurs impossible d’organiser sainement les loisirs des jeunes travailleurs sans grouper ceux-ci et sans les organiser.
b) A l’heure présente, des entreprises à but purement lucratif profitent des loisirs des jeunes travailleurs pour les exploiter, les démoraliser, les abrutir. Les cabarets, les dancings, les cafés-concerts, les cinémas, les librairies, les journaux sportifs et « amusants » deviennent de vastes entreprises commerciales qui gagnent des millions en abusant de l’inexpérience, de la légèreté, de l’abandon dans lesquels vivent les jeunes travailleurs. Tout ce qui tombe sous les yeux de ces derniers, les affiches, les réclames, et les annonces; tout ce qu’ils entendent dans les trains, pendant les trajets, à la maison; les exemples qui s’étalent devant eux, tout excite et entraîne aux plaisirs défendus, à la volupté et à la jouissance.
c) Les camaraderies qui se nouent sans contrôle et sans surveillance, les fréquentations qui sont favorisées par le laisser-aller et par le relâchement des mœurs, les jeux pour de l’argent, transforment les repos, les soirées, les dimanches et les jours fériés en autant d’occasions de démoralisation. L’exiguité des appartements oblige les jeunes gens et les jeunes filles à sortir, à s’amuser au dehors. Les hauts salaires facilitent les dépenses, quand il n’y a pas de frein moral pour les arrêter.
d) Le bon emploi des loisirs suppose l’organisation des jeunes travailleurs qui seule pourra lutter contre les plaisirs mauvais coûteux et stupides en procurant des distractions, des récréations, des fêtes, des soirées combinées avec une éducation plus adaptée. C’est une œuvre difficile et longue. Et au début, nous devons évidemment éviter de disperser les efforts des sections trop jeunes. Il faudra des locaux, des salles de réunions, de lecture, de spectacle, de fêtes. Il faudra des excursions, des visites en groupe aux musées, aux expositions, aux monuments. Il faudra des sections de football, des sections de gymnastique, de dramatique, de chorale. Rien, en effet, ne sert de réagir contre les mauvais plaisirs, si on n’organise pas de bons plaisirs. L’homme et surtout le jeune homme et la jeune fille ont besoin de se distraire, de se récréer et de s’amuser comme de boire et de manger.
e) Plus les amusements seront organisés par les groupes sociaux eux-mêmes, avec un esprit nettement éducatif et social, moins les amusements mauvais resteront attrayants. Parfois, ces réunions récréatives seront réservées aux jeunes gens et aux jeunes filles, parfois elles seront de véritables réunions familiales où toutes les familles ouvrières et tous les membres de la famille communieront dans des manifestations communes d’art, de sports, de récréation et de joie. Et tout le village, toute la commune, toute la paroisse et même toute une région participera parfois à ces fêtes publiques, organisées par les différents groupes sociaux ou par toute la communauté sociale organisée et la religion prendra sa place naturelle dans ces manifestations publiques pour les bénir et pour les sanctifier. Et l’amusement au lieu d’être exploité comme il l’est actuellement par des trafiquants du vice et des bas instincts, sera employé par des apôtres sociaux, désintéressés, comme moteur de relèvement et comme ciment d’apaisement social.
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1° que toutes les sections mettent à l’ordre du jour la question des loisirs des jeunes travailleurs;
2° que toutes les sections tâchent dans la mesure du possible d’avoir des locaux, des salles de réunions et de lecture où les membres et les jeunes travailleurs de la paroisse et de la commune puissent venir passer leurs soirées et leur dimanche;
3° que ces locaux soient aménagés de telle sorte que tout en offrant les distractions les plus variées aux jeunes travailleurs, ils présentent en même temps des possibilités de réunions éducatives et de lectures de journaux, d’illustrés et de livres;
4° que l’organisation et l’entretien de ces locaux soient tellement soignés qu’ils servent à l’éducation esthétique et générale de ceux qui les fréquentent;
5° que toutes les sections organisent des soirées récréatives et éducatives avec représentations dramatiques, exécutions musicales et chorales, projections lumineuses ou cinématographiques;
6° que de temps en temps ces réunions récréatives ne soient pas seulement réservées aux membres et à leurs familles, mais à tous les habitants;
7° que des excursions, des visites aux musées, aux expositions, aux monuments, soient organisées en groupe, que tous les groupes dans la mesure du possible, organisent des sections d’agrément, des dramatiques, des chorales, des gymnastiques, des équipés de foot-ball, ou qu’elles examinent la collaboration avec les sociétés d’agrément catholiques existantes dans la paroisse ou dans la commune;
8° que tous les Pouvoirs Publics et tous ceux qui s’intéressent au relèvement moral et général des jeunes travailleurs accordent de larges subsides à tous les essais sérieux pour utiliser les loisirs des jeunes travailleurs.
7. Les Vacances et les Séjours au Grand’ Air.
I. LES MOTIFS.
a) La question des des vacances pour jeunes ouvriers peut paraître accessoire, et même démagogique, à ceux qui ne connaissent pas les conditions de la vie de travail de nos jeunes adolescents dans les grands centres. Quiconque veut comparer sans parti pris la vie des jeunes salariés à celle des collégiens et étudiants, reconnaîtra volontiers que les vacances sont aussi nécessaires à ceux-là qu’à ceux-ci. Quand pendant cinquante semaines, le jeune travailleur a répété les mêmes gestes à l’usine, fréquenté des cours du soir, respiré l’air de l’usine, il n’est pas trop de deux semaines par an pour fuir la ville et la région industrielle et s’en aller à la campagne se refaire des poumons plus sains, des yeux plus clairs et des âmes plus fraîches.
b) Les vacances ne sont pas un luxe pour les jeunes ouvriers, elles sont un relais nécessaire avant l’étape nouvelle souvent difficile. Quiconque a organisé des vacances au grand’air avec un groupe de jeunes ouvriers, a pu constater les effets bienfaisants, souvent les transformations totales pendant ces jours de détente et de vie au grand’air. Et cette influence bienfaisante ne se manifeste pas seulement au point de vue physique, mais aussi au point de vue moral et social. Mais pour cela, il faut que les vacances soient organisées.
c) Deux ou trois semaines de « camping » ou de séjour aux bords de la Semois retapent physiquement et souvent moralement des jeunes gens et des jeunes filles qui pensaient qu l’unique plaisir de la jeunesse était le dancing, le cinéma, les fréquentations souvent coupables. Certes, il faut pour de telles vacances, préparer des monitrices ou des moniteurs, des chefs exercés qui soient de véritables animateurs, qui puissent provoquer les confidences salutaires, qui sachent entraîner à des chants d’ensemble, à des jeux de société, à des excursions qui ravissent les yeux et ravigotent les membres.
Pendant ces jours bénis, l’esprit d’association et même de dévouement se développe tout naturellement parmi les participants aux vacances en groupe. Et les conversations collectives sont des occasions propices pour discuter amicalement des questions morales et religieuses qui pénètrent plus facilement dans les esprits ouverts. Et la prière en commun, comme l’assistance collective à la Messe du village et même les communions générales non pas imposées ni surveillées, mais suggérées et amenées simplement, révèlent souvent à des âmes ignorantes le réconfort de la vie religieuse.
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1° que des vacances payées, accordées pendant deux ou trois semaines, à tous les adolescents salariés, de préférence en été ou en automne, soient organisées;
2° que la J. O. C. organise à ces époques des séjours au grand’air, de préférence dans les Ardennes ou en Campine;
3° que toute une organisation de vacances, combinant l’effort collectif des membres avec les subsides des mutualités, des caisses de compensation, des pouvoirs publics et des soirées payantes prévoie la constitution méthodique d’un budget couvrant les frais des vacances.
8. Le Service Militaire des Jeunes Travailleurs.
I. LES MOTIFS.
a) Bien des questions se posent à l’occasion du service militaire des jeunes travailleurs. La préparation à la vie de caserne, comme la préservation pendant le séjour à l’armée sont à étudier sérieusement.
b) Il est à souhaiter que nos casernes deviennent de véritables centres d’éducation, et que tous les chefs d’armée depuis les officiers jusqu’aux caporaux, soient de véritables éducateurs. Il suffit d’avoir entendu certains propos; d’avoir été témoin de certaines scènes pendant les exercices, les instructions, ou les repas; d’être au courant des certaines soi-disant mesures de prophylaxie, pour mesurer la distance qui sépare la vie militaire d’une vie véritablement éducative. S’il s’agit avant tout à l’armée de faire de nos jeunes gens des défenseurs généreux de la patrie, ce but ne sera complètement atteint que le jour ou la caserne et la vie militaire, loin d’entraver la formation générale, morale et religieuse des jeunes gens, seront tout au contraire une école nouvelle où un patriotisme sainement compris inculquera aux citoyens une discipline, une générosité, une émulation pouvant aller jusqu’au véritable béroïsme.
c) Le service militaire doit donc épanouir, au lieu de les amoindrir, les vertus morales et religieuses du jeune soldat. L’atmosphère de la caserne, la tenue des chambres, l’ordre du jour, les réfectoirs, les cours, l’éducation hygiénique, l’instruction militaire proprement dite et surtout l’utilisation des loisirs devraient faciliter au jeune homme une tenue morale et une vie religieuse qui satisfassent les exigences les plus sévères. Les efforts remarquables de nos dévoués aumôniers militaires doivent être encouragés et soutenus.
d) Il ne faut pas non plus que le service militaire rompe tous les liens qui relient le jeune homme avec la famille, la profession, le milieu social et les influences bienfaisantes qu’il subissait jusqu’à ce jour. Bien au contraire, pour autant que c’est possible, le service militaire doit consolider ces liens. L’armée doit être organisée de telle sorte que le milicien puisse employer et même développer ses qualités professionnelles acquises, qu’il puisse suivre des cours professionnels, qu’il fréquente les réunions des groupements auxquels il appartient. Alors l’entr’aide, l’émulation, seront plus faciles, les relations avec la famille et la J. O. C. amèneront une influence bienfaisante et une vie religieuse plus intense.
e) Pourquoi ne pas avoir le courage de dénoncer les conversations scabreuses et les chansons grossières qui souillent parfois l’uniforme du jeune militaire? Se croit-il émancipé et vraiment à la page, quand dans les compartiments de trains, en groupe dans les cabarets, le milicien épate les bourgeois ou les civils par des propos orduriers ou par des chants crapuleux? Qui aura le courage de réagir, d’entonner les chants gais et alertes et fiers, d’entretenir des conversations agréables, joyeuses, instructives et dignes? L’exemple de quelques copains audacieux suffira pour faire taire les mal embouchés. Et surtout que les chrétiens aient la fierté de leur religion et exigent crânement, non seulement le respect de leurs convictions, mais la possibilité de vivre une vie surnaturelle intense, facilitée par l’usage fréquent des sacrements.
II. LES VOEUX.
La J. O. C. demande :
1° que toutes les sections locales donnent aux futurs miliciens une préparation militaire sérieuse, et vraiment efficace;
2o qu’avant le départ pour l’armée les secrétaires locaux informent le secrétariat général de l’adresse exacte des J. O. Cistes dans leur ville de garnison;
3o que tous les J. O. Cistes appartenant à la même garnison, s’efforcent de continuer entr’eux les relations de camaraderie chrétienne qui les unissaient à leurs compagnons des sections locales et des fédérations régionales;
4° que tous les J. O. Cistes miliciens suivent, pendant leurs loisirs, les réunions de J. O. C. et d’A. C. J. B. tenues dans leur ville de garnison, et fréquentent les cercles militaires;
5° que les sections locales restent en relations constantes avec leurs J. O. Cistes miliciens;
6° que les autorités militaires organisent le service de manière à faciliter le perfectionnement professionnel des jeunes travailleurs et à permettre la fréquentation intense des Sacrements;
7° que toutes les mesures soient prises pour écarter des chambrées, des cours, des exercices, des casernes, les illustrés, les livres, les enseignes qui pourraient corrompre les jeunes miliciens et propager parmi eux des habitudes vicieuses;
8° que les autorités militaires à quelque grade qu’elles appartiennent soient de plus en plus conscientes de leur immense responsabilité vis-àvis des milliers de familles qui leur confient la vertu, l’honneur, la santé et l’avenir de leur fils:
9° qu’une attention particulière soit portée à l’enseignement et à la propagation des chants gais, entraînants, mais dignes et fiers aux futurs miliciens et aux jeunes militaires.
V. ANNEXE.
La Question des Jeunes Travailleuses.
C’est à la J. O. C. F. qu’il appartient de tracer le programme national des jeunes travailleuses. Pourtant les jeunes travailleurs sont trop intéressés à l’avenir moral, physique et religieux de leurs jeunes sœurs de travail pour ne pas se préoccuper de leurs devoirs fraternels vis-à-vis de celles qui doivent être demain leurs épouses et les gardiennes de leur foyer. Voilà pourquoi la J. O. C. doit s’appliquer à tous ses degrés et dans toutes ses sections à aider l’œuvre d’organisation et de relèvement des jeunes travailleuses.
Et d’abord il faut inculquer à tous les jeunes travailleurs le sentiment du respect, de l’estime et de la considération pour toutes les ouvrières, quelque soit leur rang et leur profession. Tout relâchement à cet égard doit être considéré comme un manque de sentiment chevaleresque qui doit inspirer aux jeunes travailleurs l’ambition de défendre l’honneur, la réputation et la vertu des jeunes filles de la classe ouvrière. Il faut faire comprendre aux jeunes gens qu’il s’agit là d’un dépôt sacré sans lequel le relèvement de la classe ouvrière est impossible.
Que de progrès à réaliser sous ce rapport. Qu’on surveille les conversations qui détruisent la dignité de la jeune fille, qu’on proscrive les chansons qui portent atteinte à la réserve due à la compagne de travail, qu’on persiffle et qu’on pourchasse le vantard qui se targue de sa corruption! Le jeune homme vicieux, loin d’avoir du succès auprès de ses compagnons de travail, devrait être écarté comme un malheureux atteint d’une maladie contagieuse ou comme un malfaiteur et un criminel. Que les livres, les illustrés, les films, les plaisirs où l’honneur et la vertu des jeunes ouvrières sont flétris et bafoués, soient dénoncés, poursuivis et boycottés sans pitié! C’est aux vaillants, aux chastes et aux purs à entreprendre cette guerre sans trève ni merci. Ils doivent mettre les railleurs de leur côté. C’est une croisade enthousiaste à entreprendre pour transformer les mœurs publiques.
La J. O. C. demande :
1° que toutes les sections s’appliquent à inculquer aux jeunes adolescents le respect, l’estime et la considération de leurs jeunes compagnes de travail;
2° que tous les J. O. Cistes luttent avec vaillance contre tout ce qui, dans les conversations, dans la tenue et dans les amusements peut porter atteinte à l’honneur et à la vertu de la jeune fille;
3° que tous les J. O. Cistes n’hésitent pas à protester en public contre les abus existant dans certaines usines à personnel mixte, et contre certaines affiches, certains films, certains publications ou certaines maisons qui souillent l’honneur de la jeune fille et provoquent à la débauche;
4° que les égards rendus à la jeune ouvrière soient la caractéristique la plus belle de tout vrai J. O. Ciste!
VI. CONCLUSION.
Ce programme étendu est loin d’épuiser la question de l’organisation et du relèvement des jeunes travailleurs. La réalisation des vœux qui y sont exprimés ne sera pas l’œuvre d’un jour ni peut-être d’une génération.
C’est une tâche immense à réaliser. Ce programme n’est encore que la perspective ou l’ébauche de l’institution magnifique qui doit un jour abriter, former, défendre et représenter toute la jeunesse ouvrière chrétienne organisée. Puisse Dieu bénir ce programme! Puisse le Divin Ouvrier de Nazareth inspirer et soutenir les jeunes apôtres qui veulent faire rayonner parmi leurs compagnons l’influence bienfaisante de sa doctrine de Rédemption! Puissent les représentants de l’Eglise, à qui la J. O. C. soumet respectueusement ce programme, accorder leur puissant patronage à une organisation qui se propose d’épanouir l’Action Catholique parmi des jeunes travailleurs de notre pays.
L’organisation générale des Jeunes Travailleurs Chrétiens de Belgique constitue un mouvement unique, ayant des statuts communs, un programme semblable, une même direction.
Cette organisation comporte, pour les besoins de l’action immédiate, deux sections masculines : « La Jeunesse Ouvrière Chrétienne » et « De Kristene Arbeiders jeugd » (1).
Note
(1) La J. O. C. F. et la « Christene Jeugdorganisatie » qui groupent les jeunes travailleuses ont leur secrétariat central au Secrétariat général des O. S. F. C. B., 75, Boulevard Clovis, à Bruxelles.
I. La « Jeunesse Ouvrière Chrétienne » est le titre de la fédération nationale des jeunes travailleurs chrétiens de Belgique.
II. La J. O. C. a pour but :
1) l’éducation à base religieuse des jeunes travailleurs;
2) l’Action Catholique des jeunes travailleurs dans la classe ouvrière;
3) la propagande auprès des jeunes travailleurs en faveur de toutes les organisations sociales chrétiennes, spécialement des syndicats et des mutualités;
4) la défense des intérêts spécifiques des jeunes. travailleurs (orientation professionnelle, placement, apprentissage, enseignement professionnel, prévention des accidents, rééducation des jeunes accidentés, hygiène, moralité, chômage, vacances, etc.).
III. La J. O. C. réalise l’organisation générale de la jeunesse ouvrière, au sein du mouvement ouvrier chrétien qui, en Belgique, trouve son expression officielle dans la « Ligue des Travailleurs Chrétiens ».
La J. O. C. jouit de l’autonomie spécialement nécessaire pour mener l’Action Catholique auprès des jeunes gens de la classe ouvrière et pour leur inculquer la fierté de travailler eux-mêmes au progrès religieux, moral, intellectuel, professionnel et social de leurs compagnons de travail.
Elle reconnaît pourtant l’autorité générale de la Ligue des Travailleurs Chrétiens pour la direction du mouvement ouvrier chrétien. Elle en suit le programme et travaille à le réaliser dans l’ordre de ses compétences.
IV. La J. O. C. voulant développer parmi les jeunes travailleurs le sens et l’action Catholiques, et l’esprit de collaboration des classes, s’affilie à l’A. C. J. B., dont elle accepte les statuts et à l’action de laquelle elle participe fraternellement.
V. La direction religieuse et morale des groupes et des fédérations appartient aux prêtres délégués par l’autorité religieuse.
VI. La J. O. C. s’abstient de toute activité politique.
VII. La J. O. C. groupe :
1) Les jeunes gens qui sont sur le point de ir une profession
2) Les élèves des écoles professionnelles;
3) Les jeunes travailleurs (employés et ouvriers) jusqu’après leur service militaire.
VIII. La J. O. C. comprend des Fédérations régionales. Elles seront la plupart du temps des Fédérations d’arrondissement et s’étendront à une même région industrielle, pour permettre aux jeunes travailleurs qui se déplacent facilement, de rester en contact entr’eux et de se prêter les services mutuels nécessaires. Il ne sera reconnu qu’une fédération par région.
IX. La Fédération régionale se divisera autant que possible en Sections locales, paroissiales ou interparoissiales et en sections d’écoles professionnelles. Elle pourra également affilier des groupes déjà existants (boy-scouts, gymnastes, clubs, patronages, cercles d’études, etc.), composés de jeunes travailleurs, à condition que ces groupes adoptent les présents statuts et en remplissent les obligations.
X. A la tête de la fédération régionale se trouve un Conseil Régional. Il sera composé par les délégués des sections affiliées et se réunira mensuellement. Il choisira dans son sein un Comité Exécutif de 4 à 10 membres, responsables de l’exécution des décisions prises en réunion du conseil, de l’administration de la fédération régionale, et de la propagande parmi les jeunes travailleurs de la région.
XI. A la tête de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne se trouve un Conseil Général composé de deux délégués par fédération régionale de moins de 200 membres cotisants. Les fédérations régionales qui comptent de 200 à 500 membres ont droit à trois délégués; de 500 à 1000, quatre délégués; avec cinq délégués au maximum pour plus de 1000 membres.
XII. Le Conseil Général se réunit au moins semestriellement. Il choisit en son sein un Comité Exécutif de 7 à 15 membres. Ce comité est responsable de l’exécution des décisions prises par le Conseil Général, de l’administration de la Fédération Nationale et de la propagande générale.
XIII. Il est créé au service de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, un Secrétariat Général de Jeunesse Ouvrière qui a son siège à la Centrale Chrétienne du Travail, rue Plétinckx, 19, à Bruxelles.
Le Secrétariat Général est chargé de l’administration de la Fédération et de la propagande générale. Il édite le journal, le bulletin pour dirigeants, les tracts et brochures. Il réunit toute la documentation touchant les questions qui intéressent la Jeunesse Ouvrière; prépare les enquêtes, les congrès, les manifestations; se charge de l’examen et de la défense de tous les cas qui lui sont signalés; fait les démarches nécessaires auprès des pouvoirs publics; aide les fédérations régionales dans la tenue des congrès régionaux, des journées d’études, des cercles d’études, des ietraites fermées, et des récollections, et renseigne toutes les initiatives prises ou à prendre au sein de la J. O. C. Les fédérations régionales s’entendront avec le Secrétariat Général pour l’organisation de Secrétariats régionaux.
XIV. Les sections locales prévoient, dans leurs cotisations une part fédérale hebdomadaire de 20 centimes à répartir par moitié entre la fédération régionale et nationale.
La cotisation hebdomadaire minimum est de 25 cent. Elle assure gratuitement le journal et les services fédéraux.
Art. XV. Les détails d’organisation et d’activité de tous les rouages de la J. O. C. sont fixés par les règlements d’ordre intérieur des fédérations régionales et des sections locales adoptés par le Conseil Général. Leur application est obligatoire.
Les modifications ou les ajoutes jugées nécessaires par les circonstances locales seront préalablement soumises au Comité Général.
XVI. Les cas non prévus par les statuts et tous les différends qui pourraient surgir dans les Fédérations Régionales seront tranchés par le Conseil Général.
XVII. Tous changements aux présents statuts devront, pour être valables, être adoptés par les 3/4 au moins des membres présents du Conseil Général, spécialement convoqués à ce sujet.
Le Conseil général a été constitué le 18 avril 1925 lors du premier Congrès National.
Le Comité général élu à la même date est composé comme suit :
Aumônier général : M. l’abbé Cardyn.
Président : F. Tonnet, employé, Fédération de Bruxelles.
Vice-Président : A. Conrardy, ébéniste, Fédération de Liège.
Secrétaire général : J. Meert, constructeur, Fédération de Bruxelles.
Secrétaire adjoint: A. Delcourt, employé, Fédération de Nivelles.
Trésorier: P. Garcet, comptable, Fédération de Bruxelles.
Membres :
H. Verpoorten, cheminot, fédération de Verviers; F. Pirlot, traceur, féd. de Huy;
F. Decourcelles, employé, féd. de Waremme;
J. Hosch, cheminot, féd. de Virton;
F. Degive, lithographe, féd. de Namur:
R. Delplancq, verrier, féd. de Mons;
E. Biélande, métallurgiste, féd. de Charleroi;
J. Faidherbe, tourneur en fer, féd. de Tournai; L. Dereau, traceur, féd. de La Louvière; J. Delannoy, cheminot, féd. de Mouscron.
Conseillers moraux :
M. l’abbé Cardolle, du diocèse de Liège; M. l’abbé Delaere, du diocèse de Bruges; M. l’abbé Mortier, du diocèse de Namur; M. l’abbé Scarmure, du diocèse de Tournai.
Le Conseil et le Comité se réunissent régulièrement conformément aux statuts.
* * *
1. « La Jeunesse Ouvrière ».
Rédaction: Le Comité de rédaction nommé par le Comité Général est responsable envers celui-ci de l’esprit, du fond et de la forme du journal.
Le comité de rédaction s’inspire, dans la mesure du possible, des suggestions et remarques qui lui sont transmises et fait appel à des compétences particulières pour les sujets spéciaux à traiter.
Les colonnes du journal sont largement ouvertes aux membres de la J. O. C.
La Chronique : « Action et Propagande » est régulièrement alimentée par les comptes-rendus de l’activité régionale et locale de la J. O. C.
Il est évident que le Comité de rédaction garde son indépendance absolue concernant l’insertion et éventuellement la correction de la copie qui lui est adressée.
Abonnements: Les membres de la J. O. C., en règle avec le paiement de leurs cotisations, obtiennent le service régulier et gratuit du journal. Le prix de l’abonnement ordinaire est fixé à 10 fr. par an; 5,50 fr. par six mois.
Pour l’étranger: 12 fr. et 6,50 fr.
Il est établi un abonnement de soutien à 20 fr. par an.
Propagande : Une campagne de propagande est organisée vers la fin de chaque année pour obtenir le plus grand nombre possible d’abonnés nouveaux et pour assurer les réabonnements.
Cette propagande doit se poursuivre pendant l’année entière. Le Secrétariat général fournit des numéros du journal et les imprimés nécessaires par l’intermédiaire des secrétariats régionaux.
2. Le « Bulletin des Dirigeants ».
Rédaction: Moniteur officiel du Conseil Général, le B. D. est rédigé sous la responsabilité et le contrôle du Comité général. Il comporte toutes les directives et mots d’ordre du mouvement et sert de moyen de formation aux dirigeants régionaux et locaux.
Abonnements : Le service gratuit en est assuré à raison d’un exemplaire par fédération régionale et par section. Celui-ci sera adressé au membre de comité qui aura été renseigné au Secrétariat Général par l’intermédiaire de la fédération régionale.
L’abonnement ordinaire est fixé à 7 fr. par an. Tous les abonnements seront transmis par l’intermédiaire des Secrétariats régionaux et finissent le 31 décembre.
3. La Bibliothèque Centrale et la Documentation.
Le Secrétariat Général a rassemblé et continue d’acquérir les ouvrages, revues et documents se rapportant aux questions économiques, sociales et religieuses et plus spécialement à tous les problèmes de l’adolescence salariée.
Un certain nombre de ces ouvrages et documents ne seront prêtés que dans des cas exceptionnels étant donné leur valeur et l’impossibilité de les remplacer.
Les autres volumes seront prêtés aux conditions de la bibliothèque technique dont le règlement suit.
4. La Bibliothèque Technique.
Composition: Ouvrages techniques, industriels, professionnels, scientifiques.
Tous ces ouvrages sont absolument récents et choisis parmi les meilleurs.
La collection sera complétée progressivement suivant les demandes et les conseils qui nous parviendront.
Le catalogue parait au Bulletin des dirigeants en attendant son édition.
Prêts: Ils sont consentis exclusivement aux fédérations et sections de J. O. C. Les comités de celles-ci restent moralement et matériellement responsables envers le Secrétariat Général des livres qui leurs sont envoyés.
Les demandes pour être valables doivent mentionner clairement le numéro, l’auteur et le titre du livre. Elles doivent être signées par deux membres de comité (président, secrétaire ou trésorier).
Les demandes irrégulières sont considérées comme non avenues.
Les demandes se rapportant à des livres en lectures sont satisfaites dès la rentrée de ces livres.
Le retour des livres doit se faire dans un délai de six semaines maximum. Les demandes de prolongation doivent être faites à temps.
Les livres seront convenablement emballés et affranchis pour le retour.
Une légère rétribution est à joindre en un virement postal ou en timbres aux livres lors du retour.
Nous insistons vivement sur le soin qui doit être apporté aux volumes. Ils sont la propriété de tous et doivent encore servir, dans la suite, à un grand nombre de camarades.
Les prêts seront refusés aux sections qui n’observeraient pas régulièrement les recommandations qui précèdent.
5. Le service éducatif.
Il se charge de promouvoir et de faciliter toutes les initiatives des fédérations et des sections pour éduquer et distraire honnêtement les jeunes travailleurs.
Les conférences avec projections lumineuses.
Ce service est organisé au moyen de l’appareil à projections: « Le Photoscope ».
« Le Photoscope » est un appareil électrique servant à projeter, en les agrandissant, des images préalablement photographiées sur fils du format cinématographique.
« Le Photoscope » fonctionne sur tous les courants, grâce à une résistance spéciale, fournie avec l’appareil. Il fonctionne aussi sur batterie d’accumulateurs.
« Le Photoscope » donne une image nette et lumineuse de 3 mètres sur 2 m. 50.
« Le Photoscope » remplace avec de nombreux avantages les anciennes lanternes de projection.
Les films traitent tous les sujets : sciences, arts, industries, professions, sociologie, liturgie, histoire, hygiène, géographie, voyages, etc.
Les films sont accompagnés de textes explicatifs.
Tous les documents, quels qu’ils soient (photographies, dessins, cartes postales, plans, vues, plaques diapositives, etc.), qui nous sont confiés, sont reproduits par nos soins sur films « Microphote ».
Le service éducatif fournit les appareils, les accessoires et les films aux conditions les plus avantageuses.
Il accorde des subsides aux groupes.
Il envoie à toute demande la notice explicative et le catalogue des films.
Un service de prêts d’appareils et de films, est organisé pour les sections de la J. O. C. par l’intermédiaire des fédérations régionales.
Fêtes et Réunions intimes.
Le S. E. aide à la composition du programme de ces séances, conseille les pièces, monologues, chansons, musiques à choisir. Il établit la collaboration dans ce sens, entre les sections de J.O.C. ou avec d’autres groupes spéciaux.
Décoration des locaux, Expositions d’Art.
Le S. E. se charge de fournir les gravures, cadres, frises, pochoirs, affiches nécessaires pour la décoration des locaux J. O. Cistes.
Une collection de gravures, qui sera complétée et étendue de plus en plus, permet d’organiser des expositions artistiques lors de congrès ou de manifestations régionales ou locales.
Excursions, voyages, visites.
Le S. E. aide à la réalisation des initiatives prises, établit les itinéraires, fait les démarches auprès des administrations publiques et privées, fournit des guides etc…
Les Sports.
Le S. E. soutient et coordonne l’activité sportive des groupes de J. O. C., assure leur bon esprit, organise des matchs, etc…
6. Les éditions.
Tous les imprimés nécessaires à l’administration et à la propagande sont édités par le Secrétariat Général aux conditions les plus avantageuses : Papier à firme, cartes postales, enveloppes, convocations, cahiers de cotisation, bordereaux, tracts etc…
Une série de brochures est éditée progressivement sur les points essentiels du programme de la J. O. C. Leur parution est annoncée au journal et au B. D.
Décoration des locaux, Expositions d’Art.
Le S. E. se charge de fournir les gravures, cadres, frises, pochoirs, affiches nécessaires pour la décoration des locaux J. O. Cistes.
Une collection de gravures, qui sera complétée et étendue de plus en plus, permet d’organiser des expositions artistiques lors de congrès ou de manifestations régionales ou locales.
Excursions, voyages, visites.
Le S. E. aide à la réalisation des initiatives prises, établit les itinéraires, fait les démarches auprès des administrations publiques et privées, fournit des guides etc…
Les Sports.
Le S. E. soutient et coordonne l’activité sportive des groupes de J. O. C., assure leur bon esprit, organise des matchs, etc…
7. Le Service de Librairie.
Il fournit, avec remises, aux sections, aux membres et amis de la J. O. C.:
1) les ouvrages de librairie:
2) les missels et vespéraux de Lophem et du Mont-César;
3) les pièces de théâtre, chansons, monologues et partitions musicales;
4) les gravures, reproductions de tableaux, cartes postales etc.
Les commandes sont adressées directement au Secrétariat Général avec les précisions nécessaires. Le paiement se fait par versement postal dès réception des ouvrages.
8. Le Service de Propagande.
L’équipe centrale de propagande est à la disposition des fédérations régionales et des sections locales pour la participation à des journées d’études, manifestations, congrès, équipes régionales ou réunions de propagande, constitution de nouvelles sections, difficultés régionales ou locales et en toutes circonstances où leur présence est jugée utile.
Ces réunions doivent être annoncées le plus longtemps possible à l’avance pour assurer une bonne répartition du travail, une préparation suffisante, un maximum de rendement.
9. Les semaines d’étude.
Elles ont lieu, au moins une fois chaque année, dans le but d’assurer la formation intensive des dirigeants régionaux et locaux, et de créer entre tous l’unité d’esprit et d’action et des liens profonds d’amitié.
10. L’Administration et la Correspondance.
Nous demandons à tous nos amis de veiller aux points suivants :
1) écrire lisiblement;
2) répondre d’une manière claire, complète et rapide aux questions posées par les formulaires ou la correspondance;
3) adresser sur des feuilles séparées les communications pour les divers services du Secrétariat Général;
4) affranchir suffisamment les envois pour éviter les taxes supplémentaires et les retards qu’elles occasionnent;
5) joindre timbre pour la réponse aux demandes de renseignements ou de services;
6) user d’un peu de patience en tenant compte que toute réponse ne peut pas être fournie immédiatement. Envoyer pourtant un rappel quand on le juge nécessaire;
7) effectuer tous les paiements au compte de chèques postaux 105.963 (P. Garcet); sans retard et en mentionnant clairement sur le talon de l’effet à quoi se rapporte la somme versée.
Les cotisations doivent suffire à assurer la marche normale du mouvement et à couvrir les frais ordinaires d’organisation et de propagande.
Mais notre mouvement est jeune encore et la tâche est immense. Pous intensifier l’action, des dépenses énormes sont inévitables. Nous avons ouvert alors le Fonds National de Propagande.
Ce fonds doit être largement alimenté par les Jocistes eux-mêmes. Il faut qu’en plus de la cotisation, nous sachions nous imposer des sacrifices libres et volontaires pour le mouvement.
Les sections auront à y verser 25 % du bénéfice net, éventuel, de toutes les séances publiques organisées (décision du Conseil National).
Puis, nous lançons avec confiance un appel pressant aux personnes qui comprennent l’œuvre providentielle que la J. O. C. doit réaliser dans notre société moderne.
Nous leur demandons de nous aider avec largesse, transformant ainsi, selon le Christ luimême, les valeurs matérielles de ce monde, en trésors inaltérables pour l’Eternité.
Dispositions Générales.
I. Les fédérations régionales de J. O. C. groupent toutes les sections de J. O. C. d’un arrondissement (ou d’une région). Elles comptent des sous-fédérations pour des régions (ou doyennés) trop éloignés du centre.
II. Pour s’affilier à la fédération un groupe doit être régulièrement constitué, adopter et appliquer les statuts, le programme général et les règlements de la J. O. C.
III. Aucune affiliation individuelle ou collective n’est admise à la J. O. C. en dehors de la fédération régionale intéressée.
Direction et Administration.
IV. La fédération est dirigée par un conseil régional, composé d’un délégué par section locale affiliée de moins de 25 membres; de deux délégués pour les sections de 26 à 50 membres, avec un maximum de 3 délégués pour plus de 50 membres. Chaque délégué a un suppléant.
V. Un directeur-prêtre désigné par l’autorité religieuse est attaché à la fédération. Il en est le conseiller et le guide; et assiste de droit à toutes les réunions.
VI. Le Conseil régional se réunit mensuellement à jour et heure fixes autant que possible.
VII. Cette réunion comporte essentiellement :
a) la prière;
b) le rapport détaillé et précis de la séance précédente;
c) les rapports d’activité de chaque section par leurs délégués respectifs (ces rapports doivent être (écrits et discutés);
d) l’examen des directives, mots d’ordre et conseils, parus au dernier « Bulletin des Dirigeants »;
e) la préparation des journées d’étude, récollections, réunions locales ou régionales, campagnes d’ensemble, etc.;
f) l’appréciation du journal pour l’envoi éventuel des remarques au Secrétariat Général; g) la liquidation des comptes cotisations et autres; remise aux délégués des imprimés, insignes, etc., nécessaires aux sections.
VIII. Le conseil choisit en son sein un comité exécutif, composé de 6 à 14 membres élus par vôte secret à la majorité simple des voix.
IX. Le comité est réélu chaque année à la réunion du conseil régional en janvier. Les membres sortants sont rééligibles.
X. Le comité exécutif se réunit mensuellement avant la réunion du conseil et chaque fois que le directeur-prêtre ou un membre du comité le demandent.
XI. Cette réunion comporte essentiellement :
1° la prière;
2o le rapport détaillé et précis de la séance précédente;
3o la préparation complète et dans le détail de l’ordre du jour de la réunion du conseil;
4° l’examen de la situation des sous-fédérations régionales s’il y en a et la préparation des réunions de conseil à y tenir;
5° l’examen de la situation des sections;
6° le contrôle de l’organisation et de l’administration fédérales, de la situation financière et de tous les autres services fédéraux (secrétariat professionnel, bibliothèque, documentation, sections spéciales diverses);
7° l’organisation de la propagande dans la région (membres, nouvelles sections, journal, fonds de propagande, etc).
XII. Les fonctions se répartissent comme suit :
Le Président :
a) préside toutes les réunions du conseil et du comité;
b) veille au bon fonctionnement de la fédération, des sections locales et de tous les services fédéraux;
c) contrôle les autres membres du comité dans l’exercice de leurs fonctions respectives; d) s’occupe activement de la propagande générale.
XIII. Le Vice-président :
aide et, éventuellement, remplace le président dans l’exercice de ses fonctions.
XIV. Le Secrétaire :
a) convoque, d’accord avec le président et en temps utile, les délégués au conseil régional.
(Il adresse une convocation, pour information, aux directeurs-prêtres et aux délégués suppléants des sections locales et au Secrétariat Général);
b) convoque dans les mêmes conditions les réunions du comité exécutif et toute autre assemblée régionale;
c) prend note, dans un cahier spécial, des présences à toutes les réunions régionales, spécialement à celles du conseil et du comité;
d) rédige le rapport de toutes les réunions dans des cahiers spéciaux;
e) envoie au secrétariat général la copie du rapport détaillé de chaque réunion du conseil régional, et les comptes-rendus des réunions importantes pour insertion dans le journal;
f) assume soigneusement les travaux de correspondance et en général, tout ce qui concerne ses fonctions.
XV. Le Secrétaire-Adjoint :
partage avec le secrétaire les besognes courantes et le remplace au besoin.
XVI. Le Trésorier :
a) établit la fiche régionale pour chaque carte de membre venant du secrétariat général;
b) réclame le 10 de chaque mois, les comptes de cotisations en retard aux trésoriers des sections locales;
c) reporte sur les fiches, les cotisations portées aux borderaux; constate les membres en retard de 3 mois et insiste auprès des trésoriers locaux respectifs, pour que ces membres se mettent en ordre ou communiquent leur démission;
d) adresse au secrétariat général, le 20 du mois au plus tard, le « bordereau récapitulatif » des cotisations fédérales (10 centimes par semaine et par membre), la liste des démissionnaires éventuels et les autres comptes à liquider au Secrétariat Général;
e) tient, dans un cahier de caisse, le compte exact de la part de cotisations fédérales revenant à la fédération régionale, portées en bloc, lors de l’établissement du « bordereau récapitulatif »; ainsi que toutes les recettes et dépenses, approuvées explicitement par le comité et à la date où elles ont eu lieu;
f) doit être en mesure de fournir une situation de caisse à chaque réunion du comité ou du conseil ;
g) dépose obligatoirement les fonds de la fédération régionale à un compte spécial, à la banque ouvrière ou caisse centrale d’épargne. adoptée par la fédération régionale de J. O. C. (Il sera stipulé que les retraits doivent être contre-signés par le président de la fédération régionale). Le Comité décide la somme approximative qui peut rester en caisse pour les dépenses courantes. Le trésorier aura également un compte de chèques postaux;
h) recueille et fait parvenir au Secrétariat Général, les souscriptions d’abonnements au journal et au fonds de propagande;
i) tient à cœur en toutes circonstances, les intérêts financiers de la fédération et du mouvement en général.
XVII. Le Trésorier adjoint :
aide et remplace éventuellement le trésorier.
XVIII. Les Commissaires :
a) aident les autres membres du comité de leurs conseils et de leur activité;
b) assument les tâches extraordinaires (organisation des journées d’études, récollections, visites, excursions, fêtes, congrès, campagnes spéciales, etc.);
c) s’occupent activement de la propagande.
XIX. La fédération régionale utilise pour toute son administration les formulaires du modèle exact adopté partout. Elle supporte les frais du secrétariat régional, ainsi que des cahiers et bordereaux de cotisations fournis aux sections.
Sous-Fédérations Régionales.
XX. Des sous-fédérations régionales peuvent être créées dans chaque région d’où les communications sont trop difficiles ou trop coûteuses avec le siège de la fédération régionale.
XXI. Elles ont un conseil et un comité, des réunions fonctionnant comme il est dit aux articles IV à XIX. Un délégué du comité régional y assiste régulièrement pour maintenir le contact et la cohésion. Un délégué de la sousfédération assiste aux réunions du conseil régional pour le même motif.
Sections spéciales et Services spéciaux.
XXII. sont créés
Des sections et services spéciaux au sein de la fédération régionale suivant les besoins et les possibilités (secrétariat professionnel, cours professionnels ou généraux, propagande syndicale et mutualiste parmi les jeunes, bibliothèques, services de bourse de voyage, etc.);
XXIII. Chaque section spéciale est dirigée par un comité distinct, fonctionnant comme il est dit plus haut et dont les membres sont choisis autant que possible en dehors du comité régional, afin de repartir les charges et de donner à un plus grand nombre de membres l’occasion de se former.
XXIV. Un membre du comité régional est chargé spécialement de chaque section ou service spécial.
XXV. Les réunions et toutes les initiatives des sections spéciales devront être soumises au comité régional et approuvées par le conseil. Le Président du comité régional assiste de droit, à toutes les réunions des sections spéciales.
XXVI. — Il sera établi au secrétariat régional une permanence à jours et heures fixes.
XXVII. — La fédération régionale organise chaque trimestre une journée d’études consacrée à un des problèmes importants de la vie des jeunes travailleurs.
Chaque trimestre a lieu également une journée de récollection pour l’élite des C. E. de J. O. C. de la région.
Les initiatives importantes de la fédération seront soumises préalablement au Comité National. La fédération consultera le Secrétariat Général pour l’organisation de chaque journée d’études ou récollection.
Représentation au Conseil Général.
XXVIII. Le conseil régional choisit en son sein les délégués au Conseil Général (deux pour moins de cent membres; trois pour moins de cinq cents membres; quatre pour moins de mille membres, avec un maximum de cinq pour plus de 1000 membres). Chaque délégué a un suppléant.
XXIX. Les délégués ou leurs suppléants se réunissent trimestriellement sur convocation du comité général.
XXX. Ils doivent avoir un mandat effectif de leurs fédérations respectives, concernant les points à l’ordre du jour.
Participation à l’organisation générale de la Jeunesse Catholique.
XXXI. La fédération régionale de J.O.C. fait partie de la fédération régionale de Jeunesse Catholique (A. C. J. B.).
XXXII. La fédération régionale de J.O.C. est représentée proportionnellement à ses effectifs au sein du conseil et du comité régional d’A. C. J. B.; assiste aux réunions régionales et participe aux manifestations, campagnes ou congrès organisés par l’A. C. J. B. dans la région.
Rapports avec les organisations ouvrières.
XXXIII. La fédération régionale reste en rapports étroits avec les organisations ouvrières chrétiennes de la région (spécialement les syndicats et les mutualités) participe aux réunions et aux manifestations générales pour promouvoir ainsi la formation sociale des J. O. Cistes et les amener à être des membres actifs de ces organisations.
Exclusion des groupes.
XXXIV. Peuvent être exclus de la J.O.C.: a) les groupes en retard de trois mois dans la rentrée des cotisations;
b) les groupes qui ne se sont pas fait représenter à trois réunions consécutives du conseil régional sans motif sérieux, communiqué au comité régional;
c) les groupes dont l’attitude et l’activité sont en contradiction avec les statuts et l’esprit de la J. O. C. et portent gravement atteinte à la prospérité ou à la réputation du mouvement.
XXXV. Le comité général est seul compétent pour prononcer l’exclusion suivant rapport du comité régional et après enquête sérieuse.
La fédération régionale est un organe très important dans notre organisation. Elle est l’intermédiaire entre le centre et l’extrémité, l’engrenage qui communique le mouvement.
La bonne marche d’une fédération dépend avant tout de l’intelligence, de l’initiative, de la persévérance, de la discipline et du dévouement de ses dirigeants.
Le règlement d’ordre intérieur qui précède doit servir de base à l’action, être souvent consulté et régulièrement suivi.
Ajoutons-y quelques considérations pratiques.
Ils doivent être considérés comme de véritables réunions d’état-major où l’on évite toute phrase, toute cérémonie, pour faire du travail concret, positif.
Les convocations sont envoyés à temps accompagnées chaque fois du questionnaire imprimé pour le rapport à fournir (voir texte ci-dessous).
Les réunions sont fixées autant que possible le dimanche, à date et heure fixes. L’ordre du jour est soigneusement préparé en comité suivant le règlement, et les points importants répartis entre divers rapporteurs.
Les sections ni représentées, ni excusées, devront dans toute la mesure du possible être promptement visitées par les propagandistes régionaux. Leur absence est souvent l’indice d’un relâchement.
Questionnaire pour le Rapport à fournir par le délégué à la réunion mensuelle du Conseil Régional.
A. Comité.
1. Quand s’est-il réuni la dernière fois?
2. Suit-on l’ordre du jour mentionné au règlement d’ordre intérieur?
3. N’y a-t-il pas de changement dans la constitution du comité?
B. – Assemblée Générale.
4. Les réunions sont-elles soigneusement préparées, jusque dans le détail, en comité ou en C. E.?
5. Date et ordre du jour de la dernière réunion?
6. Combien de membres étaient présents?
7. Les membres prennent-ils une part active aux séances?
8. Date de la prochaine séance?
C. Cotisations.
9. Combien de membres sont en retard de paiement?
10. Va-t-on à domicile chez les membres absents aux réunions?
11. Les comptes du mois dernier sont-ils rentrés à la fédération?
D. Journal.
12. Le journal est-il lu par les membres?
13. Quelle est leur appréciation générale?
14. Le reçoivent-ils tous régulièrement?
15. A-t-on fait valoir des desiderata particuliers?
16. La section a-t-elle envoyé un compte-rendu le mois dernier?
E. Cercle d’Etudes.
17. Y a-t-il un cercle d’études de J. O. C. dans la section?
18. Nombre de réunions par mois?
19. Moyenne de présences?
20. Quel travail a-t-il fait pendant le mois dernier?
F. Sections spéciales.
21. Y a-t-il une bibliothèque dans la section?
22. Quel est le nombre de prêts pendant le mois dernier?
23. Y a-t-il une caisse d’épargne?
24. Nombre d’adhérents?
25. Montant de versements effectués pendant le mois dernier?
26. Y a-t-il d’autres sections spéciales?
Indiquez pour chacune :
Le nombre de membres.
Le nombre de nouveaux membres.
Le nombre de démissions.
Le motif de celles-ci.
L’ordre du jour de la dernière réunion?
Quelle propagande fait-on pour ces sections?
G. Activité Générale.
27. La section a-t-elle participé à une réunion locale ou régionale d’A. C. J. B.?
28. Avec combien de membres?
29. La section a-t-elle participé à une réunion locale ou régionale des organisations ouvrières chrétiennes?
30. Avec combien de membres?
31. La section a-t-elle organisé des réunions extraordinaires le mois dernier (conférence publique, excursions, séance récréative, etc.)?
32. Donnez un bref compte-rendu.
33. La section a-t-elle entrepris une campagne spéciale ou participé à une campagne générale de la J. O. C.?
34. Quel est le résultat obtenu?
35. La section a-t-elle des membres soldats?
36. Reste-t-elle en rapport avec eux?
37. A-t-on communiqué leur adresse militaire au Secrétariat Général pour le service du journal?
38. La section a-t-elle rencontré des difficultés parti-
culières pendant le dernier mois?
H. La Propagande.
39. A-t-on gagné des membres?
40. Quels moyens de propagande ont été employés ?
41. Y a-t-il des démissions? Combien?
42. Quels en sont les motifs?
43. A-t-on fait de nouveaux abonnés au journal? Combien ?
44. Quelle somme la section a-t-elle envoyée au fonds national de propagande?
I. Fournitures.
45. La section a-t-elle besoin : De timbres de cotisation? D’insignes?
De journaux de propagande? D’imprimés?
46. Combien ?
Les membres du comité régional doivent être choisis parmi ceux que les dispositions personnelles et le dévouement, rendent les plus aptes à mener à bien la gestion de la fédération.
Il faut pourtant tenir compte aussi, dans la mesure du possible, de la représentation des régions ou des sections les plus importantes, surtout si des sous-fédérations existent.
Un élément important de bon travail, c’est la répartition judicieuse des tâches administratives et des divers services. Il est très utile de répartir également la responsabilité générale des sections en tenant compte des dispositions géographiques et des circonstances.
Chaque membre aura ainsi un rayon réduit de surveillance et d’activité plus directe.
Celui-ci doit être installé, dans toute la mesure du possible, dans un local spécial, propre, confortable, gai, où il fasse bon de se retrouver, de travailler, de causer ensemble.
Qu’il y ait au moins un meuble, fermant bien, où l’on puisse ranger les fichiers, classeurs, fardes, imprimés, le matériel. Que tout cela soit toujours en ordre, inspire confiance aux camarades; de la fierté pour leur mouvement et du sérieux dans leur propre action.
Elles sont indispensables pour assurer l’expédition régulière de la besogne courante. Que tous ceux qui ont une part d’administration à leur charge, tâchent d’être au poste ce soir-là. On a souvent besoin l’un de l’autre pour des renseignements, des explications. On peut aussi plus facilement s’entr’aider en cas de surcharge.
Il est très utile d’amener des camarades de bonne volonté pour aider à faire des travaux secondaires, aussi indispensables, aussi utiles que les autres et qui seront pour eux l’occasion d’une initiation progressive.
Veillons cependant à ce que le trop grand nombre de « travailleurs » ne fasse pas tourner les permanences en parlottes inutiles à cause de l’un ou de l’autre bavard.
Ces permanences doivent avoir lieu une ou deux fois par semaine selon les possibilités et les nécessités; mais à jours fixes de façon à en assurer et à permettre aux camarades des la régularité sections de venir ce soir là se fournir du nécessaire, rentrer leurs comptes, demander des renseignements ou des services.
Elles doivent constituer les relais trimestriels de l’activité régionale; conclure le travail passé, préparer le travail à venir, spécialement celui de nos cercles d’études et assemblées générales de sections.
Toute journée d’études doit être préparée par une enquête sur le sujet à l’étude. Celui-ci sera donc fixé au moins deux mois à l’avance, d’accord avec le secrétariat général qui fournira les questionnaires.
La réussite d’une J. E. exige de nombreux déplacements des propagandistes régionaux pour stimuler et aider le travail d’enquête, pour battre le rappel que de simples convocations n’arrivent évidemment pas à réaliser. Les rapports d’enquête sont rassemblés au sécrétariat régional au moins 10 jours avant la J. E. pour être transmis aux rapporteurs.
Les J. E. doivent avoir le même esprit, suivre les mêmes méthodes que toutes les réunions Jocistes. Pas de discours mais du travail en commun, sérieux, de la vraie coopération, où chacun reçoit dans la mesure où il donne (voir programme général IVe partie, chap. 3).
La matinée (de 10 à 12 h.) est réservée à l’étude du premier point. L’après-midi comporte le rapport trimestriel d’activité régionale, le second point à l’étude et une partie récréative. Cette dernière ne peut ressembler en rien à la grande partie des fêtes dramatiques et musicales. Elle ne doit pas être longue d’ailleurs, mais viser
un résultat nettement positif d’éducation du beau et du bien. Le service éducatif du S. G. y aidera dans toute la mesure de ses moyens.
Dans les circonstances où nous vivons, et dans lesquelles s’exerce notre apostolat, la formation surnaturelle de nos propagandistes et de nos dirigeants est une question capitale. Le recueillement, la réflexion, la prière sont indispensables dans notre vie quotidienne et doivent être périodiquement stimulés et fortifiés. C’est la tâche des récollections trimestrielles et des retraites annuelles.
Restons-y fidèles coûte que coûte, acceptant de mortifier notre besoin d’agir, pour assurer, par une vie intérieure intense et régulière, l’efficacité de notre apostolat Jociste.
La date des récollections doit être fixée bien à l’avance de façon à ce que chacun puisse prendre ses dispositions pour être libre.
Elles ont lieu un dimanche ou jour de fête et comportent une journée entière passée dans un monastère, choisi pour sa situation facilement accessible, son atmosphère de paix, ses facilités pratiques concernant les lieux de réunion et les repas.
Les adhésions sont demandées à l’avance de manière à prévoir les détails matériels et à éviter les surprises.
Le Secrétariat Général est averti en temps et procure éventuellement un prédicateur, choisi parmi ceux qui savent s’adapter le mieux à nos besoins de jeunes travailleurs et de propagandistes ouvriers.
Tous les détails matériels étant bien prévus, on veille surtout à garder aux récollections comme aux retraites un esprit de ferveur et de recueillement.
Elles existent dans chaque fédération. Leur but est d’assurer au mouvement des membres connaissant à fond le programme et l’organisation, ayant une formation générale de plus en plus soignée et étant capables de conduire avec aisance les réunions nombreuses qu’exigent la vie et l’extension de la J. O. C.
Le fonctionnement de ces équipes est assuré avec la collaboration du Secrétariat Général.
La fédération de Bruxelles a organisé un « Secrétariat professionnel pour jeunes gens »>, s’occupant d’orientation professionnelle, de placement, d’apprentissage, d’enseignement professionnel, du logement des apprentis; de l’aide, du soutien et de la défense des jeunes dans toutes les circonstances de leur vie professionnelle.
Cet office permanent est installé rue St. Christophe, 19, à Bruxelles-Bourse (Tél. Br. 122,04 et 154,44).
Il doit servir de guide et de conseil à toute l’activité qui doit être déployée dans ce sens par les autres fédérations pour arriver progressivement à la constitution d’organismes semblables.
En attendant, le secrétariat professionnel de Bruxelles est à la disposition de tous.
Elle doit mettre à la disposition des membres les livres essentiels et le mieux adoptés aux Jocistes de la région : ouvrages religieux, sociaux, professionnels, scientifiques; prêtés dans des conditions semblables à ceux de la Bibliothèque du S. G.
Les Sections Locales de J. O. C.
Dispositions Générales.
I. La section locale (ou paroissiale) de J. O. C. est rattachée à la fédération nationale de la J. O. C. par l’intermédiaire de la fédération régionale. Elle adopte les statuts, le programme et les directives de la J. O. C.
Les membres.
II. La section est constituée par les jeunes gens de la localité (ou de la paroisse)
a) sur le point de choisir une profession;
b) élèves des écoles professionnelles;
c) apprentis, jeunes ouvriers ou employés jusqu’après leur service militaire.
III. Pour être admis il faut :
a) appartenir à la classe ouvrière et rentrer dans une des catégories mentionnées à l’article II;
b) être de bonne conduite;
c) accepter les statuts, règlements, programme directives de la J. O. C.;
d) remplir une adhésion, contre-signée, pour approbation, par le président et le secrétaire de la section;
e) payer le droit d’inscription de 50 centimes.
IV. Les membres conservent soigneusement leur carte de membre, payent la cotisation hebdomadaire (minimum 25 centimes), portent l’insigne de la J. O. C., lisent l’organe : « La Jeunesse Ouvrière »>, assistent aux réunions et participent en général à toute l’activité de la J. O. C.
Réunions.
V. La section se réunit au moins chaque mois, à jour et heure fixes autant que possible, en assemblée générale.
Cette réunion comporte essentiellement :
a) la prière;
b) l’appel nominal des présents;
c) le rapport de la séance précédente;
d) la discussion et l’interprétation des faits intéressants du mois dans la vie professionnelle, sociale ou religieuse;
e) l’appréciation en commun de notre journal « La Jeunesse Ouvrière »;
f) une causerie discutée, sur un sujet intéressant la jeunesse ouvrière;
On y joindra parfois, quand il est possible, des projections lumineuses ou des films;
g) la communication des directives, ordres du jour, réunions spéciales de la section ou de la région;
h) le payement des cotisations.
Directives et Administration.
VI. La section est dirigée et adminstrée par un comité de 3 à 10 membres.
VII. Un prêtre-directeur désigné par l’autorité religieuse est attaché à la section. Il en est le conseiller et le guide, et assiste de droit à toutes les réunions.
VIII. Le comité est élu par vote secret à la majorité simple de voix parmi les membres qui font partie de la J. O. C., depuis 6 mois au moins et dont la candidature aura été approuvée par le directeur-prêtre.
IX. Pendant les six mois qui suivent la fondation d’une section, celle-ci est administrée par un comité provisoire.
X. Le comité est réélu chaque année à l’assemblée générale, anniversaire de la fondation de la section. Les membres sortants sont rééligibles.
XI. Le comité se réunit au moins chaque mois et chaque fois que le directeur-prêtre ou un membre du comité le demande.
XII. Cette réunion comporte essentiellement :
a) la prière;
b) le rapport de la réunion précédente;
c) l’examen du dernier numéro paru du « Bulletin des Dirigeants » et de l’activité qu’il comporte;
d) la préparation de l’ordre du jour et l’organisation de la propagande pour les assemblées générales et les autres réunions locales ou régionales;
e) l’examen de la marche des sections spéciales, des initiatives à prendre, de la propagande à mener;
f) l’approbation du rapport écrit du secrétaire sur l’activité mensuelle de la section, à emporter par le délégué au Conseil régional. Détermination de l’attitude à prendre par celui-ci sur les questions à l’ordre du jour du conseil régional, des renseignements, etc… à demander:
g) l’examen de la situation financière de la section (rentrée des cotisations, compte de la fédération régionale, dépenses, moyens de créer des revenus extra-ordinaires, etc.).
XIII. Les fonctions au sein du comité se répartissent comme suit :
Le président :
a) préside toutes les réunions de la section;
b) veille au bon fonctionnement de la section locale et de ses sections spéciales (cercle d’études, messes de communions générales, manifestations religieuses et sociales, récollections et retraites, jeunesse syndicaliste et mutuelliste, caisse d’épargne, clubs, visites, promenades, gymnastiques, sections sportives, etc…);
c) contrôle des autres membres de comité et les chefs des sections spéciales dans l’exercice de leurs fonctions;
d) s’occupe spécialement de la propagande générale.
Le vice-président : aide le président et éventuellement, le remplace.
XIV. Le Secrétaire: a) prend note des nouvelles adhésions et les adresse au secrétariat général avec le droit d’inscription en timbres de poste ou versement au compte-chèques postaux;
b) convoque d’accord avec le président en temps utile les membres pour toutes les réunions ordinaires et extra-ordinaires de la section;
c) prend note des présences aux réunions;
d) rédige le rapport de toutes les réunions dans des cahiers spéciaux;
e) envoie au secrétariat régional le compterendu des réunions importantes, ou au moins chaque trimestre un rapport d’activité pour insertion dans le journal;
f) remet chaque mois, au délégué quelques jours avant la réunion du conseil régional, un compte-rendu mensuel d’activité précis de la section, approuvé par le comité;
g) assume soigneusement les travaux de correspondance et en général tout ce qui concerne ses fonctions.
Le secrétaire adjoint: partage avec le secrétaire les besognes courantes et le remplace au besoin.
XV. Le trésorier :
a) perçoit régulièrement les cotisations des membres; se rend à domicile chez ceux qu’il n’a pas rencontrés lors des séances en se faisant aider, s’il le juge nécessaire par un ou plusieurs percepteurs;
b) tient régulièrement à jour son cahier de cotisations;
c) adresse au secrétariat régional avant le 10 du mois le bordereau des cotisations perçues pendant le mois écoulé et la part fédérale (20 centimes par semaine et par membre) en un versement au compte de chèque-postal du trésorier régional; il y joint la liste des démissionnaires éventuels ou des membres exclus de la section;
d) tient dans un cahier spécial le compte exact et par ordre de date, des cotisations reçues, des parts fédérales versées au Secrétariat régional, de toutes les recettes et dépenses.
Celles-ci doivent être approuvées par le Comité Les pièces de caisse doivent être conservées:
e) dépose obligatoirement les fonds de la section à la Banque Ouvrière Chrétienne adoptée dans la région. Les effets doivent être contresignés par le Président. Le comité décide la somme qui peut rester en caisse pour les dépenses courantes. Si la section est importante le trésorier fait ouvrir un compte de chêques-postaux:
f) dresse une situation de caisse pour chaque réunion du comité;
g) recueille et fait parvenir au secrétariat général les souscriptions d’abonnement au journal et au Fonds National de Propagande:
h) tient à cœur, en toutes circonstances, les intérêts financiers de la section.
Le trésorier adjoint: aide et remplace éventuellement le trésorier.
XVI. Les commissaires:
a) aident les autres membres du comité de leurs conseils et de leur activité;
b) assument les tâchent extra-ordinaires (conférences publiques, fêtes, excursions, visites, etc..);
c) s’occupent activement de la propagande.
Sections spéciales.
XVII. La Section constitue dans le plus bref délai possible un Cercle d’Etudes pour la formation de l’Elite, spécialement des membres du Comité. On s’inspirera pour son fonctionnement des directives contenues dans le programme général de la J. O. C.
D’autres sections spéciales sont créées au sein de la section locale selon les besoins et les possibilités Ligue Eucharistique, caisse d’épargne (dotale), Jeunesse Mutualiste, Jeunesse syndicaliste, gymnastique, cercle d’agrément, groupe sportif, section artistique, etc…).
XVIII. Pour faire partie d’une section spéciale, il faut être effectivement membre de la J. O. C., avoir sa carte de membre, payer la cotisation générale, suivre les réunions d’ensemble et se conformer en tout aux statuts et à l’esprit de J. O. C.
XIX. Chaque section spéciale est dirigée et administrée par un comité distinct fonctionnant comme il est dit plus haut et dont les membres sont choisis autant que possible en dehors de ceux du comité général de la section, afin de répartir les charges et de procurer à un plus grand nombre de membres l’occasion de se former.
XX. Les sections spéciales auront des cotisations spéciales suivant leurs besoins. Ces cotisations ne suppriment en aucun cas la cotisation générale, mais peuvent être combinées avec elle.
XXI. Chaque section spéciale est représentée par un membre aux réunions du comité local. Il a voix délibérative.
XXII. Les réunions et toutes les initiatives des sections spéciales devront être soumises au comité local. Le président du comité local assiste de droit à toutes les réunions des sections spéciales.
XXIII. Dans les paroisses et communes où existent d’autres groupements catholiques de jeunesse, la J. O. C. s’entendra avec ceux-ci pour la création des sections spéciales mentionnées plus haut.
Représentation de la Fédération Régionale.
XXIV. Le comité local désigne en son sein un délégué au conseil régional par fraction de 25 membres, avec un maximum de 3 délégués. Chaque délégué a un suppléant.
XXV. Les délégués, effectifs ou suppléants se rendront régulièrement chaque mois à la réunion du conseil régional.
Ils seront munis:
a) d’un rapport mensuel écrit du secrétaire, sur l’activité de la section;
b) du compte des cotisations (si le conseil régional se réunit avant le 15 du mois);
c) d’un mandat effectif de sa section concernant les points à l’ordre du jour.
Les délégués transmettent au comité régional les demandes d’assistance professionnelle, syndicale ou juridique, de documentation, de renseignements, de conférenciers, d’imprimés, etc… Ils font part au comité des difficultés particulières rencontrées, des projets importants de leur section et de tous autres faits pouvant intéresser le mouvement.
Participation à l’organisation générale de la Jeunesse Catholique (A. C. J. B.).
XXVI. La section de J. O. C. fait partie de l’Association paroissiale ou locale de la Jeunesse Catholique; ou prend l’initiative de la constituer, si elle n’existe pas.
XXVII. La section de J. O. C. est représentée au comité paroissial ou local de l’A. C. J. B., participe aux réunions d’ensemble de la paroisse, de la localité ou de la région et aux campagnes générales d’action catholique entreprise par l’A. C. J. B.
Rapports avec les Organisations Ouvrières.
XXVIII. La section participe aux réunions générales et aux manifestations des organisations ouvrières chrétiennes de la localité et de la région pour promouvoir, de la sorte, la formation sociale des membres et les amener à être des membres actifs de ces organisations.
XXIX. La section s’abstient de toute activité politique.
Exclusion des Membres.
XXX. Sont exclus de la J. O. C. après deux avertissements du président de la section:
a) les membres en retard de 3 mois, dans le payement de la cotisation;
b) les membres absents à trois assemblées générales mensuelles consécutives sans avoir fait valoir un motif admissible auprès du secrétaire ou du président;
c) les membres dont la conduite serait en contradiction avec les statuts et l’esprit de la J. O. C. et porteraient gravement atteinte à la prospérité ou à la réputation du mouvement.
XXXI. Les exclusions pour motif d’inconduite et tous différends pouvant intervenir à ce sujet sont tranchés par le directeur-prêtre.
Service Militaire des Membres.
XXXII. La section organise une réunion pour ses miliciens avant le départ de chaque classe. Elle s’entendra éventuellement avec les sections voisines et avec l’A. C. J. B.
XXXIII. Le comité reste en rapports intimes avec les membres soldats; leur renseigne le cercle militaire et les groupes de J. O. C. de leur garnison; entretient les liens de camaraderie, par une correspondance régulière.
XXXIV. — Le secrétaire renseigne le secrétariat régional de l’adresse militaire des membres pour qu’il leur soit adressé le journal et d’autres publications utiles.
Le service du journal est gratuit pendant toute la durée du service militaire pour les miliciens, membres de la J. O. C. depuis un an, au moins.
Passage aux Organisations d’Adultes.
XXXV. Après leur service militaire les membres passent normalement aux organisations ouvrières chrétiennes d’adultes (syndicats, mutualités, ligues ouvrières, caisses d’épargne et de retraite, ligues Eucharistiques, etc…).
XXXVI. Ce passage peut être retardé : a) quand il n’existe pas d’organisations ouvrières chrétiennes dans la localité et que la J. O. C. ne peut encore fournir le nombre nécessaire d’éléments pour en constituer;
b) pour les membres dirigeants de la section dont le brusque départ mettrait en péril la prospérité ou même l’existence de la section.
Dissolution de la Section.
XXXVII. — La dissolution de la section ne peut être prononcée si plus de deux membres s’y opposent.
XXXVIII. — La dissolution est soumise au Comité Régional. Celui-ci prendra l’avis du directeur-prêtre de la section.
XXXIX. Les fonds restant éventuellement en caisse sont versés au Fonds National de Propagande.
1. Constitution des Sections.
Dans les centres où il n’existe aucune organisation de jeunes :
On cherche deux ou plusieurs jeunes ouvriers et employés, à qui on explique l’esprit et le but de la J. O. C. Ces jeunes gens doivent y voir un immense champ d’action. Avec eux on forme le premier noyau qui se réunit au commencement, chaque semaine pour étudier à fond l’organisation, le programme, l’esprit de la J. O. C. Ils se mettent immédiatement en rapport avec le comité régional ou national.
Après quelques réunions, on commence la propagande pour des réunions générales et on soigne pour la constitution progressive et le fonctionnement régulier du groupe local.
Dans les centres où il existe une organisation de jeunes (patronage, cercle, cercle d’études, gymnastique, boys-scouts etc…) :
Si cette organisation est composée de jeunes ouvriers ou employés, on ne change rien à cette organisation, mais au moyen du noyau qu’on y. forme on tache d’affilier tous les membres à la J. O. C. Et petit à petit, on tiendra une réunion mensuelle en tant que section locale de la J. O. C. Les membres payeront la cotisation prévue, recevront le journal, participeront à l’action générale et spéciale de la J. O. C.
Là ou l’organisation des jeunes existante est mixte, composée de jeunes bourgeois, étudiants, agriculteurs, ouvriers et employés, on groupe les membres ouvriers et employés en section locale de la J. O. C.
Dans les écoles professionnelles :
On tache de trouver, dans chaque année d’étu des, quelques meneurs capables d’entraîner leurs compagnons. On leur explique concrètement le but de la J. O. C., on les met en rapport avec les dirigeants régionaux ou nationaux et avec eux on forme une section de J. O. C. à l’école pro fessionnelle. On crée, dans la mesure du possible, un cercle d’études. On tient une réunion mensuelle de la section. Les externes seront engagés à s’in téresser également à l’activité de la section locale de leur commune ou paroisse. Les élèves des der nières années pourront par la J. O. C. faire le stage imposé par le syndicat pour la jouissance des indemnités syndicales. Des accords existent à ce sujet entre les centrales syndicales et la J.O.C.
Inutile d’insister sur l’importance d’une colla boration entre la section de l’Ecole professionnelle et les sections locales de la région, tant au point de vue de l’enseignement professionnel des jeunes ouvriers et employés, qu’au point de vue de la persévérance des anciens élèves après la sortie de l’école.
2. Recrutement des dirigeants.
Ce sera souvent au clergé à recruter et à former les premiers dirigeants. Ceuxci peuvent être trou vés soit dans les autres groupements paroissiaux, soit par les rapports personnels des membres du clergé, soit sur les indications ou les suggestions des dirigeants des sections voisines, qui ont pu faire la connaissance de l’un ou de l’autre jeune travailleur dans les usines, les ateliers ou les bu reaux, sur les trains, par des visites ou des rela
tions personnelles. Ces dirigeants provisoires, ces promoteurs, ces pionniers, devront être aidés efficacement par le clergé. Ils ne seront pas seulement formés par des leçons ou des conférences au Cercle d’Etudes, mais surtout par les enquêtes qu’ils devront faire, par les démarches, les initiatives,, les fonctions mêmes qu’ils devront assumer. Que ces digireants soient des jeunes travailleurs manuels autant que des travailleurs intellectuels.
3. Recrutement des membres.
Qu’on ne se trompe pas, la J. O. C. veut organiser tout à la fois l’élite et la masse des jeunes travailleurs. L’Elite doit être formée dans les Cercles d’études, dans les réunions de comité, par des relations personnelles en vue de travailler la masse. Celle-ci doit sentir l’influence de la J.O.C. par les réunions mensuelles, par le journal, par les fêtes, les excursions, les manifestations, par les services organisés et les initiatives prises en vue de l’amélioration du travail et de la vie des jeunes salariés (orientation professionnelle, placement, caisses dotales, mutuelles, sections syndicales, bibliothèques, etc…). La carte de membre, les cotisations, l’insigne, le journal qui deviendra hebdomadaire, doivent rappeler à tous, leurs qualités, leurs devoirs de membres de la J. O. C.
Les écoles professionnelles, les patronages, les gymnastiques, les cercles dramatiques, toutes les œuvres groupant des jeunes travailleurs devront être amenées progressivement à affilier ceux-ci à la J. O. C.
Ces œuvres ne perdent ainsi rien de leur autonomie. La J. O. C. ne s’immiscie aucunement dans la vie intérieure de ces œuvres. Mais leurs membres, jeunes travailleurs, participent à la vie de la J. O. C., dont ils forment une section. Ne perdons pas de vue les 300.000 jeunes travailleurs et travailleuses de Belgique. C’est eux tous, que nous devons amener à la J. O. C. progressivement.
Dans le recrutement de la masse, les dirigeants devront souvent être aidés par les membres du clergé pour entrer en contact avec les groupements de jeunesse existants, avec les écoles, avec les groupements d’adultes dont les enfants doivent être enrôlés dans la J. O.C. Ce recrutement suppose d’ordinaire des démarches préliminaires ou parallèles pour ménager les susceptibilités, pour faire comprendre l’œuvre nouvelle, pour obtenir la collaboration des instituteurs ou des dirigeants d’œuvres d’adultes.
Pour faciliter cette collaboration il serait utile a) que des conférences sur la J. O. C. puissent être données aux instituteurs de chaque région, aux élèves des écoles normales, aux parents des enfants qui vont à l’école libre, aux membres des groupements d’adultes; b) que des conférences très simples puissent être données aux élèves pendant la dernière année scolaire sur la nécessité du choix d’un métier, d’un bon placement, d’une organisation d’aide et de soutien; c) que pour les écoles où ces conférences ne peuvent être données, on recherche la liste des enfants pour permettre la propagande à domicile, ou l’envoi aux parents, de circulaires ou d’invitations à des conférences sur ces points.
Le recrutement dans toutes les écoles professionnelles libres doit pouvoir se faire d’une façon intense. Tous les élèves devraient faire partie de la J. O. C. Les écoles professionnelles libres devraient être des pépinières de dirigeants pour la J. O. C.
Le recrutement des jeunes gens qui sont déjà au travail doit se faire par l’effort combiné des visites à domicile, des invitations aux séances, des soirées et conférences, des envois de journaux, de la propagande dans les ateliers, les usines, les trains, etc…
Pour assurer un bon recrutement il faut :
a) soigner d’une façon particulière l’esprit, le caractère et la formation du premier noyau de la section locale. Cette élite doit être composée de jeunes travailleurs, formés à l’esprit d’apostolat; voulant pour la J. O. C. faire les sacrifices et les efforts nécessaires, comprenant le but, l’esprit et les méthodes de la J. O. C.;
b) rejeter sans hésitation les vicieux, les corrupteurs, ceux qui voudraient travailler à détruire la bonne entente, l’amitié et l’œuvre ellemême de la J. O. C.;
c) tenir compte des milieux différents quant aux pratiques religieuses requises lors de l’affiliation des nouveaux membres, et mêmes des autres conditions à leur imposer. Faut-il exclure ceux qui ne pratiquent pas régulièrement? Faut-il admettre les syndiqués socialistes? Nous pensons que pour la masse il ne faut pas être trop exigeant au début. La J. O. C. est une école où l’on forme lentement mais méthodiquement à la vie, à l’action et à l’apostolat Catholique. Exclure de cette école ceux qui après quelques mois ou une année d’apprentissage, donneraient peut-être les résultats les plus magnifiques, ce serait douter de l’efficacité de notre méthode d’action. Des jeunes socialistes, des jeunes travailleurs qui par ignorance ou par entraînement avaient abandonné les pratiques religieuses, sont devenus souvent après quelque temps, des exemples admirables de générosité, de dévouement, d’audace dans la conquête de leurs compagnons.
4. Affiliation.
Elle devra être demandée par un bulletin d’adhésion. Ces formulaires, fournis par le secrétariat régional ou national, sont remplis avec soin. et d’une façon complète, puis adressés au secrétariat général, accompagnés du droit d’inscription de 0,50 fr. en timbres postes ou en un virement postal.
Les cartes de membres sont adressées aux sections locales par l’intermédiaire des fédérations. régionales intéressées.
Les cartes perdues sont remplacées contre envoi d’une nouvelle formule d’adhésion portant la mention apparente « Duplicata ». Le droit d’inscription doit être payé à nouveau.
5. Cotisations.
La cotisation minimum est de 25 centimes par semaine. Cette cotisation se décompose comme suit : 5 centimes pour la caisse locale, 10 centimes pour la caisse régionale, 10 centimes pour le Secrétariat Général. Celui-ci assume les frais du journal, du Bulletin des dirigeants, de la propagande et de l’administration centrale.
La cotisation est un des éléments essentiels dans l’organisation. Son paiement régulier par tous les membres doit être le souci constant des comités.
La cotisation doit assurer l’indépendance financière et par conséquent morale du mouvement; mais elle a, en plus, une valeur éducative indéniable.
On n’apprécie pas une organisation pour laquelle on ne consent à aucun sacrifice. On ne peut davantage en être légitimement fier.
La cotisation Jociste préparera les jeunes travailleurs aux cotisations, plus importantes encore, des organisations sociales auxquelles ils doivent progressivement s’affilier.
La perception des cotisations se fait par le trésorier local en suivant avec exactitude le § XV du règlement. Un timbre de cotisation édité par le S. G. et fourni par les fédérations régionales sert de quittance et s’applique avec soin à l’inté rieure de la carte de membre.
Il est indispensable que le bordereau des cotisations fédérales (0,20 fr. par semaine et par membre) soit envoyé à la fédération régionale peu après la fin du mois écoulé et en tous cas avant le 10 du mois suivant.
6. Le Comité.
La constitution de celui-ci doit être assurée avec soin. Il ne faut pas de comité nommé d’office. Après avoir insisté sur le sérieux que la question comporte et fait les suggestions jugées utiles, l’élection du comité doit se faire par voie de vote conformément aux statuts et règlements. De cette façon le comité élu et les membres sont plus conscients de leurs responsabilités respectives au sein du groupe.
Le comité doit se réunir régulièrement, étudier et suivre, plus encore dans leur esprit que dans leur lettre, les statuts, les règlements, les mots d’ordre régionaux et généraux de la J. O. C.
Le comité est véritablement le cerveau, le moteur de la section. Chacun doit y avoir sa responsabilité bien établie sans que la collaboration fraternelle, indispensable entre tous les dirigeants, puisse en souffrir.
7. Le Cercle d’études.
Sans lui, une action profonde et durable est impossible. Au début, souvent le C. E. et le comité s’identifient. Petit à petit d’autres membres viennent s’y ajouter. Sans exagérer les exigences, il ne faut pas sacrifier l’esprit et le travail profond du C. E. au nombre de membres. On peut faire un C. E. excellent à trois ou quatre; à condition d’adopter la méthode qui convient. Cette méthode est développée d’une façon succinte dans le programme et fait l’objet d’études constantes au Bulletin des dirigeants. Les membres et plus particulièrement les directeurs-prêtres doivent s’en pénétrer, y revenir toujours, ne pas se laisser décourager par des insuccès momentannés ou des difficultés passagères.
Le Cercle d’Etudes ne peut pas se contenter de leçons et de conférences. Il doit employer la méthode de l’enquête, de la monographie, avec questionnaire et discussions des résultats, examen des causes et des remèdes. Même l’étude de la doctrine Catholique doit se faire de cette façon. Les membres collaborent à la recherche des faits, des causes et des remèdes et le Directeur les aide pour orienter, corriger, mettre au point et résumer les résultats. Qu’on n’abandonne pas le Cercle d’Etudes pour les difficultés du début. Il faudra tatonner et chercher peut-être longtemps, mais on finira par s’adapter à la mentalité des jeunes travailleurs et par les mettre en branle, pour qu’ils parlent, cherchent et agissent au sein du Cercle d’Etudes et en dehors des réunions. C’est là le but réel du C. E.: former des meneurs, des propagandistes, des dirigeants, qui savent, veulent et osent.
8. Les lectures.
Pour tous les membres et plus particulièrement pour les dirigeants, la lecture éducative doit être considérée comme indispensable.
Souvent en réunion, dans des entretiens particuliers on doit y revenir pour stimuler, guider, encourager.
Le comité prendra l’initiative de faciliter de toute manière l’usage des bibliothêques publiques catholiques et des bibliothèques Jocistes centrales et régionales.
Progressivement la section elle-même se procurera les livres essentiels, d’usage courant; en s’inspirant des directives du Bulletin des dirigeants et des conseils du Secrétariat Général.
9. Les assemblées générales.
Elles ont lieu au moins mensuellement et la propagande nécessaire est faite pour assurer le plus de présences possibles.
On veillera à conserver à ces séances le même esprit qu’au C. E. On y sera encore plus simple, plus vivant, plus varié, plus concret, moins exigeant aussi.
Pour que les membres soient fidèles aux assemblées générales de nos sections, il est nécessaire que le jour et l’heure soient à la convenance de la majorité des membres. Informons-nous des soirées occupées par des cours, le travail par équipe ou d’autres occupations. En été, les réunions réussissent d’habitude mieux en semaine que le dimanche. Elles ne doivent pas nécessairement être aussi nombreuses qu’en hiver.
L’essentiel est leur préparation sérieuse.
Une réunion préliminaire est indispensable à moins que l’on ne consacre à cette préparation une séance de C. E.
L’ordre du jour mentionné au règlement d’ordre intérieur ne peut pas être abandonné. Il permet autant de variété et de vie que l’on désire et assure toujours le minimum indispensable.
Le commentaire des faits doit être préparé en détail. La chronique de quinzaine du journal peut utilement servir, mais on ne doit pas s’en contenter et négliger la vie quotidienne des camarades; les évènements de l’usine, de la localité, de la région, etc… Ces commentaires doivent tendre, chaque fois qu’ils s’y prêtent, à mettre en lumière notre programme, à le faire pénétrer plus intimement, par ces faits et ces exemples, dans l’esprit de nos camarades et dans leur vie quotidienne. Nous y trouverons de puissants arguments aussi, pour le faire valoir autour de nous et pour le défendre.
Pour mettre plus de vie aux réunions, que les faits à commenter soient répartis entre les membres du comité ou du C. E., de manière à ce qu’eux au moins aient tous quelque chose à dire et amènent par là les autres membres à une collaboration semblable et spontanée.
La causerie devra, autant que possible être soumise et discutée également à la réunion préparatoire. Parfois le sujet pourra être réparti entre deux ou trois rapporteurs; le sujet et la documentation pourront être toujours puisés dans le B. D., le Journal, les revues sociales et religieuses et les ouvrages recommandés chaque mois au B. D. Toujours il faudra tendre à avoir des faits, des exemples à ajouter aux idées, aux principes. Cela donne aux causeries un caractère personnel, très formatif pour ceux qui les font et beaucoup plus « prenant » pour ceux qui écoutent.
Une partie récréative suivra habituellement chaque assemblée générale. Aux jeux habituels, on ajoutera fréquemment des causeries avec projections sur des sujets scientifiques, historiques ou artistiques.
On fera appel au Service Educatif pour obtenir de bonnes chansons, des déclamations, des monologues.
Tout sera mis en branle pour attirer les membres, pour les instruire, les éduquer, les distraire honnêtement; pour faire en sorte que la J.O.C. prenne effectivement une place dans leur existence; qu’ils soient fiers d’en être, soucieux de vivre de plus en plus l’idéal Jociste.
10. Sections et Services spéciaux.
Une section locale de J. O. C. aurait la vie difficile et serait loin de remplir sa mission sans une action de plus en plus intense, dans tous les domaines qui touchent la vie des Jeunes travailleurs.
Des sections spéciales seront donc créées progressivement après une étude sérieuse par le comité de l’utilité, de la possibilité, des circonstances et du plan d’action.
Il faut, en commençant, un minimum de certitude d’aboutir à un résultat. Il peut être modeste au début pourvu qu’il soit réel et positif.
Il est indispensable, avant de lancer une affaire, de prendre avis à la fédération régionale, au Conseil régional, au Secrétariat Général.
Nous ne devons admettre à aucun prix et en rien, cet esprit particulariste, cette sotte vanité qui ne juge avoir besoin des conseils de personne et veut faire à sa guise toujours et avant tout.
Un esprit large, de confiance mutuelle, de collaboration, de discipline n’entrave en rien l’expansion de toutes les initiatives. Elle les aide. tout au contraire, à se développer plus amplement, plus surement. Elle nous fait tirer profit de l’initiative et de l’expérience des autres. Elle assure enfin à la J. O. C. toute entière cette cohésion, cette unité de vie qui fait, de l’avis de tous, sa puissance irrésistible de conquête.
Avant d’entamer une action nouvelle il faut encore un ou des responsables. Il faut que dans la section on ait trouvé un ou plusieurs membres qui ont les capacités indispensables, la tenacité persévérante pour mener à bien l’action entreprise, dans un esprit vraiment Jociste; sachant faire abstraction de leur spécialité et encore bien plus de leur personne, devant l’intérêt général du mouvement.
La formation de ces chefs, c’est dans le cercled’études bien conçu, qu’elle se fera. On peut juger de la valeur d’un Cercle d’Etudes, aux hommes d’action qu’il lance, trempe, encourage, soutient et perfectionne.
Il faut éviter à tout prix que les sections spéciales, surtout celles qui ont rapport à la distraction, n’absorbent une trop grande part de l’activité du groupe. Chacune doit garder la place qui lui revient.
Les jeunes ne doivent pas tenir uniquement à la J. O. C. par l’attrait d’une dramatique ou d’un cercle sportif.
Le règlement d’ordre intérieur insiste, dans ce but, sur l’obligation pour tout membre d’une section spéciale d’être avant tout en règle avec l’organisation générale; d’avoir sa carte de membre, de payer la cotisation générale, de lire le journal, d’assister aux assemblées générales, de porter l’insigne.
Dans la création et la vie des sections spéciales il est indispensable de tenir compte des circonstances paroissiales ou locales. Evitons à tout prix pour autant que cela dépend de nous, la dispersion d’efforts, les concurrences, les animosités entre nos groupements catholiques.
Les circonstances locales sont tellement diverses qu’il n’est pas possible de donner des règles générales. Ce qui importe avant tout c’est d’agir avec un esprit vraiment apostolique et désintéréssé.
Faire le maximum de bien, tel est le but. Pour y arriver il faut, non seulement dans la J. O. C. mais entre tous les groupements d’action catholique de l’entente et de la cohésion. Si, malgré tout, des difficultés surgissent, qu’elles soient solutionnées rapidement par un comité d’arbitrage composé de commun accord.
Le comité de la section soumettra en même temps le cas à la fédération régionale de J. O. C. Nous faisons suivre quelques notes brèves sur les principaux services et sections à organiser. Chacun de ceux-ci fera l’objet d’études spéciales qui paraitront progressivement dans les « Editions Jocistes ».
11. L’épargne.
Le mot d’ordre a été donné dès le début : « Dans chaque section de J. O. C. une section d’épargne; chaque Jociste un carnet. »
Toutes ces sections sont obligatoirement rattachées à une de nos banques ouvrières chrétiennes régionales (Liège-Charleroi-Mouscron) ou, s’il n’en existe pas dans la région, à la « Banque ouvrière de Bruxelles » (rue Plétinckx, 19).
Pour obtenir la constitution d’une section, il suffit d’adresser la demande à la fédération régionale de J. O. C. et tous les imprimés nécessaires sont expédiés sans retard.
Parfois, il suffira de s’entendre avec la ligue ouvrière paroissiale ou locale ayant une section d’épargne.
Une sous-section est constituée au sein de la J. O. C. et on diminue de la sorte les frais d’administration et les responsabilités.
Le chef de section doit être choisi avec clairvoyance. Il doit avoir de l’ordre et jouir de la confiance de tous les membres.
Les opérations, versements ou retraits, se feront lors des séances de J. O. C.; mais dans une place, ou tout au moins, à une table spéciale, de manière à assurer une parfaite discrétion. II ne faut pas que l’on puisse savoir d’une façon ou d’autre ce qu’un tel a versé ou à combien se monte son avoir.
Pour former et développer l’esprit d’économie et de prévoyance on profitera de toutes les occasions pour en parler. Aux assemblées générales on fera rapport sur les opérations faites par la section, par la fédération régionale, par nos banques ouvrières. On interprètera les articles paraissant au journal ou B. D. ou dans d’autres publications.
12. « La Jeunesse Syndicaliste ».
La J. O. C. doit être ardemment syndicaliste. Le programme et l’organisation syndicale chrétienne doivent être étudiés souvent et à fond dans les C. E. et aux assemblées générales.
Nous n’obtiendrons certes pas que tous les Jocistes entrent immédiatement au syndicat chrétien. Pour certains, il faudra former d’abord de solides convictions religieuses et sociales. Alors, les obstacles sur le terrain syndical, qui paraissent parfois insurmontables, seront décidément vaincus. En attendant, il faut même tolérer que certains Jocistes soient affiliés au syndicat socialiste, au syndicat dit « National » ou « neutre »; à moins bien entendu qu’ils s’en fassent les propagandistes. Certains subissent une véritable tyrannie, à laquelle il leur est très difficile, impossible même de se soustraire; presque tous ont besoin d’une formation préalable.
Ceci n’empêche aucunement une sérieuse action syndicale au sein de nos groupes. Des accords existent entre les centrales syndicales et la J.O.C., établissant des barêmes spéciaux de cotisations pour les jeunes.
Il suffit de consulter la fédération régionale de J. O. C. pour obtenir tous les renseignements nécessaires. Quelques membres s’affilient d’abord individuellement; puis, petit à petit se constitue la section syndicale, la « Jeunesse syndicaliste », rattachée à la section syndicale d’adultes de la localité; ou, s’il n’en existe pas, à la fédération régionale des syndicats chrétiens.
La section de J. S. participe activement à l’action et aux réunions syndicales de la localité et de la région. Elle a aussi son organisation propre, son comité. Les cotisations sont perçues lors des réunions Jocistes ou à domicile; la propagande, parmi les jeunes surtout, est menée avec méthode et persévérance au sein de la J. O. C. et en dehors.
Cette action et cette organisation syndicale des jeunes est d’ailleurs soutenue, coordonnée, renforcée par les fédérations régionales de J. O. C. d’accord avec les fédérations régionales de syndicats.
Des conditions spéciales existent pour les écoles professionnelles.
13. — « La Jeunesse Mutualiste ».
L’action de la J. O. C. dans ce domaine sera surtout préventive. Elle veillera à une éducation hygiénique sérieuse des Jeunes travailleurs, par des conférences, des films, des démonstrations: elles organisera des exercices physiques, des excursions, des vacances au grand air etc.
L’affiliation des jeunes à la mutualité n’en reste pas moins indispensable. Dès l’âge de 14 ans la Mutualité familiale cesse de les garantir. Ils doivent s’affilier personnellement.
Une section de « Jeunesse Mutualiste » établie au sein de la J. O. C. d’accord avec la mutuelle locale dont elle est une section, facilite l’organisation et la propagande.
La cotisation est perçue aux réunions Jocistes, un comité spécial est constitué où se préparent, par l’exercice quotidien, les futurs administrateurs, les propagandistes les plus zélés de nos mutualités chrétiennes.
Si l’organisation pratique doit s’adapter aux circonstances locales très diverses, l’idée doit être poursuivie avec énergie, à notre époque surtout où la mutualité en général prend une expansion énorme et où les jeunes portent la responsabilité de tout l’avenir de notre mouvement mutualiste chrétien.
L’application de la loi sur la pension obligatoire se rattache intimement à la mutualité. Les sections envisageront pour chacun de leurs membres et au temps voulu, les démarches à faire, les formalités à remplir. La J. O. C. doit participer activement à la propagande générale en faveur des caisses de retraite de nos mutuelles chrétiennes.
14. Les réunions récréatives.
Assurer aux loisirs des Jeunes travailleurs, une occupation reposante, distrayante, éducative, telle est une des responsabilités de nos sections.
Qu’il y ait autant que possible un local propre et gai où les membres puissent passer agréablement ensemble les longues soirées des dimanches d’hiver et vers lequel ils puissent même se rendre en semaine, avec la certitude d’y rencontrer des camarades et de pouvoir avec eux faire une partie de cartes, de dames, de bac ou de billard, tout en causant.
Les Jocistes ne doivent pas reculer devant la tâche parfois difficile, de remettre eux-même une salle en état; chacun y apportant ses capacités professionnelles ou plus souvent encore ses qualités de débrouillard, pour faire bien et beau à peu de frais.
A ces « clubs » Jocistes on pourra facilement amener des camarades d’usine ou de voisinage que des réunions sérieuses effaroucheraient et qui subissent ainsi insensiblement l’influence du milieu où le Comité et le C. E. s’ingénient à mettre beaucoup d’intimité, de franche camaraderie, de joie sereine.
La masse, ce n’est qu’ainsi, par une action personnelle, progressive, persévérante, que nous arriverons à la conquérir, et cette volonté inlassable de conquête doit être ancrée profondément dans l’âme de nos chefs, transparaître dans tous les gestes, dans toutes les paroles de leur vie de tous les jours.
Des initiatives multiples pourront être prises dans le domaine des distractions éducatives auxquelles doivent viser les sections: Concours de jeux, fêtes dramatiques et musicales, gouters intimes etc… En été ce seront des excursions, des visites, des voyages, des jeux de plein air, tels les quilles, le crossage, etc. La gymnastique et les sports trouveront leurs amateurs enthousiastes.
Parmi tout cela il faudra choisir, ne pas vouloir trop entreprendre, garder le bon esprit surtout et ne considérer jamais comme but ce qui n’est que moyen.
15. Les réunions publiques.
Elles sont nécessaires pour faire connaître la J. O. C. au public, aux jeunes que nous ne pourrions atteindre autrement, aux parents surtout. Elles sont pour la J. O. C. des occasions d’éduquer ses membres, de leur inculquer, par le travail d’organisation et de propagande que nécessitent les séances, l’esprit d’initiative, de responsabilité, de discipline, de générosité. Elles les compromettent devant la population de la paroisse et de la localité. Elles les rendent fiers de leur mouvement et leur inspirent confiance dans les fruits possibles de leur action conquérante sur la masse.
Il importe que ces réunions publiques soient parfaitement organisées; qu’elles aient un caractère nettement éducatif. Le programme doit comporter une causerie avec projections lumineuses de préférence. Les pièces dramatiques, les monologues, les chansons, la musique seront choisis avec gout et l’on évitera les scènes grivoises ou seulement idiotes de cabaret, de chambrée ou de salle de police.
Parce que nos auditoires ouvriers s’amusent et font un bruyant accueil à ces productions idiotes de pochards et de gendarmes, l’on croit assez généralement que nos travailleurs sont incapables de gouter les choses vraiment belles. C’est un jugement parfaitement faux et l’expérience le démontre suffisamment. Il y a moyen de joindre des choses très gaies à d’autres qui sont sérieuses, sans nuire aucunement à l’esprit de ces réunions qui doivent rester bien Jocistes. Le service éducatif du Secrétariat Général aide, dans toute la mesure où il le peut, à atteindre ce résultat.
Le ministère des sciences et des arts, la majorité des provinces et centaines communes subsidient largement ces séances éducatives. Nos groupes peuvent et doivent profiter de ces subsides qui sont très importants. Les féd. régionales de J. O. C. et le service éducatif fournissent tous renseignements à ce sujet (1).
Nous rappelons ici qu’en vertu d’une décision du Conseil National, 25 % des bénéfices nets éventuels de toutes les séances publiques, sont à verser au Fonds National de Propagande.
Note
(1) Nous recommandons à nos amis la brochure « Les conférences populaires », éditée par le secrétariat général de l’A. C. J. B., 126, rue de Tirlemont à Louvain. (Chèq. post. : A. Brohée 97.76.)
16. La vie paroissiale.
La section de J. O. C., vivant et agissant dans le cadre de l’association paroissiale de Jeunesse Catholique et des autres œuvres religieuses et sociales de la paroisse, doit former les jeunes travailleurs à l’esprit paroissial et les faire participer activement à la vie paroissiale.
Le manque d’organisation, d’organisation spéciale, adaptée, est la cause fondamentale de la défection religieuse de la masse des jeunes travailleurs et des travailleurs en général.
La J. O. C., dans son action locale, régionale et nationale, fait donc essentiellement œuvre religieuse et paroissiale.
Cette restauration religieuse et paroissiale dans le peuple est une tâche de longue haleine et qu’il faut réaliser progressivement.
Dans nos sections de J. O. C. on veille d’abord à former une mentalité à l’élite et à la masse. En plus de l’éducation religieuse générale dont il n’est pas directement question ici les jeunes travailleurs seront davantages intéressés à la vie paroissiale, au diocèse, à l’Eglise toute entière dont la paroisse est la cellule organique, dont les chrétiens sont les membres libres et volontaires.
La Ste Messe, la liturgie, les sacrements seront expliqués d’une façon vivante, avec leur histoire merveilleuse des premiers siècles de l’Eglise, au temps des catacombes et des martyrs; et plus tard, lors de l’expansion au grand jour, dans toute la splendeur des cathédrales et de la vie publique toute entière du moyen-âge.
Pour l’élite d’abord, puis progressivement pour la masse la participation à la vie paroissiale est encouragée par l’assistance en groupe, aux cérémonies, processions, manifestations religieuses. La fierté chrétienne est stimulée continuellement non seulement par des paroles, mais par des actes conscients, libres, voulus.
L’usage du missel, la participation de la J. O. C. aux communiales générales, récollections et retraites, est encouragée avec instance, mais sans décourager personne, laissant chacun agir sans contrainte.
Les règlements d’ordre intérieur et les notes qui précèdent, règlent la collaboration de la J. O. C. aux autres groupements paroissiaux. Cette collaboration doit être effective, enthousiaste. Il faut que la paroisse soit vraiment la grande famille chrétienne ou chacun remplit sa fonction propre sans doute mais avec un large esprit de fraternité chrétienne.
Enfin les Jocistes et particulièrement les dirigeants, doivent témoigner d’un grand respect et avoir une entière confiance dans les prêtres chargés de la direction de la paroisse et des œuvres. Ils sont nos guides et notre devoir est de les aimer profondément, de suivre leurs conseils, de les aider dans la lourde tâche qui leur incombe.
Dans nos milieux de travail où l’action de l’Eglise et du prêtre est devenue impossible, nous avons vraiment, propagandistes de J. O. C., une mission sacerdotale. Nous sommes là, les vrais et seuls intermédiaires possibles entre Dieu et les âmes.
17. La vie régionale et générale.
Chacun des chapitres de ce manuel et particulièrement le programme général, montrent clairement l’insuffisance absolue de l’organisation paroissiale pour le relèvement intégral des jeunes travailleurs et pour la vie paroissiale elle-même.
Les sections locales doivent tenir d’une façon absolue aux réunions, à l’organisation, à la discipline fédérale. L’expérience montre que partout ou la section locale est le plus en contact avec l’ensemble du mouvement, c’est là qu’elle produit le plus de fruits, au point de vue strictement paroissial.
Il faut que tous les Jocistes aient cette conscience, cette fierté d’appartenir à une armée vaste, puissante, admirée et respectée, audacieuse et conquérante. Il faut qu’ils soient convaincus que le plus humble de leurs efforts prend une signification et une efficacité merveilleuses parce qu’il se confond avec des milliers d’autres, dans l’âme commune, dans l’idéal commun, dans le « bloc » imposant de l’organisation Jociste.
ANNEXES
A) ACTE D’AFFILIATION DE LA J. O. C. à l’A. C. J. B.
adopté par le Conseil Général de l’A. C. J. B. le 29 déc. 1924 et par le Congrès National de la J. O. C. les 18 et 19 avril 1925.
1° La J. O. C. s’affilie à l’A. C. J. B., à tous les degrés de son organisation nationale, régionale et paroissiale;
2° Cette affiliation implique de la part de la J. O. C.:
a) L’adhésion aux statuts de l’A. C. J. B. et au règlement d’affiliation des fédérations spéciales à l’A. C. J. B.
Ces statuts et règlements comportent notamment les points suivants :
Soumission directe et totale à l’autorité ecclésiastique compétente;
Indépendance organique à l’égard de tout parti politique;
Union fraternelle et effective entre tous les jeunes catholiques, à quelque catégorie et à quelque groupement qu’ils appartiennent.
b) La participation à la constitution, à la vie et à l’activité des groupes et des fédérations de 1’A. C. J. B., spécialement des associations paroissiales. Cette participation se manifestera notamment dans les réunions ainsi que dans les campagnes générales de l’A. C. J. B. à tous les degrés de son organisation;
c) L’admission d’un représentant de l’A. C. J. B. dans le Comité de rédaction des organes de la J. O. C.;
d) Le paiement d’une quote-part de cotisation à l’A. C. J. B.
30 L’A. C. J. B. s’engage de son côté : a) A promouvoir la fondation et la propagande de la J. O. C. dans tout le pays;
b) A accorder aux délégués de la J. O. C. une représentation équitable au sein de chaque conseil ou comité d’A. C. J. B. (local, régional, ou national);
c) A respecter l’autonomie de la J. O. C.;
d) A collaborer à la Jeunesse Ouvrière et au Bulletin des Dirigeants, organes officiels de la J. O. C., et à se faire représenter dans leurs comités de rédaction;
e). A admettre un représentant de la J. O. C. dans les comités de rédaction des organes de 1’A. C. J. B.;
f) A reconnaître que l’affiliation à la J. O. C. marque par le fait même, pour un membre de celle-ci, son affiliation à l’A. C. J. B. La carte de membre de la J. O. C., la cotisation de la J. O. C., l’insigne de la J. O. C., rappelant l’insigne de l’A. C. J. B., tiennent lieu, pour les jeunes travailleurs, de carte de membre, de cotisation et d’insigne de l’A. C. J. B.
4° Tous les cas non prévus à la présente convention, ainsi que toutes les difficultés pouvant surgir entre les sections ou fédérations de l’A. C. J. B. et de la J. O. C. seront résolus à l’amiable par décision commune des deux comités nationaux.
B) LA FEDERATION NATIONALE DES PATRONAGES ET LA J. O. C.
Dans sa séance du 6 juillet 1925, le comité de la F. N. P. a adopté le vœu suivant :
« Le Comité Général voit, avec grande satisfaction, s’organiser avec succès la Jeunesse Ouvrière Chrétienne.
Il engage les patronages de jeunes gens à organiser, pour les aînés de leurs membres qui appartiennent à la classe ouvrière ou qui s’apprêtent à entrer à l’atelier, ou à l’usine, ou au bureau, une section de J. O. C. ou, si un groupement paroissial de J. O. C. est établi, en dehors du patronage, d’engager ces jeunes gens à s’y inscrire et à être des membres d’élite de ces groupements locaux ».
« NOS ŒUVRES ».
Revue mensuelle pour Dirigeants de Patronages, éditée par la Fédération Nationale des Patronages de Belgique.
Secrétariat: rue de Ruysbroeck, 65, à Bruxelles.
Prix d’abonnement: 7.50 fr. l’an, pour la Belgique. 12 fr. l’an, pour l’étranger. Compte-chèques postaux: 104.079 (Féd. Nat. des Patronages).
« Nos Oeuvres » en est à sa 3° année d’existence; la faveur avec laquelle la Revue a été accueillie dans le monde des hommes d’œuvres fait présager l’influence bienfaisante qu’elle ne peut manquer d’exercer en Belgique.
Elle répond d’ailleurs à un besoin indiscutable de l’heure présente.
Son premier but est d’aider, de rendre service, en proposant aux Directeurs d’œuvres de Jeunesse les méthodes reconnues comme les meilleures, pour avoir fait leurs preuves; son second but est d’établir entre les Patronages de Belgique une vivante communion d’idées et d’action et conséquemment, de leur donner un rendement plus grand et plus durable.
Faut-il ajouter que « Nos Œuvres » est affilié à l’Association Catholique de la Jeunesse Belge et entretient les meilleurs rapports avec la Jeunesse Ouvrière Chrétienne.
LES SECRETARIATS REGIONAUX DE J. O. C.
ARLON : rue du Luxembourg, IOI.
Tél. : 185.
Permanence :
Chèq. Post. : 123.087 (A. Renauld).
BRUXELLES: rue Plétinckx, 19.
Tél.: 154.44. Chèq. Post. 105.963 (P. Garcet). Permanence: tous les jours de 9 à 12 et de 14 à 20 h.
CHARLEROI
Tél.: 1729.
–
Grand’ rue, 211.
Chèq. Post. :
Permanence mardi et jeudi de 17 à 19 h.
CINEY: rue des Champs, 20.
Tél.: 4. Permanence à 12 h.
Chèq. Post. :
jeudi de 19 à 20 h.; dimanche de 11
HUY rue de Namur, 20.
Tél.: 133.
Permanence: lundi de 17 à 21 h.
Chèq. Post.: 772.15 (M. Jacques).
Chèq. Post. : 163.04 (P. Scarmure).
LA LOUVIERE: rue A. Warocqué, 86.
Tél. :
Permanence: tous les jours de 18 à 20 h.
LIEGE: boulevard de la Sauvenière, 118.
Tél. : 2508. Chèq. Post. : 137.259 (J. Teheux). Permanence : lundi de 17 à 20 h.
MONS: rue de Nimy, 63.
Tél. :
–
Chèq. Post. : 141.911 (P. Grouy). Permanence: mardi et jeudi de 19 à 21 h.
MOUSCRON: rue S. Pierre, 52.
Tél. : 246. 11
Chèq. Post. 145.041 (J. Liétard). Permanence: le dimanche de 10 à 12 h.
NAMUR place l’Ilon, 21.
Namur). Tél.: 403.- Chèq. Post. : 153.285 (Féd, rég. J. O. C.
Permanence: le mercredi de 13 à 21 h.; les autres jours de 8 à 12 et de 13 à 15 h.
222-
NIVELLES: rue Ste Anne, 12.
Tél. : 189.
Chèq. Post.: 93.861 (A. Langlet). Permanence mardis et jeudis de 9 à 16 h.
TOURNAI : réduit des Dominicains, 9.
Tél.: 567.- Chèq. Post. 156.385 (F. Beyls). Permanence lundi, vendredi, samedi de 19 à 21 h.
VERVIERS: place des Martyrs, 138.
Tél.: 2.190. Chèq. Post.: 391.25 (H. Vaessen). Permanence: 2 et 4° lundi de 19 à 21 h.
VIRTON: avenue Bouvier, 13.
Tél. :
Chèq. Post.: 210.81 (L. Fontaine).
Permanence lundi de 16 à 18 h.
WAREMME: rue de Huy, 17.
Tél.: 99.
Chèq. Post.: 80.200 (F. Decourcelles).
Permanence mercredi de 14 à 22 h.
FEDERATION NATIONALE DES BOURSES LIBRES DU TRAVAIL DE BELGIQUE.
19, rue Plétinckx, Bruxelles.
Tél.: 122.04.
Compte ch. post. : 1040.63.
Président M. DEFOURNY Maurice, professeur à l’Université de Louvain.
Secrétaire général : M. VAN AVERMAET Paul, rue Plétinckx, 19, Bruxelles.
Bourses affiliées :
1. ANVERS, (bureau principal),
Nationalestraat, 109 mixte
Tél. : 1169.
Bureaux auxiliaires :
CONTICH, Magdalenastraat, II mixte
Tél. Hove: 159.
EECKEREN, Steenstraat, 40 mixte
Tél. Cappellen: 6.
MERXEM, Bredabaan, 262 mixte
Tél. Anvers : 112.96.
2. BRUGES, Oudenburgstraat, 19 mixte
Tél. : 488.
3. BRUXELLES, rue St-Christophe, 17 Tél.: 122.04. – Secrétariat professionnel pour jeunes gens.
hommes
4. BRUXELLES, rue des Eperonniers, 44 femmes
Tél.: 110.49.
HAL, (bur. aux.), Gildenhuis mixte
Tél. : 838.
Tél.: 1054.
5. DEINZE, Volkskring, Markt, 81 Tél.: 65. mixte
6. GAND, Poel, 3 mixte
7. GAND, Peperstraat, 17 femmes
8. HUY, rue de Namur, 20 mixte
Tél. : 133-
9. LOUVAIN, Vaartstraat, 3 femmes
Tél.: 197.
Margarethaplaats
10. LIEGE, boulevard de la Sauvenière, 118 hommes
Tél. : 2508. Secrétariat profess. pour jeunes gens.
11. LIEGE, place de l’Université, 37 mixte
Tél.: 5599.
12. LIEGE, rue Ste-Croix, 8 mixte
Tél.: 6267.
13. NAMUR, place l’Ilon, 21 mixte
mixte
Tél. : 493.
14. ST-NICOLAS (Waes), Nieuwstraat, 20 mixte
mixte
Tél.: 147.
15. TURNHOUT, korte Begijnenstraat, 37 femmes
Tél.: 9.
—
Compte chèq. post. : 227.59. femmes
Tél.: 2190.
16. VERVIERS, place du Martyr, 188
Pour tous renseignements s’adresser à M. P. Van Avermaet, secrétaire général de la fédération.
mixte
NOMS ET ADRESSES DES INSPECTEURS DU TRAVAIL
Flandre Occidentale.
Bureau provincial de l’Inspection du Travail : rue Charles V, 9, Bruges. Téléphone: 429.
Inspecteur princ., chef de distr. M. MOMMENS R rue Charles V, 9, Bruges. Tél. : 429. Inspecteur M. CHRISTIAENS E. avenue Jan Breydel, Courtrai. Contrôleur : M. MOENAERT V. rue St-Amand, 79, Roulers. Contrôleur M. DESPLENTER J.
Tél.: 149.
rue Haute, 12, Bisseghem. Tél.: 573- Contrôleur : M. HERMUS P.
rue Sud du Sablon, 32, Bruges.
Contrôleur: M. DE MEULEMEESTER. rue des Boudeurs, Ypres.
Flandre Orientale.
Bureau provincial de l’Inspection du Travail : rue Haut Port, 49, Gand. Téléphone : 1528
Inspect. princip., chef de distr. : M. MOMMENS R. rue Haut Port, 49, Gand. – Tél. : 1528.
Inspecteur M. GRAVY L.
boulevard Frère-Orban, 47, Gand.
Inspecteur : M. DE SNICK R.
Tél. : 3106.
rue de la Libération, 10, St-Denis-Westrem (Deurle).
– Tél. : 27.
Inspecteur : M. DE CLERCQ.
rue St-Michel, 16, Gand.
Contrôleur : M. PETERS J.
rue du Champ, 60, Tamise. Tél.: 94.
Tél. : 3345.
Contrôleur : M. LABIAU G. quai Terplaeten, 24, Gand. Contrôleur: M. BAERT L. quai de la Lys, 32, Gand. Contrôleur : M. BLANCKAERT G. rue de l’Escalier, 20, Sottegem. Contrôleuse: Melle BAUDRY A. rue Marie de Bourgogne, 4, Gand.
Tél.
: 85.
Tél. : 3996.
Provinces d’Anvers et du Limbourg.
Bureau provincial de l’Inspection du Travail : rue Waterloo, 9, Anvers.
Téléphone: 404.
Inspect. génér., chef de district: M. VER EECKE. rue Waterloo, 9, Anvers.
Tél.: 404.
Inspecteur principal: M. TAEYMANS E.
rue de la Province, 36, Anvers. Inspecteur : M. HERTSENS G. Tuileries, 7, Malines.
Tél.: 215.
Inspecteur : M. WILISKI A. rue des Récollets, 16, Hasselt. Contrôleur : M. BRYON H. rue Montigny, 116, Anvers. Contrôleur: M. HERNAERT A.
—
Tél. : 172.
rue des Eperons d’Or, 72, Borgerhout. Contrôleur : M. WOLFCARIUS CH. rue Botha, 22, Borgerhout.
Contrôleuse : Melle MARCK J.
rue Berthou, 64, Berchem. – Tél.: 124.24
Province du Brabant.
Bureau provincial de l’Inspection du Travail : rue Augustin Delporte, 13, Ixelles. Tél.: 315.04.
–
Inspect. gén., ch. de distr. M. DE BRUYCKER P. rue Aug. Delporte, 13 Ixelles. Tél.: 315.04. Insp. principal: M. VAN DROOGHENBROECK N. rue des Carmélites, 173, Uccle, Tél.: 403.67. Inspecteur: M. DE SMET D.
rue Lefrancq, 71, Schaerbeek. Tél. 90.425. Inspecteur: M. DE WAEL F.
rue Vanderschrick, 62, St-Gilles,
Inspecteur : M. VAN OVERSTRAETEN A. rue de Bruxelles, 25a, Louvain,
Contrôleur: M. DE BREUCKER P.
boulev. E. Bockstael, 187, Laeken (Bux. II).
Contrôleur: M. HOUVEN AGHEL D. rue Busselenberg, 17, Anderlecht. Contrôleur : M. VERBEYST F. rue P. de Coster, 27, Forest. Contrôleur: M. PARY V.
boulev. des Arbalétriers, 88, Nivelles. – Tél.: 184.
Contrôleur M. MEIRE P.
rue Philippe Baucq, 71-73, Etterbeek. Inspectrice principale: Mme PLASKY E.
rue du Progrès, 435, Schaerbeek. Inspectrice: Melle DE MEYER M. rue de l’Ermitage, 78, Ixelles.
Tél.: 150.42.
Tél.: 352.74.
Province de Liège.
Bureau provincial de l’Inspection du Travail : rue de Chestret, 2, Liége. Téléphone: 3575.
Insp. gén., chef de district: M. DUPONT H. rue de Chestret, 2, Liége. Tél.: 3575. Inspecteur : M. PIETERS J.
—
rue Vertbois, 78, Liége. Tél.: 3309. Inspecteur M. PIRLET J.
Thier de la Fontaine, 65, Liége. Ingénieur délégué M. HENROTTE J. rue des Eburons, 14, Liége. Contrôleur principal: M. GERON.
—
Tél.: 4603.
avenue Hanlet, 62, Heusy. Tél. : 2535- Contrôleur : M. NEUJEAN J.
—
rue Hocheporte, 91, Liége. Tél. : 5891. Contrôleur : M. BOVEROUX E.
—
rue des Lilas, 37. Liége. Tél. : 5891. Contrôleur : M. BARVAUX A.
–
avenue de l’Observatoire, 19, Liége. — él. : 5890. Contrôleur: M. TILMANS C.
Thier Hacquin, 1, Huy. – Tél.: 77.
Contrôleur : M. EMONTS J.
rue d’Ensival, 200, Verviers. – Tél. : 2357- Contrôleur : M. GUSTIN C.
rue Grand’Ville, 89, Ensival.
Tél.: 181.
Tél.: 5892.
Contrôleuse : Melle JOANNES G.
rue Ed. Wacken, 48, Liége. Contrôleuse : Melle DEJARDIN L. rue Sous-l’Eau, 4, Liége.
Provinces de Namur et du Luxembourg.
Bureau provincial de l’Inspection du Travail : rue Henri Blès, 50, Namur. Téléphone: 335.
Insp. princip., chef de district: M. LOISEAU P. rue Henri Blès, 50, Namur. – Tél.: 335. Inspecteur: M. HUBERT M.
rue Pepin, 35, Namur.
Tél. : 363.
Contrôleur: M. BRONCHAIN L.
boulev. de la Meuse, 35, Jambes. Tél.: 689.
Province du Hainaut.
Bureau provincial de l’Inspection du Travail boulev. des Etats-Unis, 27, Mons.
1
Tél. : 358.
Tél.: 358.
Inspecteur en chef-directeur M. CUISINIER E. boul. des Etats-Unis, 27, Mons. Inspecteur principal: M. WODON L. rue Ledoux, 88, Jumet.
—
–
Tél. Charl. : 1475.
—
Tél.: 356.
Tél.: 2148.
Inspecteur: M. VAN DE PUT G. avenue d’Havré, 30, Mons. Inspecteur: M. DECRUCQ A. rue de Mons, Charleroi. Contrôleur: M. LIEGEOIS O. rue de la Poste, II, Jemappes. Contrôleur: M. GEUSE E. rue Belle Vue, 137, La Louvière. Contrôleur: M. GUYAUX L. rue Saint-Denis, 36, Mons. Contrôleur : M. GRIMÉE.
Tél.: 993.
1
Tél. : 562.
Tél.: 998.
rue de Mérode, 21, Châtelineau. Contrôleuse: Melle DUMOULIN L. place Maugrétout, 5, La Louvière.
Tél.: 377.
Tél. : 561.